collectif strasbourg anti-OTAN

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samedi 5 septembre 2009

Uranium appauvri et OTAN

Toujours la même équipe de tête lorsqu'il s'agit de classer les états fabriquants d'armes de guerre, et notamment les armes nucléaires. L'inventaire mondial des stocks d'uranium appauvri (UA) est le suivant :

Pays Organisation Stocks d'UA (tonnes)

  • États-Unis DOE 480 000 tonnes 2002
  • Russie FAEA 460 000 tonnes 1996
  • France Areva NC 190 000 tonnes 2001
  • Royaume-Uni BNFL 30 000 tonnes 2001
  • Allemagne URENCO 16 000 tonnes 1999

Lorsque l'on connaît les dégâts causés par ce type d'arsenal on peut douter des objectifs de paix avancés par l'OTAN. Les bombes à l'uranium appauvri ont été utilisées dans les derniers conflits, notamment au Kosovo et en Afghanistan. Leurs populations civiles sont dans une situation sanitaire catastrophique et les régions polluées à vie.

Malgré la résolution du Parlement européen en 2003, demandant l'interdiction d'utiliser cette catégorie d'armes, les États-Unis continue de nier leur nocivité et les utilise dans leurs opérations de guerre.

Pour en savoir plus :

Uranium appauvri

Toujours la même équipe de tête lorsqu'il s'agit de classer les états fabriquants d'armes de guerre, et notamment les armes nucléaires. L'inventaire mondial des stocks d'uranium appauvri (UA) est le suivant : __Pays Organisation Stocks d'UA (tonnes)__ * États-Unis DOE 480 000 tonnes 2002 * Russie FAEA 460 000 tonnes 1996 * France Areva NC 190 000 tonnes 2001 * Royaume-Uni BNFL 30 000 tonnes 2001 * Allemagne URENCO 16 000 tonnes 1999 Lorsque l'on connaît les dégâts causés par ce type d'arsenal on peut douter des objectifs de paix avancés par l'OTAN. Les bombes à l'uranium appauvri ont été utilisées dans les derniers conflits, notamment au Kosovo et en Afghanistan. Leurs populations civiles sont dans une situation sanitaire catastrophique et les régions polluées à vie. Malgré la résolution du Parlement européen en 2003, demandant l'interdiction d'utiliser cette catégorie d'armes, les États-Unis continue de nier leur nocivité et les utilise dans leurs opérations de guerre. Pour en savoir plus : * [réseau sortir du nucléaire|http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=revue&page=article&id=177&num=22] * [wikipédia|http://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium_appauvri]

vendredi 10 avril 2009

Si vous avez été témoin ou victime d'une exaction nous vous invitons à nous envoyer un message, photos, films à l'adresse suivante : contact@non-otan-strasbourg.eu

Une grande mobilisation le 4 avril pour dire « NON à la Guerre, NON à l’OTAN » dans un contexte de répression policière et de tension.

Plus de trente mille personnes se sont mobilisées le 4 avril à Strasbourg pour dire "non à l'Otan et non à la guerre". Malgré les mesures de répression, d'intimidation et de blocage de la part des forces de l'ordre, les strasbourgeois ont exprimé fortement leur opposition à l'OTAN en faisant preuve de courage en se rendant nombreux à la manifestation du 4 avril.

Pourtant le parcours de la manifestation et les conditions dans lesquelles elle s'est déroulée ont tout fait pour empêcher que la mobilisation soit forte et que l'expression démocratique puisse s'exprimer. Retour sur le choix du tracé. Celui-ci, d'après la préfecture, devait permettre aux Allemands de nous rejoindre sur le jardin des deux rives côté français et "d'éviter un maximum de casse".

Le moins que l'on puisse dire c'est que la préfecture a tout fait pour que le contraire se produise. D'une part, en bloquant l'accès aux ponts Vauban, Anvers jusqu'à 12h45, soit deux heures après l'horaire convenu avec la préfecture, d'autre part en ne donnant pas leur accord pour que les 10 000 manifestants pacifiques allemands traversent le pont de l'Europe. Ces deux décisions n'ont pas aidé les organisateurs pour le bon déroulement de la manifestation.

Le comportement des forces de l'ordre a clairement montré que toute expression contre les organisations internationales de type G8, G20 ou sommet de l'OTAN doit être sévèrement réprimée. C'est une position politique que notre chef d'état assume complètement, n'hésitant pas à mettre en danger des populations et les manifestants pacifiques qui s'expriment de manière non-violente.

Les forces de l'ordre, plutôt que de sécuriser les quartiers alentours, il n'y avait que ça à faire puisque le reste est constitué d'un noman's land, ont laissé des individus mettre le feu à plusieurs bâtiments sous le regard désabusé des habitants du Port du Rhin. Comment 200 casseurs peuvent-ils commettre de tels agissements, qui sont condamnables, alors que plus de 20 000 policiers sont présents dans Strasbourg ? Pourquoi les forces de l'ordre n'ont interpellé que 23 personnes le jour de la manifestation alors que de nombreuses exactions étaient commises sous leurs yeux ? Soit il y avait un nombre important de casseurs et à ce moment-là les interpellations auraient dûes être nombreuses, soit cela n’était pas le cas, auquel cas nous ne pouvons pas comprendre comment plusieurs bâtiments aient pû être incendiés.

Les agressions subies par les manifestants pacifiques et non-violents regroupés sur le champ de foire ont été permanentes. Ils ont eu droit pendant le concert à des jets de bombes lacrymogènes et des survols incessants d'hélicoptères à basse altitude faisant monter l'angoisse et la tension.

Les Strasbourgeois qui ont été témoins de ces exactions ou qui ont participé à la manifestation ne sont pas dupes et ont soutenu fortement la mobilisation contre l'OTAN et ses politiques agressives et guerrières. Plus de 800 drapeaux de la paix ont été vendus et pavoisent les fenêtres et balcons de nos concitoyens, de nombreux groupes de soutien sont créés sur internet pour défendre la liberté d'expression, pour dénoncer l'état de guerre dans lequel nous sommes depuis 10 jours à Strasbourg ou pour dénoncer les exactions des forces de l'ordre avant pendant et après la manifestation.

Au lendemain de la manifestation, le village autogéré était totalement bouclé. Des barrages et des filtrages des personnes du village ont été exécutés ; des livres , affiches, banderoles confisqués. Ces agissements doivent cesser.

Nous avons les plus grandes craintes quant à ce qui pourrait arriver aux personnes actuellement encerclées. Par ailleurs, il est à noter que la police boucle y compris une zone d'habitation en bordure du camp, et empêche les habitants du quartier de rentrer chez eux, y compris physiquement si le faut !!!

Ce soixantième anniversaire de l'OTAN a tenu toutes ses promesses et est fidèle à ses valeurs : violent, anti-démocratique et sécuritaire.

Mourir pour l'Empire

Paix et Justice au Moyen-Orient (cpjmo@yahoo.fr) STRASBOURG. Article publié le 17 février 2008 sur http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

Dans un article intitulé «Réflexion sur la force préventive», Henry Kissinger, ancien secrétaire d’état américain, écrit: «La pierre angulaire de la puissance n’est pas le territoire mais la technologie. Les armes de destruction massives modernes, de par leur existence même, apportent au pays qui s’en dote un gain autrement plus important que n’importe quelle annexion territoriale» (Le Monde du 21/04/06).

Les propos de H. Kissinger ne reflètent qu’une demi-vérité. Certes, l’«annexion territoriale» était propre aux puissances esclavagistes et féodales, tandis qu’actuellement, une puissance politique comme les Etats-Unis est, avant tout, une puissance technologique. En leur temps la France et la Grande Bretagne, se livrant à leurs conquêtes territoriales, étaient également des puissances technologiques. Il va sans dire que la technologie à elle seule, n’est pas en mesure d’assurer la prééminence politique et militaire d’un pays. Le Japon et l’Allemagne sont des puissances technologiques sans être des puissances politiques et militaires.

Un regard rapide sur les enjeux énergétiques et ceux liés aux matières premières, montre que la «conquête territoriale» est, malheureusement, restée d’actualité. L’«annexion territoriale» assure à une puissance technologique, un «réservoir» de matières premières, conditions sine qua non de sa survie économique et de sa suprématie politique. Les anciens empires coloniaux avaient des possessions sur tous les continents et exploitaient le sous sol. Les deux dernières guerres qui ont ravagé l’Europe, puis le monde entier, étaient avant tout des guerres entre puissances technologiques à la recherche de territoires riches en matières premières. Rappelons-nous l’«espace vital» recherché par le troisième Reich. Les Etats-Unis, nouvelle puissance coloniale planétaire, sont présents sur les cinq continents, soit en tant que puissance occupante (en Irak et en Afghanistan), soit en tant que puissance tutélaire de nombreux pays. Les oléoducs et les gazoducs qui alimentent l’Occident passent par des régions parsemées de bases militaires américaines, et aussi françaises, britanniques, allemandes. Selon l’ancien ministre de la défense du gouvernement rouge- vert Peter Struck : «La défense de l’Europe «commence dans l’Hindou Koch»». Depuis plus de deux siècles, les puissances occidentales ont été amenées à s’activer aux confins de l’«Hindou Koch», très loin de l’Europe. Ancienne puissance mondiale, devenue, après la Seconde guerre mondiale, puissance de «seconde zone», la Grande Bretagne a soutenu les Etats-Unis, dans leur aventure irakienne en 2003. Après six années d’une guerre épuisante, les Britanniques plient bagages pour se consacrer à l’Afghanistan. Londres «épuisé» est remplacé par Paris, «allié indispensable et zélé», qui envoie des forces fraîches en Asie centrale, afin de consolider la suprématie de l’Empire américain. Riche en matières premières, l’Asie centrale attise toutes les convoitises. Après l’Afghanistan, «porte de l’Inde», Paris «noue un partenariat stratégique avec Astana», capitale de Kazakhstan, pays riche en hydrocarbures, en uranium, en titane, métal stratégique (LM du 10-11/02/08).

Pourtant, les tensions sont perceptibles dans l’édifice impérial. Tous les partenaires ne sont pas traités sur un même pied d’égalité. Ils ne veulent pas s’impliquer plus qu’il ne faut dans des guerres meurtrières, coûteuses en homme et en matériel, au profit de l’Empire américain. Le Canada s’apprête à quitter l’Afghanistan. Obligée de supporter le fardeau de plus en plus lourd des interventions colonialistes, l’Amérique se rebiffe et tance ses partenaires en des termes peu amènes. Secrétaire américain à la défense, Robert Gates, qualifie de «décevant» le refus des Alliés d’envoyer des renforts dans le Sud de l’Afghanistan. Pour lui: «certains sont prêts à se battre et mourir et d’autres qui ne le sont pas» (LM du 09/02/08).

Les déboires de l’Empire ne s’arrêtent pas là. Jadis élément important du puzzle, le Pakistan est devenu le maillon faible du dispositif américain. En effet, se sentant encerclé et s’inquiétant du rapprochement indo- afghan, l’armée et les services de renseignement pakistanais ménagent les nationalistes religieux, impliqués, directement ou indirectement, dans la lutte anticolonialiste.

Aux Etats-Unis, l’après Bush s’installe. Ce qui ne facilite pas les affaires des va-t-en-guerre de l’administration. Pour Richard Holbrook, ex-sous-secrétaire d’Etat et conseiller d’Hillary Clinton : «l’administration Bush ne pourra pas attaquer l’Iran. Une minorité peut encore s’y essayer mais elle ne réussira pas: nos chefs d’état-major s’y opposeront. Le Congrès aussi». Concernant l’avenir des relations Téhéran- Washington, R.Holbrook est, on ne peut plus, clair: «Avec Téhéran, il ne faut pas seulement parler nucléaire, mais du Hamas, du Hezbollah, de l’énergie et de l’Irak» (LM du 26/01/08). Une manière de reconnaître à Téhéran le rôle d’interlocuteur incontournable.

Afin de montrer les «réussites» de l’administration Bush, le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, est monté au créneau pour annoncer «la déroute» des combattants islamistes en Irak. Peine perdue. Les journaux n’ont pas tardé à annoncer que «le niveau de violence à Bagdad reste suspendu à la trêve décrétée par l’«Armée du Mahdi» de Moqtada Al-Sadr (LM du 14/02/08). La baisse du niveau de violence marque, sans nul doute, une entente entre Téhéran et Washington. Malgré l’embargo, le développement de la technologie militaire de l’Iran rappelle la sentence d’Henry Kissinger: «La pierre angulaire de la puissance n’est pas le territoire mais la technologie.»

La résistance anticolonialiste s’intensifie dans la région, tout comme les attentats contre les anticolonialistes (l’assassinat en Syrie d’Imad Moughniyeh par les agents israéliens) et autres complots dont sont coutumiers les américano- israéliens. Le Liban et la Palestine restent sous tension et une déflagration régionale est à craindre. L’ouverture d’un nouveau front au Tchad par la France, ne peut qu’affaiblir la position des colonialistes, désormais engagés militairement de la frontière afghane au Tchad.

Au moment où l’Empire américain manifeste des signes de faiblesse, alors que les candidats à la présidence parlent du retrait éventuel des troupes américaines d’Irak, la France arrive sur les champs de bataille. Ses militaires vont continuer à «se battre et mourir» pour les matières premières et pour l’Empire.

mardi 31 mars 2009

Conférence internationale

Contre Sommet de l'Otan

Les activités du contre sommet se dérouleront autour de 4 axes :

  • Des actions de désobéissance civile non-violentes
  • Un village autogéré avec de nombreuses activités du mercredi 1er au dimanche 5
  • Le 4 avril à 13 heures, une grande manifestation qui partira du pont entre Kehl et Strasbourg
  • Une conférence internationale avec de nombreux ateliers le vendredi 3 et le dimanche 5

La conférence internationale sera l'occasion d'analyser les politiques et stratégies de l'OTAN et de discuter de solutions de rechange à l'Otan. Elle offrira également un espace pour le mouvement pour la paix afin de préparer les actions à long terme.

Programme de la conférence

- Vendredi 3 avril de 10 à 13 h: « 60 ans d'Otan, 60 ans de menaces contre la paix mondiale » Avec la participation de Phyllis Bennis, Tariq Ali, Jan Tamas, Noam Chomsky, Sophie Zafari

3 avril après-midi : Trois séries d'ateliers, qui couvriront de manière complète l'ensemble des thématiques sur l'Otan. 21 ateliers sont prévus. Citons "L'agression de 1999 contre la Yougoslavie", "Israël et l'Otan", "La stratégie nucléaire de l'Otan", "L'élargissement vers l'Est", "L'Otan, l'UE et le Traité de Lisbonne", "L'impact de la guerre sur l'environnement", "Globalisation , la crise et l'Otan", "Le bouclier anti-missiles", "Le lobbying de l'Otan dans la recherche et les universités", "Sécurité collective vs l'Otan", ... Le CSO animera l'atelier "L'Otan, garant de la sécurité d'approvisionnement énergétique des pays membres" (de 18h à 20h)

Dimanche 5 avril, de 10h à 12h : « 60 ans d'Otan sont plus qu'assez » Un débat sur les différentes approches pour un monde sans Otan, avec Jean Ziegler, Maj Britt Theorin, Lidia Menapace, Joseph Gerson

Dimanche 5 de 12h30 à 14h : « Venir à bout de l'Otan » Rencontre entre mouvements de la paix et personnalités politiques de gauche

Dimanche 5 de 14h30 à 16h : Assemblée anti-guerre Tous les militants sont invités à partager leurs expériences, à présenter les résultats de leur atelier, à se consulter mutuellement sur les activités futures et à planifier des campagnes pour un monde juste sans l'Otan

Infos pratiques Il est demandé de s'inscrire après de registration@ialana.de La conférence se tiendra au Centre Sportif Lixenbuhl 24, Rue Lixenbuhl 67400 Illkirch-Graffenstaden (à environ 5km du centre de Strasbourg)

jeudi 26 mars 2009

L'OTAN en débat

Débats

7 mars : Femmes et paix au Galet, Hautepierre à 20h00

10 mars : Attac : L’OTAN, une logique de guerre, avec Nils Andersson, maison des associations, 19h30

11 mars : Les Verts : Paix durable, sécurité européenne, ... , avec Alain Lipietz, FEC, 20h00

24 mars : Meeting du collectif , Attac, FSU et Mouvement de la Paix, 20h à la Maison des Associations.

26 mars : NPA, Daniel Bensaid, la Maison des associations- 20h30

31 mars : Débat, "l'OTAN et les armes nucléaires à uranium appauvri", Collectif anti-otan à Hautepierre, 20h

Ateliers - Expositions - Lectures

Exposition / projections / débats / performance:

Le jeudi 26 mars à 19h Perfomance "red stripes" de Nicolas Zimny + projection de "la bombe", de Peter Watkins, 1965 et de "Traité de Non Prolifération Nucléaire" ////////

Le samedi 28 mars à 18h Projection en présence de Bureau d'études ///////

Du 26 mars au 1er avril 15h-19h (sauf dimanche) : Exposition avec "Cartographies du gouvernement mondial" par bureau d'études, installation de Nicolas Zimny, films et vidéos en consultations /////// Entrée libre

au syndicat potentiel 13 rue des couples, Strasbourg

dimanche 22 mars 2009

L'OTAN part démoralisée et battue en Afghanistan

Paix et Justice au Moyen-Orient STRASBOURG, le 22 mars 2009 cpjmo@yahoo.fr

Des «conférences des donateurs» ont consacré des milliards de dollars à la «reconstruction» de l’Afghanistan. Des équipes se sont formées pour «construire» ou «reconstruire», ici des routes facilitant le déplacement des troupes étrangères, là des écoles. Le même élan de «reconstruction» s’est observé en Irak. Dans son livre « la stratégie du choc», la journaliste, essayiste et réalisatrice, Naomi Klein écrit : «Les Irakiens ne perçurent pas la reconstruction corporatiste de leur pays comme un «cadeau», la plupart d’entre eux y voyant plutôt une forme moderne de pillage».

Comme en Irak, le pillage tire profit de la «reconstruction» de l’Afghanistan. Faut-il rappeler que le pillage va de pair avec la corruption avérée et la criminalité des autorités locales et colonialistes? «Il n’y a jamais eu autant d’argent dans ce pays, relève Barnett Rubin, directeur du centre sur la coopération internationale, celui des donateurs, celui de la drogue, celui de l’économie afghane; la corruption est liée à la conjonction de ce fait et d’un Etat faible et l’économie de la drogue est devenue une grande entreprise criminelle»(1).

Pierre Lellouche, monsieur «Af-Pak» du gouvernement français, se pose la question: «où sont passés les 20 milliards de dollars réunis en juin à la conférence de Paris pour l’Afghanistan?» et d’ajouter: «on a réussi à fabriquer le premier narco-Etat de la planète financé par l’argent du contribuable de l’OTAN»(2). Bravo l’OTAN!

Conséquences: selon Ahmet Davutoglu, conseiller du premier ministre turc, Recep Erdogan: «c’est une honte pour l’OTAN, pour nous tous, que sept ans après le début de l’intervention, il n’y ait aucune vraie amélioration des infrastructures, notamment des routes, alors qu’une énorme ambassade américaine a été construite»(3).

A tout ceci, rajoutez la brutalité, les exactions et les «dégâts collatéraux» des forces de l’OTAN, en particulier celles des Etats-Unis, démotivées et étrangères à la culture d’un pays rebelle, situé à des milliers de km de leurs frontières et vous aurez deviné l’avenir sombre des colonialistes en Afghanistan.

Un seul exemple. Nathalie NOUGAYREDE, journaliste du Monde écrit: «dans la région voisine de Wardack, les forces spéciales américaines ont tué cinq personnes. Selon le porte-parole de la coalition, les victimes étaient des insurgés. Selon les autorités afghanes locales, c’était une famille de civils»(4).

Dans un pays, les nouvelles circulent très vite. Les Afghans comptent chaque jour le nombre de leurs compatriotes, hommes, femmes et enfants, tués ou massacrés par les armées occidentales. La colère et la haine de l’Occident ne font que se renforcer dans tout l’Orient.

Pourtant, certains Occidentaux, comme Bernard LAVARINI, père de la première arme laser française, vous regardent droit dans les yeux et vous parlent de la «raison occidentale», opposée à celle des Eurasiens, «parce qu’ils n’attachent pas le même prix à la vie» (une autre façon de traiter les Eurasiens de barbares!), ou du caractère pacifique de «notre pays»(5). La France (plutôt l’Etat français) pacifique! C’est une blague, n’est-ce pas? Il s’agit bien d’un Etat qui, au cours de l’histoire, a commis des crimes de guerre dans ses colonies, en Indochine, en Afrique, et qui partage actuellement, avec les Etats-Unis, les crimes de guerre commis contre le peuple afghan et sa souveraineté. Voici une preuve de la nature «pacifique» de l’Etat français: le total des troupes françaises déployées à travers le monde atteint 36 849 hommes! 14 970 militaires français sont répartis dans une quinzaine d’opérations extérieures (OPEX), dont les plus importantes se situent dans les Balkans, en Afghanistan, au Liban et en Côte d’ Ivoire(6).

Evidemment, selon les autorités, le déploiement des forces françaises à l’étranger répondrait au maintien de la «paix mondiale». Comprenons-nous: il s’agit bien, ni plus ni moins, de la Pax americana, via l’OTAN!

Dès lors, faut-il s’étonner de la montée en puissance de la résistance anticolonialiste en Afghanistan, en Asie centrale et au Moyen-Orient? Faut-il s’étonner du regain de pessimisme au sein des forces et des diplomates de l’OTAN?

Voici quelques extraits qui dénotent l’état d’esprit des diplomates et stratèges, au sujet de l’avenir de la guerre de l’OTAN en Afghanistan.

William WOOD, ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul: les Afghans «sont renommés pour avoir conservé leurs vallées contre n’importe quel ennemi»(7).

Bernard KOUCHNER: «personne n’a jamais dompté l’Afghanistan, ni les Anglais ni Alexandre»(8).

Henry KISSINGER, diplomate et ancien secrétaire d’Etat américain: «aucun conquérant étranger n’a jamais réussi à occuper l’Afghanistan»(9).

Gérard CHALIAND, géostratège: en Afghanistan : «la victoire, pour les Occidentaux, est hors de question»(10).

La lecture de ces phrases montre qu’il s’agit bien des Afghans et de leur résistance à l’OTAN et non pas des talibans, «horde sauvage, coupeurs de route et étrangleurs de femmes», image véhiculée par la propagande occidentale.

Si «aucun conquérant étranger n’a jamais réussi à occuper l’Afghanistan», pourquoi l’OTAN y parviendrait-elle?

Article publié également sur http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

1- Jacques FOLLOROU- Le Monde du 27/05/08. 2- Propos recueillis par Jacques FOLLORU- LM du 09/02/08 3- LM du 19/12/08. 4- LM du19/03/09. 5- LM du 19/03/09. 6- LM du29/08/06. 7- LM du 28/10/08. 8- LM du 25/11/08. 9- LM du 15-16/03/09. 10- LM du 10/01/09.

Le petit manuel du parfait strasbourgeois pacifiste

J'ai lu avec une surprise non dissimulée, puisque personne ne me voyait, que des policiers se seraient présentés, à Strasbourg, au domicile de particuliers ayant pavoisé la façade de leur domicile de drapeaux pacifistes ouvertement hostiles au retour de la France dans l'OTAN, dans la perspective du sommet de cette Organisation qui se tiendra dans la capitale de l'Alsace et de l'Europe les 3 et 4 avril prochain (cf cette dépêche AFP).

J'ai été interrogé à ce sujet par une journaliste de Rue 89 qui prépare un article sur la question, et, étant lancé sur le sujet, j'en profite pour écrire rapidement sur ce sujet.

Nous supposerons pour l'intérêt de ce billet que l'info est exacte (la préfecture du Bas-Rhin dément avoir donné de telles instructions, mais je vous expliquerai plus loin pourquoi je ne la crois pas sur parole).

Soyons clairs : c'est complètement, totalement, absolument illégal.

De manière générale, aucune loi n'interdit d'afficher ainsi son opinion à sa fenêtre, sous réserve que cette manifestation ne prenne pas des formes illégales (ex : image pornographique, puisque susceptible d'être vue par un mineur passant dans la rue). Au contraire, ce genre de manifestation est une forme de la liberté d'expression et comme le rappelle notre Constitution,

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Déclaration des droits de l'homme et du Citoyen.

J'ajoute que dans cette superbe ville qui va bientôt accueillir notre Garde des Sceaux Déjà Regrettée, au bord du Canal de la Marne au Rhin, siège une juridiction qui a pour but de s'assurer que tous les pays du Conseil de l'Europe applique les règles suivantes :

Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations.

L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire.

Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, article 10.

Ce serait dommage qu'une violation de cet article se produise à sa porte.

Donc :

La police ne tire d'aucune loi actuellement en vigueur le pouvoir d'interdire ou de faire retirer, voire de retirer par la force un tel drapeau.

Le préfet peut, dans le cadre de ses pouvoirs dits de police, prendre des mesures temporaires limitant les libertés dans le but d'assurer le maintien de l'ordre. Mais ces mesures doivent prendre la forme d'un arrêté préfectoral publié, et susceptible de recours devant le juge administratif, qui s'assurera que ces mesures ne sont pas disproportionnées par rapport au but poursuivi.

C'est ainsi que le préfet va limiter la circulation à proximité des lieux où se tiendra le sommet, voire bouclera littéralement certains quartiers. Voyez la liste des mesures sur cette page.

À ma connaissance, aucun arrêté n'a été pris pour interdire aux moins bellicistes des alsaciens d'afficher des drapeaux hostiles à la guerre et à l'OTAN, quand bien même on pourrait leur objecter que la seconde est faite pour prévenir la première.

Donc que faire si la police sonne chez vous pour s'offusquer d'un drapeau pacifiste ?

1 : Refusez-lui d'entrer. La police n'a pas le droit de pénétrer de force chez vous si elle n'a pas été mandatée par la justice (commission rogatoire, mandat d'arrêt, ou d'amener, etc), si elle n'est pas en enquête de flagrance (et ces drapeaux ne constituent pas un délit), si elle n'a pas été appelée depuis l'intérieur du domicile, sauf état de nécessité supposant un danger grave et imminent. Attention : si vous commettez un outrage, la police peut agir en flagrance et dès lors pénétrer chez vous. Soyez d'une politesse mielleuse.

2 : Demandez aux agents de prouver leur qualité en exhibant leur carte professionnelle. Un air patibulaire et un brassard "POLICE" sont des indices d'appartenance aux forces de l'ordre, mais insuffisants en soi. Profitez-en pour prendre note de leur nom et matricule, pour que si le préfet continue à dire qu'il s'agit d'éléments isolés agissant de leur propre chef, on puisse les retrouver et leur poser la question.

3 : S'ils vous somment d'ôter le drapeau de votre fenêtre, demandez-leur à quel titre, quelle loi ou quel arrêté préfectoral invoquent-ils (là aussi, notez leur réponse).

4 : Refusez poliment et souhaitez-leur une bonne journée. En effet, il n'y a pas de loi qui vous interdise d'exhiber un tel drapeau, et si un arrêté préfectoral a été pris, vous risquez au pire du pire 38 euros d'amende pour ne pas y déférer, et encore il faudra vous citer devant la juridiction de proximité pour cela, et le parquetier rigolera bien en lisant le procès verbal d'infraction avant de le classer sans suite. Si l'arrêté a moins de deux mois, vous pouvez d'ailleurs l'attaquer devant le tribunal administratif (pensez au référé suspension).

5 : S'ils forcent le passage et s'emparent par la force de votre drapeau (ce qui est peu probable, rassurez-vous), laissez-les faire. D'abord, vous êtes pacifiste, c'est une question de cohérence. Ensuite, résister par la violence à une voie de fait de la police est un délit en France, le saviez-vous ? Et portez plainte contre eux pour violation de domicile et vol, ajoutez-y les violences volontaires s'ils vous ont bousculé (car OUI, bousculer est une violence volontaire, j'ai assez de clients qui ont été condamnés sur cette base pour constituer une jurisprudence constante). Ajoutez-y une plainte à l'IGS pour des poursuites disciplinaires et demandez à un député ou sénateur de l'opposition de saisir la CNDS (C'est là que le fait d'avoir noté leurs noms et matricule prend un intérêt renouvelé). Des violences même légères sont toujours aggravées quand elles sont commises par des policiers et sont un délit. Quoi qu'il arrive, ne ripostez pas par la violence, même verbale. Soyez un Gandhi qui n'aurait rien contre la charcuterie.

6 : Tenez-moi informé via ce même blog.

Mais je suis prêt à parier que maintenant que la presse est alertée, plus aucun képi ne viendra perturber les décorations des fenêtres de Strossburi.

OTAN en emporte le vent.

http://www.maitre-eolas.fr/

vendredi 20 mars 2009

Tshirts-Affiches-Cartes-Drapeaux

happy birthdeath
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avec l'OTAN, tout sang va
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une arme pour l'Otan, des larmes pour l'Afghanistan affiches4.jpg MOUVEMENT_PAIX-Tout_sang_va-22835

AIE affiches5.jpg MOUVEMENT_PAIX-Tout_sang_va-22835

l'OTAN c'est de l'argent (1300 milliards de dollard pour les armes) affiches2.jpg MOUVEMENT_PAIX-Tout_sang_va-22835

Drapeaux de la Paix drapeau.jpg

Prix

  • affiches : 1 euro
  • cartes postales : 1 euro
  • Tshirt : 10 euros
  • Drapeaux : 5 euros (en commande)

Envoyer vos chèques à l'ordre de l'Association : Mouvement de la Paix Manuel Santiago 22, rue de la Broque 67 000 Strasbourg

Pour passer vos commandes : email: santiago.manuel@gmail.com avec pour objet : commande NON à l'OTAN

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mercredi 18 mars 2009

OTAN, les signes dangereux de Nicolas Sarkozy

Débat à l’Assemblée nationale mardi sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Entretien avec Arielle Denis, coprésidente du Mouvement de la paix, et animatrice de la campagne du Collectif OTAN-Afghanistan. Comment réagit le Mouvement de la paix aux festivités pour le soixantième anniversaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) et à la décision de Nicolas Sarkozy de faire que la France intègre son commandement intégré ?

Arielle Denis. Il y a presque un an que le président de la République a évoqué la possibilité d’un retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. L’intégration dans l’alliance atlantique n’est pas nouvelle. La France est un gros contributeur. Elle pourvoit à 6°% du budget de l’organisation. Et sa présence est importante lors des interventions militaires.

L’intégration est le signe politique d’une volonté déterminée, idéologique. Premièrement, la France souhaite s’aligner dans ce que Nicolas Sarkozy appelle la famille occidentale. C’est-à-dire formaliser l’appartenance à un camp. Deuxièmement, l’organisation d’un sommet de l’OTAN à un moment où la question de la dynamique européenne est en débat, avec le traité de Lisbonne n’est pas anodine. Il s’agit d’ancrer l’Union européenne (UE) dans l’alliance atlantique.

On a là deux signes extrêmement dangereux à l’égard du reste du monde. Et cela obère les nouvelles chances d’un développement du multilatéralisme avec la défaite des néoconservateurs aux États-Unis. Avec l’élargissement tous azimuts, on a une volonté de moins en moins camouflée de substitution de l’OTAN à l’Organisation des nations unies (ONU). L’OTAN bras armé de la mondialisation et des grandes puissances deviendra le lieu où se décide la sécurité du monde.

En préparation à la manifestation du 4 avril à Strasbourg, contre la tenue dans la ville d’un sommet de l’OTAN, vous avez lancé un cycle de réunions publiques. Qu’en ressort-il ?

Arielle Denis. Avec le collectif d’organisations contre l’OTAN, nous nous sommes rendus compte que l’information était très partielle dans la population. Il y a nécessité d’un débat autour de l’OTAN et des questions de sécurité. Ils sont organisés par des collectifs locaux. Plus la campagne se développe, plus il y a de monde.

Alors que se discute à l’Assemblée la participation de la France au commandement intégré de l’OTAN, nous avons lancé une campagne de cyberlettres aux députés. Et un rassemblement se tiendra aujourd’hui à 14.30h. Nous serons reçus par tous les groupes politiques. Nous ferons pression pour que ce débat aille jusqu’à la censure du gouvernement.

Comment interprétez-vous le fait que ce soit un débat sur la politique étrangère de la France, et non précisément sur l’intégration plus poussée dans l’OTAN ?

Arielle Denis. Ce débat fait peur au président. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy nous a mis des bâtons dans les rues pour l’organisation d’un contre-sommet à Strasbourg le 4 avril. Des millions d’euros ont étés dépensés, des caméras installées, des arbres coupés pour assurer la sécurité. Des lieux publics seront fermés et 40.000 soldats déployés. Mais avec plus de 500 organisations, nous avons la volonté de manifester dans Strasbourg. Il y aura beaucoup d’Allemands. Un TGV sera affrété de Londres, deux avions de Grèce. Les Kurdes, les Turcs, les Autrichiens, les Belges seront présents. Il y aura des Afghans et des Pakistanais, le Mouvement de la paix états-uniens. Et des manifestations se tiendront à Istanbul et Washington.

Entretien réalisé par Gaël De Santis "L'Humanité" 17-03-2009

l'appel national de Strasbourg

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NON A LA GUERRE : NON A L’OTAN

A l'occasion du soixantième anniversaire de l'OTAN, nous vous appelons à venir manifester à Strasbourg le 4 avril 2009 contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l'OTAN et à participer au contre-sommet pour affirmer qu'un monde de justice et de paix est possible.

Nous l’affirmons avec force: la France doit renoncer à son intégration dans le commandement militaire de l'OTAN. Elle doit rompre avec une politique aux visées dominatrices méprisant les droits des peuples.

Nous refusons la vision dangereuse et manichéenne de la "guerre des civilisations" et toutes réponses militaires aux crises mondiales et régionales.

Nous rejetons la course aux armements et refusons de vivre dans la crainte du recours à l'arme nucléaire. Il est inacceptable que les dépenses militaires engloutissent l’argent nécessaire à la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité ; d’autant plus que les gouvernements voudraient faire payer aux peuples les dégâts du libéralisme financier

Nous exigeons la fermeture des bases militaires étrangères dans tous les pays. Pour construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.

En Afghanistan, le bilan de l’occupation militaire est dramatique. Les populations afghanes doivent retrouver els moyens de décider de leur avenir. Il est temps de mettre en oeuvre une solution politique internationale fondée sur l’aide d’urgence et la reconstruction dans le respect des droits du peuple afghan, en particulier des droits des femmes. Nous demandons le retrait du dispositif militaire français des troupes de l’Otan.

Fait à Paris le 22 octobre 2008

Signataires Union Pacifiste de France, collectif "la guerre tue" (Toulouse), Les VERTS, Collectif Faty KOUMBA : association des libertés, droits de l'homme et non-violence, MARS GR, PCF, ATTAC, ACDN, Alternative libertaire, les Alternatifs, FSU, M’PEP, Union pacifiste, ATTAC, Droit-Solidarité, PCOF, MRAP, NPA, Parti de Gauche, UJFP, LCR, le Mouvement de la Paix, ACG, Collectif des Iraniens contre la guerre, ACCA, IPAM/CEDETIM, AAW, ARAC, Coordination européenne pour la marche mondiale des femmes.

"non à la guerre, non à l'OTAN" tous à Strasbourg le 4 avril 2009


Le contre-sommet de l’OTAN
Le point culminant en sera la manifestation internationale du 04 avril 2009 à Strasbourg. Elle rejoindra celle qui viendra de Kehl. Programme provisoire :
o Une Conférence internationale du 1er au 5 avril 2009
o Un village alternatif
o Une manifestation internationale le 4 avril à Strasbourg
L’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) fêtera son 60ème anniversaire du 1 au 5 avril 2009 à Strasbourg, sinistre anniversaire, s’il en est, à l’occasion duquel elle annoncera un « nouveau concept
stratégique » par lequel elle entend se substituer progressivement à l’ONU dans l’organisation militaire du monde. C’est à cette occasion que Nicolas Sarkozy veut annoncer la réintégration de la France au sein du commandement militaire et ainsi s’aligner sur la vision américaine du « choc des civilisations ».

A l’heure où :

- dans le cadre de l’Union européenne, par le biais du Traité de Lisbonne, l’OTAN « reste pour les Etats qui en sontmembres, le fondement de leur défense collective »
- il est question pour les Etats-Unis d’intensifier par ce biais la guerre en Afghanistan par l’envoi de troupes supplémentaires (rappelons qu’un tel envoi a déjà été effectué par la France, cela en dépit de l’opposition de 67% de la population, rappelons également le décès de 10 soldats français en août dernier)
- la crise financière, économique, environnementale et sociale prend une ampleur phénoménale dans le monde entier, ouvrant la voie à des tensions sociales toujours accrues

Que faire ?

Le Collectif anti-OTAN de Strasbourg, qui regroupe de nombreuses associations, syndicats et partis politiques appelletou-te-s celles et ceux qui refusent cette logique à se mobiliser pour montrer aux grands de ce monde que la société civile ne les suivra pas aveuglément dans cette logique.
Dans cette optique, le Collectif organise un contre-sommet du 1er au 5 avril 2009, à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden. Nous voulons dénoncer l’idée selon laquelle l’OTAN se présente comme une structure oeuvrant pour la paix.
Le Collectif organisera une série de conférences, réunions de quartiers, projections de films, présence sur les marchés, etc.

Pour que Strasbourg ne soit pas en état de siège et qu’elle reste une ville ouverte, de débats, de paix, il est urgent de nous mobiliser pour marquer notre opposition à cette logique guerrière d’escalade de la violence et du surarmement portée par l’OTAN. Le collectif Strasbourg anti-OTAN

mardi 17 mars 2009

Quelle alternative à l'atlantisme et aux choix de Nicolas Sarkozy ?

Quelle alternative à l'atlantisme et aux choix de Nicolas Sarkozy ? Avec la chute du mur et le démantèlement de l'URSS et du Pacte de Varsovie, l' OTAN a perdu sa raison d'existence. Loin de reconnaître, avec la fin de l'antagonisme des blocs, que leur organisation est alors devenue obsolète, les membres de l' Alliance atlantique ont choisi de la pérenniser et même de la renforcer. Ils ont changé le «concept stratégique» qui fonde son action en 1991, en 1999 et ils s'apprêtent à le faire une fois encore lors du sommet de Kehl-Strasbourg le 4 avril prochain. L'OTAN se «redéfinit» ainsi en fonction de ce qu'on appelle les nouvelles menaces: terrorisme, prolifération des armes de destruction massive, conflits régionaux, déliquescence de certains Etats, criminalité organisée... C'est au nom de la lutte contre ces nouvelles menaces que l' OTAN a élargi à la fois le nombre de ses membres (en intégrant les pays d'Europe centrale et orientale), la nature de ses missions et ses zones d'intervention pour s' affirmer comme une alliance globale, un instrument d'intervention militaire quasi planétaire, et de domination au service des principales puissances occidentales. C'est la force et la guerre qui constituent la logique essentielle de la stratégie otanienne. Cette logique néo-impériale a pourtant montré qu'elle aggrave tous les problèmes, suscite l'exacerbation des tensions et des confrontations. Dans un nouveau contexte international marqué par la crise systémique du capitalisme, par la montée des inégalités mais aussi des attentes sociales et des luttes, l'émergence de nouvelles puissances... cette utilisation de l' OTAN comme outil d'une pérennisation des dominations capitaliste et occidentale est dangereuse, totalement inadaptée et contraire aux intérêts des peuples. Réintégrer complètement la France dans l'organisation militaire de l' OTAN, comme a choisi de le faire Nicolas Sarkozy, constitue un choix politique qui n'est pas seulement symbolique dans un tel contexte. Il s'agit, en effet, de rejoindre tous les commandements militaires de l'organisation militaire intégrée de l' Alliance. On ne peut pas soutenir, comme le font certains commentateurs, qu'une telle réintégration serait une chose banale du fait que la France appartient déjà à plusieurs de ces commandements et participe déjà à des opérations de l' OTAN. En réintégrant complètement la France dans l'organisation militaire de l' OTAN, le Chef de l' Etat montre qu'il veut rompre définitivement avec l'originalité d'une position française décidée en son temps par le Général de Gaulle. Mais surtout, N. Sarkozy affirme et concrétise le choix pro-américain et atlantiste qu'il avait annoncé dès le départ. Afin de masquer la réalité de ce choix d'alignement, le Président de la République prétend -contre toute évidence- que cette réintégration permettra à la France de gagner en influence au sein de l' Alliance et favorisera le développement de l'Europe de la Défense. En vérité, cette politique ne fera que renforcer l' OTAN et sa stratégie de militarisation. Les Traités européens de Maastricht et de Lisbonne définissent une simple «complémentarité» européenne dans un rapport hiérarchique que le Traité de Lisbonne exprime clairement en soulignant que l' OTAN reste pour les Européens le fondement de leur défense et l'instance de sa mise en oeuvre. Il n'est absolument pas question d'une autonomie stratégique et politique d'une défense européenne. On en est loin. D'ailleurs, lorsque les Etats-Unis décident unilatéralement d' installer, en République tchèque et en Pologne, un système anti-missile sophistiqué très déstabilisateur et créateur de tensons avec la Russie, on constate que les Européens, globalement très atlantistes, sont incapables de présenter une alternative commune et autonome correspondant aux besoins réels de sécurité en Europe et sur le plan international. Tout montre ainsi l'impératif d'une toute autre politique française et européenne en matière de sécurité et de défense. Le besoin d'une dissolution de l' OTAN et d'un nouveau système de sécurité collective et préventive se fait sentir avec force, pour l'Europe et pour le monde. Les logiques de guerre ont d'ailleurs montré à quels désastres et à quelles tensions et crises elles conduisent que ce soit en Irak ou en Afghanistan. Il faut sortir d'urgence de la course aux armements, de la prolifération des armes de destruction massive, des politiques de force qui aliment les conflits. L'Europe et chacun de ses pays membres doit agir pour un désarmement multilatéral et contrôlé concernant tous les types d'armes et notamment le nucléaire, pour le règlement politique des conflits dans le respect de la charte et des résolutions de l' ONU, pour favoriser les conditions économiques et sociales d'une sécurité humaine fondée sur la justice, l'égalité, la réponse aux attentes sociales, en particulier pour les pays les moins avancés. La démilitarisation des relations internationales, pour un monde de paix, plus civilisé, est une exigence de notre temps. Note de Jacques Fath Membre de l'exécutif chargé des questions internationales

lundi 9 mars 2009

La politique "Af-Pak" et Moyen-Orientale d'Obama

Avec l’équipe Obama, l’Iran entame son deuxième round d’empoignade avec les Etats-Unis.

De part sa position géostratégique, l’Afghanistan a toujours joué un rôle prépondérant dans la politique des chancelleries occidentales, en particulier britannique et américaine. Toujours est-il que depuis la naissance du royaume afghan en 1747, l’Afghanistan a été agressé à trois reprises par les Britanniques, une fois par les Soviétiques (1978) et, depuis 2001, par les Etats-Unis et leurs alliés euro-canadiens

C’est dire l’importance accordée, par ces temps de crise, à cette aventure militaire qui assure à l’Occident une présence aux frontières de quatre vieilles civilisations: chinoise, iranienne, indienne et russe. L’Afghanistan est un maillon très important de la chaîne de domination planétaire de l’OTAN.

Pour assurer leur victoire, les Etats-Unis appliquent une politique à trois volets: s’unir avec l’Inde, négocier avec l’Iran et humilier le Pakistan.

Dans l’analyse 24, datée du 15 décembre 2008, nous avons écrit: «Depuis plus de soixante ans l’ISI, les services pakistanais, et la RAW (Research and Analysis Wing) service de renseignements indien, se livrent une guerre clandestine sans merci sur le sol afghan. L’objectif de l’Inde: s’attirer les faveurs du gouvernement afghan afin de compléter l’encerclement du Pakistan, qui cherche, à son tour, à vassaliser ce pays, qualifié de «profondeur stratégique» pour les besoins d’un éventuel futur affrontement indo- pakistanais. Tout porte à croire que, sur le plan stratégique, les Etats-Unis et le Pakistan ont des intérêts contradictoires».

La bourgeoise pakistanaise résiste tant bien que mal à la soumission totale à l’axe américano-indien et essaie de promouvoir ses intérêts géostratégiques. D’où l’ambigüité de la hiérarchie militaire concernant la lutte contre les talibans, ambiguïté stigmatisée par les Etats-Unis et ses alliés. En effet, le 16 février à Peshawar un accord de paix a permis d’imposer la charia (loi islamique) dans la région de Malakand. Objectif: «ménager un mouvement taliban qui peut être utile pour relayer l’influence pakistanaise en Afghanistan, où la consolidation des réseaux indiens alarme les stratèges d’Islamabad»(1).

Il est à souligner que la politique de B. Obama en Asie centrale est la continuation de la politique de G. Bush qui a conduit à l’extension de la guerre au Pakistan, devenu «instable, structurellement volatile, incurablement convulsif», selon Frédéric Bobin, journaliste au Monde(2). Désormais, B. Obama suggère une approche intégrée de l’Afghanistan et du Pakistan, regroupés sous le label «Af-Pak». C’est une fuite en avant.

A l’incendie colonialiste déclenché par l’Occident, mené par Washington, s’oppose la résistance des peuples et nations de la région. Mais, l’administration Obama gère un empire affaibli, discrédité, en proie à une crise morale et économique profonde. Jadis unilatéralistes, les Etats-Unis d’Obama devront composer avec différentes puissances pour pouvoir circonscrire, grâce au dialogue avec l’Iran, et l’extension de ses rapports avec la Russie, une insurrection qui s’étend et qui gagne en intensité. N’oublions pas que c’est la Russie qui facilite le ravitaillement des bases américaines via son territoire. Le dialogue entre puissances mondiales ou régionales ou l’assistance mutuelle ne devraient pas faire oublier les tensions permanentes entre puissances. Prenons le cas de l’Iran qui, ignorant les pressions occidentales, développe sa technologie militaire (missiles, satellite,…), enrichit de l’uranium et qui est sorti gagnant du premier round d’empoignade très agressive avec l’administration Bush. Face à l’administration Obama, l’Iran entame son deuxième round d’empoignade en position de force. La Russie encourage le Kirghizistan à fermer la base de Manas, louée aux américains qui, à leur tour, installent des bases de missiles antimissiles en Pologne et en Tchéquie.

Le même phénomène s’observe au Moyen-Orient, où les intérêts stratégiques américains façonnent la diplomatie des alliés arabes et israélien des Etats-Unis. D’aucuns pensent que la baisse des tensions souhaitée par l’administration Obama va régler tous les problèmes de la région. Est-ce vrai?

Analysons l’héritage laissé par l’administration Bush à celle d’Obama. Depuis l’échec de l’offensive israélienne au sud Liban de l’été 2006, les Etats-Unis et Israël ne gagnent aucune guerre. La récente offensive israélienne à Gaza n’a pas permis, non plus, à Israël d’atteindre ses objectifs: arrêter les tirs de Qassam, empêcher la contrebande, neutraliser le Hamas, rétablir la prépondérance de l’armée israélienne. Par contre, selon Gidéon Levy, journaliste israélien engagé, l’image d’Israël sort extrêmement ternie des 22 jours de destruction et de massacre délibérés à Gaza. La pratique de l’armée israélienne prouve «qu’Israël est un Etat violent et dangereux, qui ne connaît aucun retenue et ignore délibérément les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations unies, et qui se soucie comme d’une guigne du droit international». La messe est dite.

La guérilla harcelle également l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Faute de pouvoir neutraliser des milices armées populaires, les américano-israéliens détruisent les infrastructures et massacrent la population civile, la jetant dans les bras de la résistance anticolonialiste.

Comme ses prédécesseurs, depuis 1989, l’administration Obama parle du «processus de paix», de l’«Etat palestinien» et envoie des émissaires en Syrie. Espère-t-elle amener la Syrie et les Palestiniens à une paix à l’égyptienne, à savoir territoires contre souveraineté politique? La Syrie, ainsi que les résistances libanaise et palestinienne, ont prouvé qu’elles ne transigeront pas avec leur souveraineté. Comme pendant la période Bush, l’impasse parait donc totale.

Contrairement à l’administration Bush, celle d’Obama préfère dialoguer avec ses ennemis. La formation éventuelle de l’unité Fatah- Hamas permettra à l’équipe Obama de rétablir un dialogue indirect avec le Hamas, qui porte pour une grande partie le fardeau de la résistance armée à l’occupant israélien. Ce serait une grande victoire pour la résistance anticolonialiste qui gagne en puissance. Car ce n’est pas le Hamas qui a, comme le Fatah, changé de nature et d’attitude. Ce sont les Etats-Unis qui, sous la contrainte, modifient leur diplomatie.

Pour autant, faut-il surestimer le dialogue avec les colonialistes américano-israéliens? Sûrement pas. Les facteurs qui pourraient modifier les rapports de force seraient le développement de la résistance anticolonialiste en cours et le progrès de la technologie militaire iranienne. Par le dialogue, l’équipe Obama espère-t-elle ralentir l’érosion de la puissance américaine? Croit-elle peut-être au père noël ?

Paix et Justice au Moyen-Orient STRASBOURG, le 8 mars 2009 cpjmo@yahoo.fr http://geopolitiquedumoyne-orient.blogspot.com

(1) Frédéric Bobin- Le Monde du 19/02/09. (2) Frédéric Bobin- LM du 05 mars 2009.

dimanche 8 mars 2009

L'OTAN veut une "coopération forte" avec Moscou

En intervenant pour la première fois, jeudi 5 mars, devant ses homologues de l'Alliance atlantique, Hillary Clinton savait que la reprise des relations de l'OTAN avec la Russie passe mal auprès de plusieurs pays d'Europe de l'Est, notamment les Baltes et la République tchèque. la secrétaire d'Etat américaine a donc insisté sur le seul argument de nature à apaiser leurs inquiétudes : la réaffirmation du mécanisme de la défense collective de l'Alliance (article 5 du traité de Washington). Avec la Russie, a-t-elle insisté, "il est temps d'explorer un nouveau départ".

Cette double insistance est au coeur du projet de "Déclaration sur la sécurité de l'Alliance" que les chefs d'Etat de l'OTAN adopteront lors de leur sommet de Strasbourg et Kehl (Allemagne), les 3 et 4 avril, lequel marquera le 60e anniversaire de l'organisation atlantique. Ce texte, présenté par Jaap De Hoop Scheffer, secrétaire général de l'OTAN, dont Le Monde a obtenu une copie, servira de base à l'élaboration du nouveau "concept stratégique", qui est au fond la justification de l'existence de l'Alliance, de ses missions, de sa zone d'influence et de ses partenariats. Une fois finalisé, ce document sera adopté plus tard, probablement lors du sommet de Lisbonne, fin 2010.

C'est donc un long processus politique qui s'amorce, dont l'enjeu est de remplacer le concept stratégique de 1999, encore très marqué par la guerre froide. Le texte dont les ministres ont débattu mercredi, porte déjà l'empreinte des priorités de la nouvelle administration Obama, et tranche parfois nettement avec la vision de celle de George Bush.

Il souligne ainsi la nécessité d'"une relation de coopération forte entre l'OTAN et la Russie", qui doivent "renforcer leur aptitude à travailler ensemble en tant que partenaires dans des domaines d'intérêt commun". Nous attachons "une grande importance au Conseil OTAN-Russie", soulignent les chefs d'Etat. "Nous invitons la Russie à exploiter pleinement ce cadre pour traiter de ses initiatives sécuritaires et nous affirmons notre intérêt particulier de voir la Russie s'engager pour assurer l'avenir du régime international de maîtrise des armements", ajoutent-ils.

Pour autant, il n'est pas question d'accorder à la Russie un quelconque droit de veto à l'adhésion de nouveaux pays à l'Alliance, comme l'ont craint les pays d'Europe de l'Est. "La porte de l'OTAN restera ouverte à toutes les démocraties européennes désireuses et capables d'assumer les responsabilités et les obligations liées au statut de membre. Personne à l'extérieur de l'Alliance n'aura un quelconque droit de veto sur ce processus", est-il souligné. Ce rappel va dans le sens de ce que souhaitent l'Ukraine et la Géorgie, dont l'enthousiasme à rejoindre l'OTAN a été quelque peu douché par la prudence de pays tels que la France et l'Allemagne, soucieux de préserver leurs relations avec Moscou. Quant aux Baltes, ils seront rassurés par l'"engagement immuable (des chefs d'Etat) à l'égard de la défense collective", laquelle permet à chaque allié de bénéficier d'"une solidarité qui est indivisible".

En réaffirmant la pérennité des principes, "des valeurs, des objectifs et des obligations" qui fondent l'OTAN, les vingt-six en profitent pour souligner que celle-ci a été créée "pour relever tous les défis, sans exception, qui pèsent sur notre sécurité", une manière de répliquer à ceux pour qui l'Alliance atlantique, organisation de la guerre froide, n'a plus de raison d'être.

De même, le débat récurrent sur les limites de sa zone géographique est tranché : l'organisation doit faire face aux nouveaux défis, "notamment le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, la sécurité énergétique et les cyberattaques, ainsi que l'instabilité et les menaces émanant des Etats faillis, en dehors de la zone géographique couverte par le traité".

Pour équilibrer cette vocation à intervenir tous azimuts, le projet insiste sur une approche multilatérale, laquelle est privilégiée par les Européens et, apparemment, par l'administration Obama. L'OTAN, est-il souligné, est "un élément seulement d'un réseau d'acteurs de la sécurité". Ainsi, elle "continuera d'agir dans l'intérêt et en vertu du mandat des Nations unies" et les chefs d'Etat s'engagent à oeuvrer sur la base de la déclaration commune ONU-OTAN signée en septembre 2008.

Le projet rencontre les souhaits des Européens s'agissant de la défense européenne, et tout indique qu'il tient compte en particulier de la perspective du retour de la France dans la structure militaire intégrée de l'Alliance, qui doit être entériné lors du sommet de Strasbourg.

"L'OTAN, est-il indiqué, reconnaît également l'importance d'une défense européenne plus forte et plus performante et soutient les efforts que déploie l'UE (Union européenne) pour renforcer ses propres capacités et son aptitude à relever les défis de sécurité communs. Les rôles joués par l'OTAN et par l'UE dans le maintien de la sécurité aux niveaux européen et international sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Notre priorité sera donc de faire évoluer les relations OTAN-UE vers un véritable partenariat stratégique."

Cette insistance facilite la tâche de Nicolas Sarkozy, qui doit convaincre que le retour de la France dans la structure militaire intégrée est équilibré par la perspective d'avancées significatives de la défense européenne.

Laurent Zecchini. LE MONDE

LA REPRISE DES TRAVAUX DU CONSEIL OTAN-RUSSIE C'est, selon Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, à l'issue d'une "discussion vigoureuse" avec la Russie, d'un débat "vif et long", selon son homologue français Bernard Kouchner, que l'Alliance atlantique a annoncé, jeudi 5 mars, sa décision de reprendre une relation formelle normale avec Moscou. Le Conseil OTAN-Russie, dont les travaux avaient été suspendus à la suite de la crise géorgienne d'août 2008, devrait se réunir après le sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril, probablement en juin. La Lituanie s'est efforcée de bloquer cette reprise du dialogue, l'estimant prématurée. Elle souhaitait que la décision soit prise début avril.

mercredi 4 mars 2009

Allemagne : les zones de sécurité en question

En Allemagne, les mesures de sécurité prévues lors du sommet de l'OTAN à Baden-Baden et Kehl se heurtent à des critiques. Ainsi, en certaines circonstances, les zones interdites telles qu'elles sont prévues et les règles qui y seront en vigueur réduisent trop fortement la liberté des habitants, a expliqué l'historien du droit Uwe Wesel lors d'un entretien avec la radio SWR. Le fait que des personnes ne puissent quitter leur propriété que sous la protection de la police n'est pas conforme à la constitution, selon le professeur de la Freie Universität de Berlin. Il est ainsi prévu que quelque 700 habitants de Kehl et 240 de Baden-Baden ne sortent de chez eux qu'accompagnés de policiers les 3 et 4 avril. « Les moyens mis en oeuvre sont démesurés par rapport aux fins », a déclaré M. Wesel. Si elle était déposée, une requête en référé contre de telles mesures pourrait avoir des chances d'être reçue devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe, selon lui. Le professeur considère par ailleurs qu'il est « irresponsable » d'organiser de tels sommet dans des villes plus petites comme Strasbourg, Kehl ou Baden-Baden. « Les perturbations sont tellement importantes pour les citoyens, ainsi que les restrictions de libertés comme justement à Kehl », a-t-il estimé.

DNA. Édition du Mer 4 mars 2009

Atteintes aux libertés ?

Les mesures imposées aux Strasbourgeois résidant ou travaillant dans les zones rouges ne vont-elles pas un peu trop loin en terme de respect des libertés individuelles ?
- Leur légalité ne me semble pas évidente au regard des textes qui garantissent les libertés individuelles, soit la Convention européenne des droits de l'homme, la Constitution française et la loi. La liberté d'aller et venir est notamment garantie par une règle de valeur constitutionnelle, posée par une jurisprudence de 1980. Si on ajoute le fait qu'apparemment, les personnes sans badge ne seraient pas admises à rentrer chez elles, c'est clairement illégal. La liberté de domicile s'impose à l'autorité administrative sous une seule réserve qui tient aux nécessités du maintien de l'ordre public. On peut concevoir qu'à proximité d'une zone où règne un danger pour le public, on se fasse contrôler, mais de là à y restreindre l'accès et imposer qui peut y entrer ou non, c'est abusif. D'autant plus que la s! ituation est créée par l'autorité puisque c'est elle-même qui a décidé de tenir le sommet à Strasbourg.

Un recours en justice peut-il être envisagé ?
- N'importe quel Strasbourgeois intéressé, c'est-à-dire touché par les mesures, est fondé à attaquer la décision devant le juge administratif. Mais la solution pour le juge n'a rien d'évident. De même, les mesures préventives comme par exemple l'obligation du badge, qui, j'imagine, ont été prises par le préfet ainsi que les mesures individuelles d'application qui seront prises lors du sommet, par exemple l'accès restreint aux commerces et aux entreprises, sont susceptibles d'être attaquées. Mais je doute que quelqu'un aille jusque-là. On vit du reste déjà en France avec pas mal de mesures restrictives des libertés, telles les différents fichiers, la vidéosurveillance, etc.

Y a-t-il des précédents en la matière ?
- Il faut remonter à l'arrêt « Dames Doll et Laurent ». C'est un grand arrêt de la jurisprudence administ! rative pris par le Conseil d'Etat en 1919. Il a fixé des limites à l'action des pouvoirs publics en matière de restriction des libertés en définissant ce qu'on appelle depuis la « théorie des circonstances exceptionnelles ». Dans le cas du sommet de l'OTAN à Strasbourg, on peut se demander si elle s'applique, sachant que la situation est créée par l'autorité administrative. Tout se passe ici comme si un monarque, n'écoutant que son bon vouloir, avait décidé d'imposer un régime d'exception temporaire à Strasbourg. Le préfet est-il en droit de refuser aux organisateurs du contre-sommet de manifester au centre-ville ? - La Constitution et l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'homme garantissent la liberté de manifester pacifiquement. Ce qui est le cas puisque le préfet n'a pas interdit la manifestation. Toutefois, si on craint des débordements, on peut encadrer cette liberté en vertu d'un décret-loi de 1935. Or l'expérience montre qu'à l'occasion de ce ! genre de sommet, des risques réels existent. Le préfet est donc fondé à interdire le centre-ville et à demander aux organisateurs que la manifestation passe là où elle présente le moins de risques de troubler l'ordre public.

Comme Strasbourgeois, que vous inspire ce déploiement de contraintes ?
- Il apparaît disproportionné par rapport à un profit touristique qui reste, selon moi, imaginaire. La liberté des gens semble être le cadet des soucis des autorités. On assiste à une sorte d'exacerbation du tout-sécuritaire qui me semble dangereuse pour la démocratie. Je suis choqué que l'on ait décidé d'organiser ce sommet à Strasbourg et qu'on découvre après coup les problèmes que cela soulève. Car la ville n'est pas équipée pour assurer la sécurité de ce genre de rencontre. Le camp militaire de Mutzig aurait été plus indiqué. On fait souvent le parallèle avec la visite du pape en 1988. Bien que sa vie fût alors menacée, je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu des mesures pareill! es imposées aux Strasbourgeois.

Xavier Thiery

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 4.3.2009

dimanche 1 mars 2009

La force d’attraction otanienne

À son soixantième anniversaire, on aurait pu croire l’OTAN parvenue à l’âge de la retraite, d’autant que les causes qui l’ont fait naître ont disparu avec la fin de l’ordre mondial de la guerre froide. Loin de là, elle va fêter cet anniversaire au mois d’avril prochain en manifestant une nouvelle jeunesse et en tentant de démontrer son caractère indispensable. À Strasbourg, où se dérouleront les cérémonies, la France saisira sans doute cette occasion pour annoncer son retour dans les structures militaires de l’organisation de sécurité occidentale.

Cette réintégration, plus de quarante ans après la prise de distance par le général de Gaulle, avec un système que le président français jugeait alors monovalent et exclusif, s’inscrit dans une logique qui est d’abord celle de l’évolution de notre appareil de défense, dans la continuité du livre blanc de 2008 : elle formalise le passage d’un système de défense nationale à une contribution dans un système de sécurité internationale.

Ce faisant, la réintégration de la France dans l’OTAN révèle les difficultés de notre République à maintenir un appareil de défense autonome. Faute de ressources budgétaires suffisantes, la dégradation du système de forces était apparente et le seuil au-dessous duquel un tel système n’est plus viable était en passe d’être atteint. Rejoindre les rangs otaniens est ainsi un double aveu : de faiblesse concernant les capacités nationales à demeurer autonomes, d’impuissance s’agissant des perspectives d’une future défense européenne. La pression exercée depuis des années par les Anglo-Américains a fini par avoir raison à la fois de la résistance française et des projets européens en la matière. Il faut ajouter à cela que l’industrie française d’armement - quatrième du monde - ne doit pas être mécontente de ce rapprochement qui, dans ces temps difficiles de crise, va lui ouvrir le plus grand marché d’armement du monde. Enfin, argument non négligeable, ce geste politique permet de se mettre en accord avec les réalités opérationnelles, la France participant au premier rang aux engagements de l’OTAN, dans les Balkans comme en Afghanistan.

Cela dit, et pour logique qu’elle puisse paraître, cette démarche pose en réalité plus de questions qu’elle n’en résout. On pourrait s’attarder pour les discuter sur certains des attendus de ce constat, notamment sur la validité de la stratégie adoptée dans le conflit en Afghanistan, mais il semble bien que l’essentiel du débat se situe à un autre niveau, celui des équilibres stratégiques du monde de demain. La réintégration de la France dans l’OTAN ne va-t-elle pas à contre-courant de l’histoire ? Au moment où une crise sans précédent dans les temps modernes nous incite à tourner la page d’un monde révolu, est-il opportun d’en ranimer les symboles ? On sait bien que la crise n’est pas seulement financière et économique, qu’elle est le symptôme d’un changement d’époque, dû en grande partie au bouleversement que provoque l’émergence de nouveaux acteurs non occidentaux, asiatiques en particulier. La redistribution en cours des cartes stratégiques devrait faire réfléchir à la nécessité de composer les futurs équilibres du monde, et donc de nouveaux ensembles.

L’OTAN, dans sa définition initiale il y a soixante ans, cristallisait autour des États-Unis la volonté de constituer un « camp occidental » - celui des démocraties libérales - par opposition au « camp oriental », représenté par l’Union soviétique et ses satellites communistes. Ce bipolarisme, dans lequel le général de Gaulle refusait de se laisser entraîner, n’a plus lieu d’être, la guerre froide est achevée depuis vingt ans. Un renouveau de l’OTAN - qui serait alors pour la France une raison majeure de réintégration - ne pourrait se trouver justifié que par l’apparition d’un adversaire idéologique et/ou économique d’une telle puissance, et donc d’une telle menace, qu’il nécessiterait que se reconstitue face à lui un « camp occidental ».

La question de l’islamisme radical ne peut être écartée d’un revers de main, mais il paraît toutefois assez clair que c’est du côté asiatique que doivent se tourner nos regards stratégiques. En effet, quelles que soient par ailleurs ses difficultés intérieures, la Chine possède les atouts pour sortir gagnante de cette crise et se poser dans les années à venir comme le seul rival sérieux du leadership exercé par les États-Unis sur le monde. On peut déjà mesurer, derrière les discours de connivence et l’entrelacs économique dans lequel les deux partenaires se sont mutuellement piégés, à quel point les systèmes politiques et idéologiques chinois et américain sont naturellement incompatibles et résolument antagonistes. Si on peut entrevoir une menace probable sur la paix du monde à un horizon d’une vingtaine d’années, c’est bien de la rivalité sino-américaine qu’elle doit provenir. Dans cette hypothèse, l’Amérique a tout intérêt à compter ses alliés et à rassembler son camp. La pression exercée sur les pays européens, la gesticulation entreprise contre la Russie et l’Iran avec les projets de défense antimissile ne sont compréhensibles que dans la perspective de la préparation d’un conflit contre la Chine.

Est-ce l’intérêt de la France, est-ce l’intérêt des Européens de se laisser embringuer dans ce qui serait une folle entreprise ? La question mérite au moins d’être posée. Sommes-nous destinés à rendre crédible un choc entre un soi-disant Occident et la future nouvelle puissance chinoise ? Aurions-nous raison de nous trouver par principe et systématiquement du côté d’un Occident qui ne représente plus la civilisation européenne mais pour l’essentiel la vision du monde et les seuls intérêts de la puissance dominante ? Ne devrions-nous pas, au contraire, prendre ou maintenir nos distances avec un système qui, loin d’assurer la sécurité, tend sur un mode archaïque à diviser le monde en camps irréductibles et opposés, préparant ainsi les guerres de demain ? L’Europe, et la défense européenne que nous ne parvenons plus à faire avancer dans cette voie, devrait avoir pour vocation de se constituer comme un pôle d’équilibre entre les deux grands du XXIe siècle - le troisième pied du tabouret -, et non comme vassal de l’un des protagonistes.

Nous sommes entrés en 2008 dans la pire crise des temps modernes. Le monde entier s’accorde à dire que, de cette crise globale, aucun pays ne se sortira seul, que nous sommes condamnés à être solidaires et à payer ainsi le prix de la mondialisation. Est-ce que rentrer dans une alliance partisane, porte-drapeau du camp occidental dont la doctrine est sinon en faillite, du moins subit un grave revers, est compatible avec cette nécessité de la solidarité mondiale ? Sachant en outre que ce sont les leaders de ce camp - Américains et Anglais - qui se sont fourvoyés dans des guerres impossibles en Asie du Sud-Ouest et qui ont été les provocateurs de la débâcle financière qui risque de conduire l’humanité aux abîmes. La crise est certes une opportunité pour faire avancer l’histoire, mais en l’occurrence et s’agissant de l’OTAN elle devrait être aussi une occasion de réfléchir à la redistribution inéluctable des cartes stratégiques.

ÉRIC DE LA MAISONNEUVE Général de division (2 s). Fondateur et président de l’Association de recherche et de réflexion stratégique (www.societe-de-strategie.asso.fr). Créateur (1999) et directeur de la revue Agir, revue générale de stratégie.

L'Humanité

vendredi 27 février 2009

Etats-Unis, Israël: Etats civilisés ou voyous?

Paix et Justice au Moyen-Orient STRASBOURG, le 1er mars 2009 cpjmo@yahoo.fr http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

En Occident et dans certains pays du monde, personne, ou presque, ne doute du «caractère civilisé» des Etats américain et israélien, qui se font passer pour respectueux des lois internationales et des «droits de l’homme». Qu’en est-il vraiment?

Pour le «Petit Robert», Etat voyou désigne un Etat «qui ne respecte pas les règles du droit international et fait peser une menace sur la sécurité collective». Les Etats-Unis et Israël respectent-ils le «droit international» et ne représentent-ils pas de «menace sur la sécurité» des pays?

En juin 2007, la CIA a déclassifié un dossier de 693 pages, baptisé «bijoux de famille»(1). Le dossier révèle des pratiques de la diplomatie américaine, contraires à celles d’un État civilisé: complots d’assassinat de dirigeants étrangers, kidnapping et journalistes sur écoute, forment l’essentiel du dossier. Le dossier parle des «activités illégales» de la CIA qui a «comploté en vue de l’assassinat de dirigeants étrangers, y compris Castro, Lumumba et Trujillo». Ces pratiques dignes d’un État voyou appartiennent-elles à une époque révolue?

L’étude de la période sombre de l’administration Bush (2001-2009) montre que l’Etat américain n’a pas abandonné les pratiques décrites dans le dossier. Prenons l’exemple de l’invasion illégitime de l’Irak, invasion basée sur un mensonge savamment orchestré par les américano-britanniques. Le mensonge consistait à persuader la «communauté internationale» que le régime de Saddam Hussein possédait des «armes de destruction massive». Après l’invasion illégale de l’Irak, aucune arme de «destruction massive» n’a été trouvée. Saddam Hussein a été pendu et plus de cent mille Irakiens ont perdu la vie lors des bombardements aveugles et aussi des mauvaises conditions de vie concomitantes à un pays en situation de guerre. Des millions d’Irakiens se sont réfugiés dans les pays voisins et des dissensions ethniques et religieuses ont réapparu, portant atteinte à l’unité nationale. L’administration Bush a rejeté la responsabilité de l’invasion sur la CIA, sous prétexte que l’agence de renseignement se serait mal renseignée.

Qu’auraient fait les États-Unis s’ils avaient vraiment su qu’il n’y avait pas d’«armes de destruction massive» en Irak ? Dick Cheney, vice-président de Bush, est clair: l’administration Bush aurait «attaqué l’Irak même si la CIA lui avait indiqué que Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destruction massive»(2). CQFD.

L’invasion de l’Irak qui a commencé par un mensonge, se poursuit même si les masques sont tombés. Dans quelle catégorie faut-il classer les Etats-Unis, auteur de l’invasion préméditée d’un pays souverain, membre des Nations unies? Pays civilisé, respectueux des lois internationales, ou voyou?

Que pense Janis Karpinski, la première femme générale américaine, qui dirigeait les prisons irakiennes d’Abou Ghraib, de la nature de l’Etat américain? «Nous justifions tous les dictateurs qui emprisonnent et torturent au nom de la sécurité nationale. Nous bafouons toutes nos valeurs»(3). Merci ma Générale!

L’aveu de Dick Cheney et les confidences de Janis Karpinski suffisent à montrer que, même maintenant, les Etats-Unis, au nom de leur «sécurité nationale», ne respectent pas le «droit international», agressent des pays souverains, n’hésitent pas à soutenir des régimes dictatoriaux et à bafouer les valeurs humaines, au nom desquelles, les Etats-Unis ont mis le Moyen-Orient à feu et à sang.

Le changement d’administration à Washington a-t-il modifié le comportement des Etats-Unis? Le nouveau président, Barak Obama a promis d’en finir avec les pratiques de l’ère Bush, en mettant un terme aux pratiques illégales de la CIA. Leon Panetta, son nouveau patron a dit vouloir interdire la pratique du waterboarding (simulacre de noyade) «qui est de la torture»(4). En abandonnant les pratiques de l’ère Bush, la nouvelle administration reconnaît tacitement le caractère criminel de l’ancienne administration.

Pourtant, la nouvelle administration refuse de modifier le régime juridique des détenus de la prison de la base américaine de Bagram en Afghanistan. Selon Angela Birt, une militaire américaine, «Bagram, c’est le pire de ce que j’ai vu… »(7). La déception est grande chez les défenseurs des droits humains. Une dérive de l’administration Obama qui n’étonne pas les anticolonialistes. La politique de Washington étant dictée par les complexes militaro-industriels et les milieux financiers.

Faut-il rappeler que l’armée américaine dispose d’une centaine de bases militaires, au Moyen-Orient et en Asie centrale Objectifs: assurer l’hégémonie planétaire des Etats-Unis, en dominant les voies aériennes, terrestres et maritimes de la vaste région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, nœud stratégique de communication. Seuls ses intérêts stratégiques dictent le comportement «humanitaire» des Etats-Unis: si «on» ferme Guantanamo, «on» conserve Bagram. «Sécurité intérieure» américaine oblige. A bon entendeur, salut!

Quant à Israël, depuis sa création, il y a soixante ans, ce pays n’a jamais respecté aucune des résolutions des Nations unies. En 2006, Human Rights Watch a accusé Israël de «crimes de guerre» au Liban(8). L’enquête est en cours pour déterminer l’étendue des crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Israël est une menace permanente pour ses voisins du Moyen-Orient dont les territoires sont occupés par l’armée israélienne. Alors, Israël, Etat civilisé ou voyou?

Il n’est un secret pour personne que les colonialistes ont leurs «intellectuels», économistes ou géopoliticiens, qui ont accès aux médias et peuvent écrire des articles d’«analyse» pour vous convaincre du bien fondé des «valeurs» défendues par l’oncle Sam dans le monde. Jean-Michel Bezat en est un. Dans Le Monde du 24/02/09, il demande, ni plus, ni moins, aux «pétro-autocrates» Iraniens, Vénézuéliens et Russes d’oublier «leur vieille hostilité envers le camp occidental». Merci pour le conseil !

Que dirait monsieur J-M. Bezat si la France était encerclée par une centaine de bases militaires iraniennes et que ses navires de guerre, équipés de têtes nucléaires, mouillaient au large des côtes françaises? Allons.

L’Occident colonialiste ne comprend qu’un seul langage, celui des rapports de force. Depuis 2006, ceux-ci sont en train de changer en faveur des forces anticolonialistes.

(1) Le Monde du 24-25/06/07 (2) LM du 26/12/08 (3) Le Monde 2 du 19/01/08. (4) LM du 07/02/09. (5) LM du 09/02/05. (6) LM du 14/02/09. (7) LM du 24/02/09. (8) LM du 08/09/07.

dimanche 22 février 2009

Non à l'OTAN et à une plus grande militarisation de l'UE

Pendant le débat de cet après-midi sur la stratégie de sécurité de l'Union européenne, y compris sur un rapport demandant une coopération renforcée entre l'UE et l'OTAN au Parlement européen, le député allemand du GUE/NGL Tobias Pflüger a rejeté les appels dans ces rapports pour que l'UE devienne une superpuissance militaire et pour l'établissement d'une force armée intégrée de l'UE. "Mon groupe considère cette approche comme erronée," a-t-il dit.

L'"OTAN n'est pas une alliance pacifique - elle a mené la guerre en Yougoslavie dans le passé et fait maintenant la même chose en Afghanistan." Appeler l'OTAN un "pilier de paix et de sécurité européennes est absurde," a-t-il ajouté. "L'OTAN est une des menaces les plus sérieuses pour la paix et la sécurité dans le monde. C'est contraire à l'objectif de résoudre des conflits paisiblement et donc elle doit être supprimée dès que possible. Mon groupe est favorable à une UE civile et non militaire et a présenté une opinion minoritaire dans laquelle nous rejetons toute autre militarisation de l'UE, " a conclu le député Pflüger.

En tant qu'ancien cosmonaute, le député tchèque du GUE/NGL Vladimír Remek a déclaré qu'il avait prévu de parler contre la militarisation de l'espace pendant ce débat. Néanmoins, étant donné que la nécessité d'améliorer la politique de sécurité de l'UE dans les "intérêts des citoyens de l'UE" était soulignée dans les rapports examinés, il demande pourquoi les points de vue de ces citoyens n'étaient pas pris en considération, par exemple, dans les préparations en cours de l'installation des bases antimissiles américaines dans la République tchèque et en Pologne ?

Environ 70% des citoyens dans son pays ne sont pas d'accord avec l'installation de ces bases militaires sur leur sol mais les plans avancent malgré tout. Le député Remek critique le fait que l'UE n'ait pas exprimé son appui officiel aux intérêts de ces citoyens. "A mon avis," dit-il, "il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans l'UE si les vues démocratiques du public ne sont pas prises en considération. Il ne faut pas s'étonner que les citoyens s'écartent de l'UE et de la politique ou ne s'identifient même pas avec elles, " a-t-il conclu.

"Le rapport sur le rôle de l'OTAN dans l'UE a été l'excuse pour soulever des questions sur la participation de Chypre dans le programme Partenariat pour la paix," a déclaré le député chypriote du GUE/NGL Adamos Adamou. "Le respect pour la position de la République de Chypre est essentiel et l'ingérence dans les affaires intérieures d'un État membre souverain concernant une adhésion non exigée par tout traité n'est pas acceptable."

"La démilitarisation complète et absolue de notre pays qui est occupé par la Turquie et la sauvegarde de la viabilité d'une solution future doit être l'objectif unique de tous," a continué le député Adamou. "Nous vous invitons à réaffirmer que le principe du respect des droits souverains des États membres est inviolable, indépendamment de votre vue d'ensemble sur le partenariat ou sur l'OTAN, qui reste une organisation militaire agressive. Notre choix est pour la démilitarisation et l'adhérence aux principes de droit international," a-t-il conclu.

"Les relations internationales au Portugal sont régies par les principes d'indépendance nationale, le respect des droits de l'homme, les droits des nations, l'égalité entre les états, les règlements pacifiques aux conflits internationaux, la non interférence dans les sujets internes d'autres états et la coopération avec tous les autres peuples pour l'émancipation et les progrès de l'humanité", a déclaré Pedro Guerreiro (GUE/NGL, Portugal).

Néanmoins, il a dit qu'il est de plus en plus évident que l'Union européenne est en contradiction profonde avec ces principes. "Cela sera encore pire si elle devient "le pilier européen" de l'OTAN, dans le partenariat avec les États-Unis, afin de mieux promouvoir la militarisation des relations internationales, la course aux armements et l'agression supplémentaire dans le but d'assurer le partage des marchés et des ressources naturelles entre les superpuissances."

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