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dimanche 8 mars 2009

L'OTAN veut une "coopération forte" avec Moscou

En intervenant pour la première fois, jeudi 5 mars, devant ses homologues de l'Alliance atlantique, Hillary Clinton savait que la reprise des relations de l'OTAN avec la Russie passe mal auprès de plusieurs pays d'Europe de l'Est, notamment les Baltes et la République tchèque. la secrétaire d'Etat américaine a donc insisté sur le seul argument de nature à apaiser leurs inquiétudes : la réaffirmation du mécanisme de la défense collective de l'Alliance (article 5 du traité de Washington). Avec la Russie, a-t-elle insisté, "il est temps d'explorer un nouveau départ".

Cette double insistance est au coeur du projet de "Déclaration sur la sécurité de l'Alliance" que les chefs d'Etat de l'OTAN adopteront lors de leur sommet de Strasbourg et Kehl (Allemagne), les 3 et 4 avril, lequel marquera le 60e anniversaire de l'organisation atlantique. Ce texte, présenté par Jaap De Hoop Scheffer, secrétaire général de l'OTAN, dont Le Monde a obtenu une copie, servira de base à l'élaboration du nouveau "concept stratégique", qui est au fond la justification de l'existence de l'Alliance, de ses missions, de sa zone d'influence et de ses partenariats. Une fois finalisé, ce document sera adopté plus tard, probablement lors du sommet de Lisbonne, fin 2010.

C'est donc un long processus politique qui s'amorce, dont l'enjeu est de remplacer le concept stratégique de 1999, encore très marqué par la guerre froide. Le texte dont les ministres ont débattu mercredi, porte déjà l'empreinte des priorités de la nouvelle administration Obama, et tranche parfois nettement avec la vision de celle de George Bush.

Il souligne ainsi la nécessité d'"une relation de coopération forte entre l'OTAN et la Russie", qui doivent "renforcer leur aptitude à travailler ensemble en tant que partenaires dans des domaines d'intérêt commun". Nous attachons "une grande importance au Conseil OTAN-Russie", soulignent les chefs d'Etat. "Nous invitons la Russie à exploiter pleinement ce cadre pour traiter de ses initiatives sécuritaires et nous affirmons notre intérêt particulier de voir la Russie s'engager pour assurer l'avenir du régime international de maîtrise des armements", ajoutent-ils.

Pour autant, il n'est pas question d'accorder à la Russie un quelconque droit de veto à l'adhésion de nouveaux pays à l'Alliance, comme l'ont craint les pays d'Europe de l'Est. "La porte de l'OTAN restera ouverte à toutes les démocraties européennes désireuses et capables d'assumer les responsabilités et les obligations liées au statut de membre. Personne à l'extérieur de l'Alliance n'aura un quelconque droit de veto sur ce processus", est-il souligné. Ce rappel va dans le sens de ce que souhaitent l'Ukraine et la Géorgie, dont l'enthousiasme à rejoindre l'OTAN a été quelque peu douché par la prudence de pays tels que la France et l'Allemagne, soucieux de préserver leurs relations avec Moscou. Quant aux Baltes, ils seront rassurés par l'"engagement immuable (des chefs d'Etat) à l'égard de la défense collective", laquelle permet à chaque allié de bénéficier d'"une solidarité qui est indivisible".

En réaffirmant la pérennité des principes, "des valeurs, des objectifs et des obligations" qui fondent l'OTAN, les vingt-six en profitent pour souligner que celle-ci a été créée "pour relever tous les défis, sans exception, qui pèsent sur notre sécurité", une manière de répliquer à ceux pour qui l'Alliance atlantique, organisation de la guerre froide, n'a plus de raison d'être.

De même, le débat récurrent sur les limites de sa zone géographique est tranché : l'organisation doit faire face aux nouveaux défis, "notamment le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, la sécurité énergétique et les cyberattaques, ainsi que l'instabilité et les menaces émanant des Etats faillis, en dehors de la zone géographique couverte par le traité".

Pour équilibrer cette vocation à intervenir tous azimuts, le projet insiste sur une approche multilatérale, laquelle est privilégiée par les Européens et, apparemment, par l'administration Obama. L'OTAN, est-il souligné, est "un élément seulement d'un réseau d'acteurs de la sécurité". Ainsi, elle "continuera d'agir dans l'intérêt et en vertu du mandat des Nations unies" et les chefs d'Etat s'engagent à oeuvrer sur la base de la déclaration commune ONU-OTAN signée en septembre 2008.

Le projet rencontre les souhaits des Européens s'agissant de la défense européenne, et tout indique qu'il tient compte en particulier de la perspective du retour de la France dans la structure militaire intégrée de l'Alliance, qui doit être entériné lors du sommet de Strasbourg.

"L'OTAN, est-il indiqué, reconnaît également l'importance d'une défense européenne plus forte et plus performante et soutient les efforts que déploie l'UE (Union européenne) pour renforcer ses propres capacités et son aptitude à relever les défis de sécurité communs. Les rôles joués par l'OTAN et par l'UE dans le maintien de la sécurité aux niveaux européen et international sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Notre priorité sera donc de faire évoluer les relations OTAN-UE vers un véritable partenariat stratégique."

Cette insistance facilite la tâche de Nicolas Sarkozy, qui doit convaincre que le retour de la France dans la structure militaire intégrée est équilibré par la perspective d'avancées significatives de la défense européenne.

Laurent Zecchini. LE MONDE

LA REPRISE DES TRAVAUX DU CONSEIL OTAN-RUSSIE C'est, selon Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, à l'issue d'une "discussion vigoureuse" avec la Russie, d'un débat "vif et long", selon son homologue français Bernard Kouchner, que l'Alliance atlantique a annoncé, jeudi 5 mars, sa décision de reprendre une relation formelle normale avec Moscou. Le Conseil OTAN-Russie, dont les travaux avaient été suspendus à la suite de la crise géorgienne d'août 2008, devrait se réunir après le sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril, probablement en juin. La Lituanie s'est efforcée de bloquer cette reprise du dialogue, l'estimant prématurée. Elle souhaitait que la décision soit prise début avril.

vendredi 20 février 2009

Deux jours pénibles

Le sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril entravera considérablement les déplacements des habitants de la région de Strasbourg et Kehl. Avec au menu : la navigation fluviale interdite, la circulation ferroviaire partiellement interrompue, des autoroutes ponctuellement fermées, un contre-sommet, une manifestation « hostile », et la liste n'est pas exhaustive.

Sur l'eau : Les décisions ne sont pas définitives. La navigation serait totalement coupée sur le Rhin à partir de 6h le samedi entre les écluses de Gambsheim et de Strasbourg. Une coupure, à cause d'un point de programme prévu au jardin des Deux-Rives. Sa durée dépendra du parcours et/ou de la progression du cortège anti-OTAN, afin d'éviter de faire passer sous le pont de l'Europe des bateaux transportant des matières dangereuses alors que des manifestants s'y trouvent. Une trentaine de bateaux pourraient être concernés par cette coupure dans la journée. Les terminaux Nord et Sud du port de Strasbourg pourraient être fermés dès le vendredi soir. Sur la route : Stationnement et circulation seront interdits dans la ou les zones rouges à Strasbourg les 3 et 4 avril. Les axes routiers (dont l'autoroute) qui relient les différents sites du sommet seront ponctuellement fermés pour permettre le passage des délégations. Ainsi, les accès au pont de l'Europe risquent d'être compliqués le samedi matin, le programme prévoyant pour l'heure une photo officielle sur la passerelle des Deux-Rives. Le même principe prévaut outre-Rhin, avec une difficulté supplémentaire due à la configuration de l'événement : les délégations arrivant aux aéroports de Baden-Baden ou Lahr, le sommet se déroulant à Baden-Baden et Kehl, la circulation risque d'être difficile les 3 et 4 avril dans toute la région. Le vendredi soir marque également le début des vacances de Pâques dans dix Länder allemands. Plusieurs dizaines d'hélicoptères Dans les airs : A Baden-Baden, les avions doivent décoller normalement. Il est toutefois conseillé aux passagers de prévoir davantage de temps que d'habitude pour se rendre à l'aéroport. Même chose pour les autres aéroports de la région, qu'il s'agisse de Strasbourg, Mulhouse-Bâle ou même Colmar. Du côté de l'aviation civile, on indique que le trafic lié au sommet pourra s'intégrer sans perturbation majeure entre les créneaux utilisés par les vols civils. A noter que le ciel de Strasbourg, Kehl et Baden sera sillonné par plusieurs dizaines d'hélicoptères, on parle même de plus de 70 machines, qu'il s'agisse d'hélicoptères chargés de la sécurité ou de ceux réservés au transport des personnalités. Des circuits et des rotations sont en cours d'élaboration. Pour ce qui est d'Air Force One, l'indicatif utilisé pour désigner l'appareil (quel que soit le type) à bord duquel est monté le président des Etats-unis, l'aéroport de destination n'est pas encore connu et n'est peut-être pas encore choisi. Pour l'appareil, il s'agira probablement du Boeing 747 200B utilisé habituellement qui pourrait même en théorie atterrir à Entzheim puisqu'il n'est pas en configuration touristique (sans les 400 sièges et le plein pour un vol long courrier). Son stationnement devrait en outre se faire sur un site sécurisé, peut-être la base de Ramstein voire même Londres. Aucun train de fret Sur les rails : La circulation ferroviaire entre Strasbourg et Kehl sera interrompue samedi 3 avril, de 0 h à 10 h 15, sauf modification d'ici là. Cela se traduira selon la SNCF par la suppression de l'ensemble des TER Strasbourg-Offenbourg et la mise en place d'un « traitement particulier », non encore défini des cinq trains grandes lignes (comme par exemple des bus pour contourner la zone rouge, la suppression pure et simple, détournement). Aucun train fret ne sera autorisé à circuler. Le reste du réseau ferroviaire alsacien ne sera pas touché.

A.G et O.C. DNA.20.02.09

dimanche 15 février 2009

Les anti-Otan exigent le droit de manifester à Strasbourg

Le 15/02/2009 à 18h45 GMT STRASBOURG (Reuters) - Les organisateurs du contre-sommet de l'Otan, qui doit se tenir en même temps que la réunion des 26 dirigeants de l'Alliance Atlantique, les 3 et 4 avril à Strasbourg, vont lancer une campagne internationale pour obtenir le droit de manifester dans la capitale européenne. Tandis que l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, dont on célèbrera le 60e anniversaire, sera hébergée au Palais des congrès et que plusieurs quartiers seront interdits à toute circulation, la préfecture propose aux manifestants de défiler dans la zone portuaire, industrielle et déserte. "Nous exigeons de pouvoir manifester dans Strasbourg, au même niveau de présence que l'Otan", a déclaré dimanche à la presse Frédéric Henry, porte-parole du comité strasbourgeois, au terme d'un week-end qui a réuni les comités anti-Otan. Les membres allemands du comité devraient notamment saisir leurs parlementaires et leur gouvernement, co-organisateur du sommet avec la France, tandis que ceux issus d'autres pays envisagent de manifester devant les ambassades de France. Quelque 450 organisations de 26 pays, dont les Etats-Unis, ont signé "l'appel de Stuttgart" du 5 octobre dernier contre "la politique agressive de l'Otan" et plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues pour le contre-sommet. Les organisateurs, qui assurent vouloir une manifestation non-violente, comprennent d'autant moins l'attitude des autorités qu'on annonce la présence à Strasbourg de plusieurs milliers de policiers. Si la France reste discrète sur les chiffres, on sait que l'Allemagne en mobilisera 12.000. Un accord est en revanche en passe d'être trouvé pour l'emplacement du "village" du contre-sommet, lieu de vie et de débats, qui s'établirait au sud de la ville, près du Rhin. La question de la manifestation a éclipsé les enjeux du contre-sommet dont le mot d'ordre sera "Fermons l'Otan". "L'Otan a toujours été structurellement liée à la défense des intérêts de l'impérialisme américain", a estimé lors d'un débat John Rees, cofondateur de la coalition "Stop the war" née en 2001 au Royaume-Uni contre une riposte militaire des Etats-Unis aux attentats du 11 septembre. Arielle Denis, coprésidente du Mouvement de la paix, s'est attachée de son côté, à préciser les enjeux de ce sommet pour la France qui devrait y officialiser son retour dans le commandement intégré de l'Otan qu'elle avait quitté en 1966. "Est-ce que Sarkozy veut devenir le nouveau bon élève, le nouveau supplétif des Etats-Unis ?" a-t-elle demandé en comparant le président français à Tony Blair. RMC. Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

Sommet de l'Otan début avril: les opposants veulent manifester "dans Strasbourg"

STRASBOURG (AFP) — La coordination internationale contre le sommet de l'Otan, prévu du 3 au 5 avril à Baden-Baden et Strasbourg, a réaffirmé dimanche son exigence d'organiser une "Manifestation de la Paix" dans la capitale alsacienne. "Nous allons lancer une grande campagne pour organiser cette manifestation dans Strasbourg et non, comme les autorités le proposent, au port du Rhin où il n'y a que des oiseaux, des usines et des friches", a expliqué Reiner Braun, responsable du Comité international de coordination. "C'est vexant et inacceptable", a commenté l'activiste allemand, reprenant une formule souvent entendue lors des deux journées de préparation à ce "contre-sommet" de l'Otan, qui ont réuni 500 participants de 18 pays. Il a été convenu dimanche que les 500 collectifs de 23 pays "sensiblisent" leurs dirigeants au droit de manifester le 4 avril "au coeur de la capitale alsacienne", où seront alors réunis une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement parmi lesquels Barack Obama. L'envoi massif de mails ou de cartes postales à des ministres a été évoqué par les anti-militaristes du Land de Bade-Wuerttemberg, tandis qu'un collectif a parlé d'une possible manifestation devant une représentation française en Grèce. "Laissez Strasbourg libre", a martelé Reiner Braun à l'attention des autorités françaises, en affirmant: "nous nous battrons pour la liberté de réunion qui est un droit pour l'Otan mais aussi pour tout un chacun". Le village de la paix, alternatif et autogéré, accueillira plusieurs milliers d'opposants à l'Otan à quelques kilomètres du centre de Strasbourg avec "peut-être 13.000 personnes vendredi soir à la veille de la manif", selon un organisateur. Plusieurs milliers d'Allemands sont attendus et le comité de coordination insiste pour que le pont de l'Europe qui enjambe le Rhin "leur soit ouvert en permanence". Un train aménera des pacifistes de la Ruhr jusqu'en gare de Kehl et des syndicalistes italiens arriveront en avion à Stuttgart. Une délégation américaine de Peace and Justice s'est également annoncée alors que le venue de personnes du Moyen Orient et d'Afghanistan n'a pas été confirmée dimanche. Selon Fréderic Henry, de la coordination strasbourgeoise, un Prix Nobel de la paix devrait prendre la parole lors de l'un des débats prévus. Ont été confirmées dimanche les participations de Noam Chomsky, professeur américain qui fut très engagé contre la guerre au Vietnam et critique envers la politique étrangère de Washington, ainsi que de l'Anglo-Pakistanais Tariq Ali, également critique envers la politique étrangère des Etats-Unis. Le 3 avril en soirée, seront célébrés à Baden-Baden, à 50 km au nord de Kehl, les 60 ans de l'Organisation du Traité Atlantique Nord. Le lendemain, le sommet entrera dans sa phase active au Palais des Congrès de Strasbourg, placé sous très haute surveillance policière.

AFP.15-02-09.

vendredi 13 février 2009

Le contre-sommet se prépare

A Strasbourg, le contre-sommet de l'OTAN s'organise. Entre 200 et 300 organisations sont attendues ce week-end sur le campus de l'Esplanade, afin de « discuter de la préparation des différentes actions contre l'anniversaire des 60 ans de l'OTAN ». Le sommet-anniversaire de l'Alliance atlantique est programmé les 3 et 4 avril prochain à Strasbourg, Baden-Baden et Kehl. C'est au cours de cette conférence que le collectif allemand « Résistance des Deux-Rives » doit décider s'il accepte ou non la deuxième proposition de terrain pour un camp qu'a formulée mercredi la Ville de Kehl. Le terrain de près de 3 hectares se situe entre un site de stockage de déblai et la gare de Kork. Il est ainsi facilement accessible par les transports en commun. La Ville s'occuperait de l'approvisionnement en eau du terrain et érigerait une clôture de chantier pour éviter que les « campeurs » n'aillent sur les voies de chemin de fer, l'installation de l'électricité, de toilettes et de poubelles restant à la charge du collectif. « C'est beaucoup trop cher », dit-on du côté du collectif, qui reproche à la Ville de payer la facture astronomique de l'organisation du sommet sans discuter. Côté français, collectif et coordination anti-OTAN ont à nouveau rencontré les autorités mercredi. Si les « modalités concrètes de mise à disposition » d'un terrain d'une dizaine d'hectares au sud de Strasbourg pour un camp « sont sur le point d'être finalisées », selon la préfecture, la « viabilité du site laisse encore à désirer », selon la coordination, qui salue toutefois la volonté des autorités « d'apporter une aide concrète ». Le village alternatif autogéré, centre du contre-sommet, devrait accueillir entre 5 000 et 7 000 personnes du 1er au 5 avril. Sur le parcours de la manifestation anti-OTAN prévue le 4, préfecture et organisations restent en désaccord. « Toute manifestation sera interdite en centre-ville » lors du sommet, afin de préserver la ville « des violences (...) qui sont systématiquement constatées en marge de ce type de manifestation », selon les autorités. « Il ne s'agit pas d'aller ruiner Strasbourg. L'OTAN ne peut pas se prévaloir d'occuper une ville, si nous ne pouvons pas faire de même », fait valoir la coordination, pour laquelle le projet de parcours de la préfecture constitue « une proposition à l'est ».

A. G. DNA

Session plénière de la conférence internationale anti-OTAN samedi à 13h au Patio, université, rue René-Descartes, Strasbourg. « Stratégie et politique actuelle de l'OTAN », intervenants : John Rees (« Stop the War ») et Arielle Denis (Mouvement pour la Paix). Concerts de soutien « No NATO » samedi à 20h au Molodoï avec « Across the border », « Egopilot »... Entrée : 5€.

jeudi 12 février 2009

Oublions la culture et le sport...

Contrairement aux acteurs économiques, à l'issue de la réunion d'information avec la Ville et la Direction départementale de la sécurité publique, les acteurs des institutions culturelles et sportives savent à quelle sauce ils vont être mangés lors du sommet de l'OTAN... Tout cru ! Dans les zones sécurisées à l'occasion du sommet de l'OTAN les 3 et 4 avril prochains - l'Ile du Wacken, et le secteur cathédrale - une chose à retenir : il ne se passera rien ! Que ce soit au niveau culturel ou sportif. Au moins, une consolation pour les Strasbourgeois : ils pourront se faire une toile ce week-end-là, les cinémas du centre-ville n'étant pas concernés par le périmètre de sécurité...

Matchs de la SIG et RCS reportés

Petit listing de ce qui ne se passera pas à compter du jeudi 2 avril au soir, au moment où les délégations débarqueront à Strasbourg : La SIG a décidé d'avancer son match contre Roanne au 3 ou au 10 mars prochain. Le Racing Club de Strasbourg devrait affronter Ajaccio le lundi 6 avril au lieu du 3 avril initialement prévu. Le Théâtre national de Strasbourg reporte à la saison prochaine les quatre représentations de sa première création qui devaient avoir lieu rue Jacques-Kablé (la deuxième salle de spectacle du TNS). A noter toutefois que le théâtre, place de la République, ne sera pas fermé. Le théâtre du Maillon du Wacken reporte également sa pièce prévue les 31 mars, 1er et 2 avril. Pour l'Opéra du Rhin, aucune solution alternative n'a été trouvée pour son spectacle initialement programmé jeudi et samedi soirs, l'orchestre de Fribourg n'étant pas disponible le mercredi soir. Son directeur, Nicolas Snowman, envisage de déplacer le spectacle à Nancy. Le premier adjoint au maire, Robert Herrmann, lui a en outre conseillé d'envoyer un courrier au préfet pour une demande d'indemnisation de cas de force majeure. « Le samedi soir, les délégations étant parties, nous pourrions vous autoriser de donner le spectacle, mais avec ce risque de l'annuler au dernier moment, si les anti-OTAN se manifestent au centre-ville, ce qui risque fort d'arriver », souligne Luc Mazoyer, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). A l'initiative des organisateurs, le Festival du rire sera reporté. Le musée de l'Oeuvre Notre-Dame, le musée historique, le palais Rohan, seront fermés au public. Les touristes devraient d'ailleurs rester chez eux, la cathédrale étant également interdite d'accès dès le jeudi, voire avant...

Liste des infrastructures fermées

Au niveau des infrastructures sportives, seront fermées dès le jeudi soir : le boulodrome, le centre équestre et le club de Pétanque du Port-du-Rhin. Toute activité sera également stoppée chez Graine de cirque dès le 2 avril... Reste à régler la question des personnes vivant sur place et le problème du démontage du chapiteau. Dans le secteur de l'Ile du Wacken seront fermés : le gymnase Conseil des Quinze, le SNS Club nautique de Strasbourg, le gymnase Branly, le stade du Canal, la base nautique Eaux vives, le stade de l'Ill, les gymnases Jeanne d'Arc et Menora, le Tennis Notre-Dame, le Rhenus sport, le club de pétanque la Strasbourgeoise, le gymnase Tivoli, la piscine et le tennis du Wacken, le Quillier Wacken. Par ailleurs seront fermés le tennis universitaire et le stade universitaire de la rue Fritz-Kieffer, mais aussi La Strasbourgeoise de la rue Jacques-Kablé. Pour des questions de bon sens, la Ville et la DDSP rappellent par ailleurs que même badgés, dans les secteurs sécurisés, on risque fort d'avoir des difficultés à circuler. Le stationnement y sera interdit. Et puis il ne faut pas oublier les allées-venues des délégations qui entraîneront forcément des perturbations.

Barbara Romero. DNA. 12.02.09

OTAN: le PS demande à Sarkozy un débat parlementaire avant avril

PARIS (AFP) — Le Bureau national du Parti socialiste a demandé mardi au président Nicolas Sarkozy de revenir sur sa "décision unilatérale" d'un retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN et l'organisation un débat parlementaire suivi d'un vote avant avril. "Devant la gravité de cette décision pour notre pays qui remet en cause la position défendue depuis 1966", le PS demande à M. Sarkozy de "revenir sur sa décision unilatérale", et juge qu'un débat parlementaire sur ces questions "suivi d'un vote", "s'impose avant le début du mois d'avril". Dans un communiqué à l'issue de son Bureau national, le PS a rappelle "son attachement prioritaire à la construction d'une politique européenne de sécurité et de défense disposant d'une réelle autonomie et conforme à ses valeurs". Pour le PS, la France "a préservé depuis quarante ans une position particulière sur la scène internationale, alliée des Etats-Unis mais pas alignée, lui conférant un rôle singulier dans le dialogue multilatéral et la préservation de la paix". "Rien ne justifie à nos yeux une telle décision (...), prise sans débat, alors qu'elle ébranle les fondements de la politique étrangère française", estime le PS. Pour les socialistes, "aucune explication recevable n'est apportée sur l'intérêt pour la France de ce retour" et les "conditions et contreparties de cette réintégration ne sont pas plus connues". "Ce retour, selon le PS, s'effectue dans un contexte où soixante ans après sa création, les objectifs et le mode de gouvernance de l'OTAN méritent d'être clarifiés ainsi que son champ géographique et la nature de ses actions qui ont été étendues". Cette décision, "ne s'accompagne d'aucune avancée de l'Europe de la Défense, pourtant annoncée comme priorité de la présidence française de l'Union européenne", selon le PS.

AFP. 10.02.09

samedi 7 février 2009

La sécurité abandonnée à l’axe atlantique

Défense . Avant la conférence militaro-stratégique de Munich, les préparatifs du retour de la France dans le giron de l’OTAN s’accélèrent en conformité avec les efforts de Washington.

À la veille de la réunion annuelle de Munich consacrée à la « sécurité » du monde occidental et alors qu’un sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN doit se tenir les 3 et 4 avril 2009, à Baden-Baden et Kehl, en Allemagne, et à Strasbourg, en France, les préparatifs de la réintégration complète de la France dans le giron de l’OTAN s’accélèrent. Ce prochain sommet de l’OTAN atteint déjà un summum de déni de démocratie : au moins 40 000 policiers et militaires seront disposés pour empêcher toute intervention des opinions publiques pacifistes (1). Nicolas Sarkozy et la chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela Merkel, seront les hôtes des réunions. Ce sera, espère le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, l’occasion d’annoncer « la décision de la France de reprendre toute sa place au sein de l’OTAN ». Il a indiqué que ce sommet publiera une déclaration « qui réaffirmera l’objectif immuable de l’OTAN et fixera des orientations pour les nouvelles missions et les nouvelles tâches de l’alliance ».

Dans une lettre adressée le 20 janvier dernier aux « membres du Conseil de l’OTAN », le nouveau président des États-Unis, Barack Obama, affirmait : « Nos nations partagent plus qu’un attachement à leur sécurité commune : elles partagent aussi un ensemble de valeurs démocratiques. C’est pourquoi le lien qui nous unit ne peut être rompu et c’est aussi pourquoi l’OTAN est une alliance unique en son genre dans l’histoire. »

Fin de « l’autonomie européenne »

Et, fait nouveau, en rupture avec la doctrine univoque de Bush, il s’agit de « respecter la contribution de chaque État ». Le nouveau président états-unien confirme ainsi sa démarche destinée à restaurer le « leadership » US (« changer l’Amérique pour changer le monde », avait-il dit) par le « partenariat » avec ses alliés. Il rend ainsi obsolète la fausse rivalité entre Paris et Washington au sujet de l’existence ou du refus d’un « pilier européen » de l’OTAN. On annonce d’ailleurs que pour récompenser Paris deux places seraient réservées à des officiers généraux français dans le commandement suprême de l’alliance.

Saluant à leur manière cette fin de la fiction chiraquienne de l’autonomie européenne - et en harmonie avec les préconisations du traité de Lisbonne -, la chancelière allemande Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont cosigné dans le Monde daté du 5 février un texte affirmant que « face aux incertitudes du monde, une politique concertée est indispensable », afin de « faire de la construction européenne et du partenariat atlantique les deux faces d’une même politique de sécurité ».

Gendarmerie centrale sous contrôle us

Concrètement, cela se traduira, dans l’immédiat, par la présence permanente sur notre sol d’une unité de la Bundeswehr. Dans un même mouvement, il s’agit pour Sarkozy de parachever l’abandon de notre souveraineté en matière de défense nationale, pour l’intégrer - via l’OTAN - dans les choix stratégiques des États-Unis. On comprend désormais pourquoi on a décidé de réduire massivement les effectifs de l’armée française. Il s’agissait en réalité de mettre fin à ce qui en était le rôle essentiel, la défense territoriale, au profit de l’intégration dans le dispositif stratégique planétaire de « projection » de l’OTAN.

Pour les deux dirigeants, le « partenariat transatlantique de sécurité et de défense » doit être renforcé dans « un contexte d’insécurité » qui « se développe ». L’OTAN doit, par conséquent, devenir une sorte de gendarmerie centrale universelle sous la direction des États-Unis. La question de la responsabilité occidentale dans l’existence même des conflits actuels et de leur règlement pacifique n’est - faut-il s’en étonner - pas évoquée par Sarkozy et Merkel. Bien au contraire, leur « meilleur des mondes » n’est envisageable que par la domination.

(1) Voir le site http://www.non-otan-strasbourg.eu de l’Appel national de Strasbourg pour faire de la métropole alsacienne une ville ouverte, capitale de la paix.

Michel Muller. l'Humanité

vendredi 6 février 2009

La France obtient deux postes de commandement dans l'Otan

BRUXELLES - La France a obtenu l'accord de principe des Etats-Unis pour prendre deux postes de commandement dans l'Otan, un préalable à sa pleine réintégration au sein de la structure militaire de l'Alliance atlantique, confirme un diplomate en poste à Bruxelles.

"Il y a un accord officieux entre les deux gouvernements", a dit ce diplomate bien au fait du dossier. Le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, dont elle est absente depuis 1966 sur décision du général de Gaulle, devrait être officialisé lors des cérémonies du 60e anniversaire de l'Alliance à Strasbourg et Kehl, les 3 et 4 avril prochains. L'un des deux commandements attribués à des généraux français sera basé à Norfolk, dans l'Etat américain de Virginie, où se trouve l'Allied Command Transformation (ACT), chargé de piloter les transformations de l'Alliance. Un autre général français devrait prendre la tête de l'un des commandements régionaux de l'Otan basé à Lisbonne, où se trouve le quartier général de la Force de réaction rapide de l'Otan ainsi qu'un centre d'analyses de photos satellites. Le diplomate interrogé à Bruxelles a cependant ajouté que l'accord n'était pas finalisé et que Paris devait encore préciser les modalités exactes et la date de son retour dans la structure militaire intégrée. Le quotidien français Le Monde daté de jeudi précisait que les deux postes qui devraient être confiés à des généraux français avaient été négociés notamment entre le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Lévitte, et le conseiller du nouveau président américain Barack Obama pour la sécurité nationale, le général James Jones.

RENCONTRE MERKEL-SARKOZY SAMEDI À MUNICH

Lors du sommet de l'Otan de Bucarest en avril dernier, Nicolas Sarkozy avait fixé à 2009 l'échéance pour les décisions sur la pleine réintégration de la France dans l'Otan et annoncé l'envoi de 700 hommes supplémentaires dans l'Est afghan dans le cadre de l'Alliance atlantique. Dès son arrivée au pouvoir en 1995, le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, avait déjà tenté un tel rapprochement, rompant avec une politique de non-alignement sur Washington. Mais le processus avait été arrêté. Les Français revendiquaient à l'époque le commandement Otan de Naples, qui dirige la VIe flotte américaine croisant en Méditerranée. Les Etats-Unis s'y étaient opposés. Nicolas Sarkozy avait conditionné le plein retour de la France dans l'Otan à des progrès sur l'Europe de la Défense, un sujet délicat en raison des réticences britanniques. L'octroi de commandements à des officiers français signifie également qu'Allemands et Britanniques seront moins bien servis. La réintégration de la France dans le commandement intégré devrait être au menu des discussions entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui participent à une Conférence sur la sécurité samedi à Munich. Dans un texte commun diffusé mardi dernier, les deux dirigeants appelaient à renforcer le partenariat UE-Otan, mais dans le cadre d'une "politique concertée" excluant toute prise de décision unilatérale. "Pour nous, il est clair que notre politique de sécurité doit être définie de manière plus large", expliquaient Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Celle-ci doit prendre en compte, outre les questions proprement militaires, "la situation financière internationale, les approvisionnements énergétiques ou les questions migratoires. "Nous devons adapter nos concepts : pour répondre aux crises et aux conflits, nous avons besoin d'approche globale, de partenariats toujours plus solides et stables, et d'outils flexibles", ajoutaient-ils. Elizabeth Pineau et Guy Kerivel, édité par Yves Clarisse. L'Express

jeudi 5 février 2009

"La sécurité, notre mission commune", par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy

Il y aura bientôt trois siècles, Leibniz et Voltaire, un Allemand et un Français, ont réfléchi à ce que pourrait être le "meilleur des mondes". Aujourd'hui, la Conférence sur la sécurité, à laquelle nous participerons ensemble en Allemagne samedi 7 février, nous donnera l'occasion d'exposer nos idées sur les conditions de notre sécurité collective et dans la perspective du sommet du 60e anniversaire de l'Alliance atlantique. Nous l'accueillerons ensemble à Strasbourg et à Kehl (Allemagne).

Les événements de ces derniers mois suscitent des préoccupations. Un contexte d'insécurité se développe. La guerre dans le Caucase a été le premier conflit militaire de ce siècle en Europe. Au début de cette année, les affrontements entre Israël et le Hamas ont rappelé l'instabilité du Proche-Orient. Il n'y a toujours pas de progrès dans le règlement de la crise nucléaire iranienne. Les attentats terroristes se poursuivent, de même que la violence en Afghanistan et au Pakistan, ou les affrontements en Afrique, au Congo et au Soudan. Et en arrière-plan, nous faisons face aux turbulences engendrées par la crise des marchés financiers et celle de l'économie mondiale, ainsi qu'au défi du changement climatique. Une politique de sécurité concertée est absolument nécessaire. Pour nous, il est clair que notre politique de sécurité doit être définie de manière plus large. Outre les questions proprement militaires, elle doit prendre en compte la situation financière internationale, les approvisionnements énergétiques ou les questions migratoires. Nous devons adapter nos concepts : pour répondre aux crises et aux conflits, nous avons besoin d'approche globale, de partenariats toujours plus solides et stables, et d'outils flexibles. Aucun pays n'est aujourd'hui capable de résoudre seul les problèmes du monde. Les alliances fondées sur des valeurs communes, comme l'Union européenne et l'OTAN, prennent une importance accrue. Notre sécurité sera d'autant mieux garantie, et nos chances de succès face aux crises seront d'autant plus grandes, que le réseau de nos partenariats se développera et que nos capacités d'action, politiques, économiques, d'aide au développement et militaires seront mises en commun. Cette conviction est à la base de notre politique de sécurité, celle que nous développons à travers une coopération franco-allemande toujours plus étroite et au sein de l'Union européenne et de l'Alliance atlantique. Ces trois dimensions se renforcent mutuellement. Nous sommes convaincus qu'il est dans notre intérêt de faire de la construction européenne et du partenariat atlantique les deux faces d'une même politique de sécurité. Depuis dix ans, des progrès considérables ont été accomplis par l'Union européenne, qui a développé sa politique étrangère et de sécurité commune. Ces progrès, nous le soulignons, renforcent le partenariat transatlantique de sécurité et l'Alliance atlantique. Nos partenaires américains le comprennent de mieux en mieux. Pour l'Allemagne et pour la France, face aux défis actuels, l'Europe a besoin des Etats-Unis comme les Etats-Unis ont besoin d'un partenaire européen fort.

L'Europe occidentale a connu soixante années de paix et de liberté – et c'est aujourd'hui le cas dans presque toute l'Europe. Nous les devons, bien sûr, à notre détermination, mais aussi aux Etats-Unis. Une Amérique qui est restée à nos côtés, et s'est engagée en faveur d'une Europe libre et démocratique. Face aux risques du XXIe siècle, il est nécessaire de renforcer le partenariat transatlantique de sécurité et de défense, et de l'adapter aux nouveaux défis. Cela implique d'analyser ensemble les situations, de prendre des décisions communes et de les mettre en œuvre dans un même esprit de partenariat. En effet, la prise de décision unilatérale serait contradictoire avec ce nouvel esprit de nos relations.

Et nous, Européens, nous devons parler davantage d'une voix forte et unie, ce qui exige de la part des Etats membres un haut degré de cohésion dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune. De même, nous devons accroître et mettre en commun nos capacités militaires et civiles, au service d'une politique d'avenir pour la sécurité de l'Europe. La synergie des deux est une marque de la politique de sécurité européenne. Pendant la présidence française de l'UE, des avancées majeures ont été obtenues, notamment grâce à l'élan donné par l'Allemagne et la France. L'Union européenne sera à l'avenir un partenaire plus fort pour les Etats-Unis.

Nous avons aussi décidé d'une nouvelle avancée dans notre coopération militaire bilatérale. La brigade franco-allemande, qui a été engagée avec nos partenaires dans les Balkans et en Afghanistan, sera désormais stationnée dans nos deux pays : la France va accueillir en permanence sur son sol une unité allemande de cette brigade. Après les drames de notre histoire commune, chacun comprendra la portée historique de ce nouveau pas dans l'amitié franco-allemande.

Pour la première fois dans l'histoire de l'Alliance atlantique, ce sont deux pays, nos deux pays, qui convient leurs alliés pour un sommet, celui du 60e anniversaire, les 3 et 4 avril. C'est un symbole fort d'une amitié franco-allemande au service de la paix et de la sécurité. C'est également le symbole d'une Europe désormais unie et libre. Nous voulons que ce sommet de l'Alliance soit l'occasion de débats stratégiques et de les traduire par des choix politiques. Il ne s'agit pas de réinventer les principes fondamentaux de l'Alliance, ceux du Traité de Washington, et la communauté de valeurs et la solidarité qui nous unissent. Il s'agit, comme nous l'avons déjà fait dans le passé avec succès, de débattre sans œillères pour donner de nouvelles orientations et transformer l'Alliance de manière crédible. C'est ce que nous avons fait en 1991 et 1999, en redéfinissant nos concepts stratégiques. Il est nécessaire de revoir la manière dont nous abordons les nouvelles menaces, nos partenariats et nos structures. L'Allemagne et la France attendent du sommet de Strasbourg/Kehl qu'il lance les travaux sur un nouveau "concept stratégique". Pour répondre aux exigences de l'avenir, nous pensons nécessaire de progresser dans plusieurs domaines-clés.

COOPÉRATION OTAN-UE

A notre grand regret, le "partenariat stratégique" entre l'OTAN et l'UE n'est pas à la hauteur de nos attentes, en raison de désaccords qui persistent entre certaines nations. Nous pensons que cela doit évoluer. Nous devons aller vers une véritable coopération, fondée sur une nécessaire complémentarité.

LES MISSIONS DE L'ALLIANCE

Aujourd'hui, pour notre sécurité commune, l'Alliance est engagée dans plusieurs opérations en dehors de son territoire, notamment dans les Balkans – en Bosnie et au Kosovo – ainsi qu'en Afghanistan. Soixante ans après la fondation de l'OTAN, l'engagement d'assistance envers un allié agressé, qui découle de l'article 5 du traité de Washington, représente encore aujourd'hui l'essence même de l'Alliance. Nous en avons tiré une conséquence supplémentaire après les attaques terroristes du 11-Septembre. Afin de lutter contre le terrorisme, nous nous sommes engagés avec nos alliés en Afghanistan. Car c'est une des nouvelles menaces du XXIesiècle. Nos soldats sont exposés aux plus grands risques dans ces opérations, en particulier en Afghanistan. D'autres jeunes femmes ou jeunes gens, qui participent aux efforts de reconstruction, sont aussi victimes d'un terrorisme qui méprise la dignité humaine. Quoi qu'il en soit, nous attendons du sommet de Strasbourg/Kehl qu'il adresse le signal que l'Alliance restera engagée pour sa sécurité et ses valeurs. Notre objectif reste d'établir un niveau de sécurité qui permette la reconstruction du pays, conformément aux vœux des Afghans, afin que le terrorisme mondial ne puisse plus y développer ses bases. Nous savons aussi que le renforcement de la démocratie doit accompagner l'effort militaire. Les approches politiques doivent également être débattues avec nos partenaires de l'Alliance.

LA RUSSIE, RECONSTRUIRE UN PARTENARIAT

La guerre en Géorgie, à l'été 2008, a marqué une rupture. L'Union européenne a pu arrêter la spirale de la violence et créer les conditions d'un processus de règlement. Mais le recours à la force militaire, ainsi que la reconnaissance unilatérale et contraire au droit international de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ont créé un problème de confiance avec la Russie. La Russie reste notre voisine et un partenaire très important. Nous ne sommes pas revenus à l'époque de la guerre froide. Ceux qui le prétendent se trompent car l'URSS n'existe plus. Nous entendons rétablir et développer avec la Russie des relations confiantes et fructueuses. Notre alliance est une alliance défensive, dont l'unique ambition est notre sécurité commune face aux menaces du monde. Mais nous sommes aussi en droit d'attendre de la Russie qu'elle démontre son respect pour les normes et les règles à l'établissement desquelles elle a contribué, par l'Acte final d'Helsinki et la Charte de Paris en 1990 : l'intégrité territoriale, l'inviolabilité des frontières, le respect et l'égalité au sein de l'espace euro-atlantique. C'est sur la base de cet acquis que l'immense majorité des nations d'Europe a souhaité rejoindre l'OTAN et l'UE. Cet élargissement est un élément central de la sécurité et de la stabilité du continent. Sans euphorie certes, la Russie a longtemps accompagné ce processus de manière constructive. Le sommet de Strasbourg-Kehl nous donnera l'occasion d'en débattre à nouveau. Vouloir rejoindre l'OTAN est le libre choix des pays européens, des démocraties indépendantes et libres. Ce souhait traduit une confiance que nous n'avons pas le droit de décevoir. Mais nous rappelons que pour devenir membre de l'Alliance, il y a des critères; cela implique d'abord d'être capable d'en assumer les lourdes responsabilités, d'apporter une contribution réelle à la sécurité des alliés, et de partager leurs valeurs. De même, l'élargissement doit contribuer à la stabilité et à la sécurité du continent, qui bénéficie aussi à la Russie. Dans ce contexte, la coopération au sein du conseil OTAN/Russie joue un rôle essentiel. L'été 2008, le président Dmitri Medvedev avait fait des propositions sur la sécurité européenne. Nous sommes prêts à conduire un débat sur ces questions, avec nos alliés, et avec nos partenaires européens, et à prendre en considération les points de vue de tous. En l'abordant, nous rappellerons notre confiance et notre attachement à l'UE, à l'OTAN, et à l'OSCE, aux normes européennes éprouvées qui fondent notre sécurité, au régime de maîtrise des armements et de désarmement, et à la coopération transatlantique. Mais nous appelons à tendre la main à la Russie et à relancer notre coopération au sein du conseil OTAN-Russie et entre l'UE et la Russie, si celle-ci le souhaite. Nous voulons un dialogue politique et de sécurité plus étroit entre l'UE et la Russie, qui permette de l'impliquer plus avant dans l'espace de sécurité euro-atlantique. Nous espérons qu'un esprit constructif présidera à ces discussions. Le réengagement du dialogue stratégique américano-russe, que nous saluons, devrait aussi y contribuer.

CAPACITÉS MILITAIRES, DÉSARMEMENT, MAÎTRISE DES ARMEMENTS

Le caractère militaire de l'Alliance atlantique implique pour ses membres de s'assurer que leurs capacités militaires correspondent précisément aux impératifs de leur sécurité et aux missions qu'ils s'assignent. Le sommet de Strasbourg-Kehl sera aussi l'occasion d'en débattre. Nous avons besoin, en particulier en Europe, de plus de capacités militaires modernes, efficaces et interopérables. En outre, nous discuterons des questions liées au déploiement de défenses antimissiles face à des menaces balistiques limitées émanant du Moyen-Orient. Nous pensons donc que la Russie doit être associée à ces réflexions dans un esprit de coopération et de transparence, comme les Etats-Unis l'ont proposé. Ce dialogue devra aussi se poursuivre dans le cadre du Conseil OTAN-Russie. Nous sommes tous deux des partisans de la maîtrise des armements. Membres du Traité de non-prolifération (TNP), l'Allemagne et la France soutiennent les efforts mondiaux de non-prolifération et de désarmement. En 2008, l'UE a adopté à notre initiative des plans ambitieux de lutte contre la prolifération et de promotion du désarmement nucléaire mondial, conformément au TNP. Nous sommes toutefois convaincus qu'une politique de sécurité responsable, qui prend en compte les risques futurs, doit conserver dans un avenir prévisible la dissuasion nucléaire. Son objectif principal est strictement défensif, et reste la prévention de la guerre. Il n'est plus nécessaire aujourd'hui de conserver des arsenaux énormes, et l'objectif doit être un niveau de stricte suffisance. Nous soutenons la relance des discussions entre les Etats-Unis et la Russie sur le traité sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires stratégiques (Start). L'Allemagne et la France espèrent que des résultats concrets seront obtenus dans les prochains mois. De même, nous saluons l'engagement américain pour la ratification du traité d'interdiction des essais nucléaires et en faveur du lancement de négociations sur l'interdiction de la production de matières fissiles pour les armes nucléaires. Nous soutenons, enfin, les efforts déployés pour sauvegarder le régime de limitation des forces conventionnelles en Europe. Le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) reste un pilier de la sécurité européenne. Nous souhaitons créer, par notre dialogue avec la Russie, les conditions d'une ratification du traité FCE modifié. Une solution rapide pourrait par exemple être trouvée à la question de la Transnistrie, afin de créer une atmosphère différente. Cela représenterait un grand pas vers l'entrée en vigueur d'un régime, garanti par l'Alliance, de limitation des armements conventionnels en Europe, un régime qui apporterait à tous, à la Russie comme à nous, une plus grande sécurité. Nous appelons enfin à un renforcement du régime de non-prolifération. Il est confronté actuellement au plus grand défi de son histoire : le programme nucléaire iranien. Téhéran table ouvertement sur l'absence de réaction internationale face à ses agissements. Nous ne permettrons pas l'accès de l'Iran à l'arme nucléaire, car ce serait une grave menace pour la paix mondiale. Nous comptons sur une solution diplomatique Et, pour répondre à ce défi majeur, nous sommes prêts à un dialogue, que renforce l'engagement des Etats-Unis, ainsi qu'à de nouvelles sanctions très fermes. Il y a deux semaines, le 44e président des Etats-Unis prenait ses fonctions. La présidence de Barack Obama est d'ores et déjà marquée par des accents nouveaux en matière de politique étrangère et de sécurité. Nombreux sont les Européens qui attendent beaucoup de ce changement; Barack Obama en attend certainement autant de nous. Nous nous réjouissons de coopérer avec lui, et sommes convaincus que le partenariat de sécurité euro-atlantique nous permettra d'affronter ensemble les risques et les menaces auxquels nous sommes exposés. C'est en travaillant dans un esprit de confiance, avec volontarisme et cohésion, que nous construirons, à défaut du "meilleur des mondes", un monde où progresseront la paix et la sécurité pour tous.

LE MONDE | 03.02.09 | 20h49 • Mis à jour le 04.02.09 | 14h29

mardi 3 février 2009

La sécurité en France et en Allemagne, tout un programme

Il brandit le bouclier de la prudence. Si les autorités allemandes ont annoncé vouloir mobiliser quelque 12 000 policiers pour le sommet de l'Otan, côté français, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, joue la carte du secret. « En Allemagne, il y a ...

Il brandit le bouclier de la prudence. Si les autorités allemandes ont annoncé vouloir mobiliser quelque 12 000 policiers pour le sommet de l'Otan, côté français, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, joue la carte du secret. « En Allemagne, il y a toujours eu une transparence quant aux dispositifs. Ici, nous n'avons pas la même culture, estime-t-il. Je ne suis pas sûr que le nombre des forces de l'ordre soit une information. L'important, c'est le résultat. » Une considération justifiée, selon lui, par des raisons de sécurité des personnalités, mais aussi par le flou qui règne encore autour du programme des réunions. Plusieurs hypothèses sont actuellement à l'étude. « Les choses se préciseront à la mi-février », explique-t-il. Seule certitude pour le moment, si les cérémonies se dérouleront le vendredi 3 avril à Baden-Baden, les chefs d'Etat membres de l'Otan se retrouveront le lendemain à Strasbourg au Palais de la musique et des congrès. Inspecté, le site « a reçu un avis favorable du comité d'hygiène et de sécurité », précise Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de la ville. Reste encore à régler, entre autres, la question du logement des délégations. Au nombre de 28, elles comprendront un minimum de 30 personnes. Par exemple, explique le préfet, « le lieu de résidence du président américain n'est pas encore sûr. Début janvier, il avait été décidé que Barack Obama resterait dans le secteur de Baden-Baden. La question est rouverte depuis dix jours. »

02.02.09/P. W. 20minutes.fr

Un sommet de contraintes pour Strasbourg

A-t-on déjà vu Otan de perturbations ? « La ville s'apprête à devenir le centre du monde pendant deux jours », s'est réjoui vendredi Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) lors d'une présentation de la réunion de l'Otan prévue les 3 et 4 avril ...

A-t-on déjà vu Otan de perturbations ? « La ville s'apprête à devenir le centre du monde pendant deux jours », s'est réjoui vendredi Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) lors d'une présentation de la réunion de l'Otan prévue les 3 et 4 avril à Strasbourg et à Baden-Baden (Allemagne). Problème, « le sommet entraînera aussi des contraintes », précise l'élu. Le 22 janvier, le ministère de l'Intérieur avait déjà annoncé la réactivation des contrôles aux frontières. Ce week-end, la préfecture du Bas-Rhin a indiqué que des routes seront coupées et des itinéraires obligatoires mis en place. Les secteurs du Palais de la musique et des congrès (PMC), de la cathédrale et du Palais des Rohan feront l'objet de mesures de sécurisation particulières. Il sera notamment interdit d'y circuler et de stationner et leurs résidents devront se munir d'un laissez-passer pour se déplacer. Quelque 2 000 foyers vont recevoir ou ont déjà reçu par courrier un formulaire de demande du précieux sésame, d'autres en seront bientôt destinataires. Un policier se rendra à leur domicile pour récupérer le document et les renseigner sur les dispositifs de sécurité. Des réunions d'informations devraient être prochainement organisées par la municipalité et la préfecture. Autre annonce préfectorale du week-end, au moins douze établissements scolaires fermeront le samedi 4 avril, journée pendant laquelle les 28 chefs d'Etat membres de l'Otan siégeront au PMC. D'autres écoles pourraient être concernées, et certaines dès le vendredi. « Vraisemblablement, des entreprises seront aussi touchées », précise le préfet Jean-Marc Rebière. Ainsi, un marché aux puces, programmé le 4 avril place Broglie, a déjà été reporté de deux semaines et des commerçants pourraient devoir laisser leurs rideaux baissés. « On charge encore la mule, alors que le monde économique est assez affecté par la crise », déplore Pierre Bardet, directeur de l'association de commerçants, les Vitrines de Strasbourg. Il rencontrera la municipalité le 10 février afin de pouvoir organiser une opération spéciale le week-end précédent le sommet. Comme « il y a urgence », il espère aussi être reçu rapidement par le préfet. En raison « des effets pénalisants » engendrés par le dispositif de sécurité, ce dernier envisage d'accorder aux magasins une autorisation exceptionnelle d'ouverture dominicale. « Nous avons allégé au maximum les contraintes », soutient Jean-Marc Rives, en charge de l'organisation du sommet pour la France. Même son de cloche du côté de la ville. « Il ne sera, notamment, pas question d'interdire les mariages et a fortiori les enterrements », explique Robert Herrmann. Au lieu d'être célébrées à l'hôtel de ville, place Broglie, les unions le seront au centre administratif de la CUS, parc de l'Etoile.

02.02.09/Philippe Wendling. 20minutes.fr

lundi 2 février 2009

OTAN à Strasbourg : une piste pour le village alternatif

POLITIQUE - Le village alternatif prévu par les organisateurs du contre-sommet de l'OTAN pourrait s'installer du 1er au 5 avril sur un terrain de 10 hectares au sud de Strasbourg. "Cette proposition correspond a priori à notre demande", indiquent en tout cas dans un communiqué commun le collectif anti-OTAN (voir l'article du 20 janvier), la coordination anti-OTAN (Fédération anarchiste, Alternative libertaire, No Pasaran, SUD Education, CNT...) et le réseau allemand Résistance des deux rives, reçus hier à la préfecture pour aborder le sujet. Une nouvelle réunion est prévue le 4 février. D'ici là, les trois organisations comptent proposer leur propre projet de parcours pour la manifestation prévue le 4 avril, celui qui leur a été présenté hier étant jugé "difficilement acceptable" car trop éloigné (au sud-est) du coeur de l'agglomération. T.C.Libération

Otan : un sommet sous haute surveillance à Strasbourg

27 chefs d’État ou de gouvernements, dont le président des États-Unis Barack Obama, un contre sommet de contestataires, Strasbourg se prépare à vivre un début avril agité à l’occasion du 60e sommet de l’Otan. Strasbourg, Kehl et Baden-Baden, accueillent les 3 et 4 avril prochains, le 60e sommet de l’Otan, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fondée en avril 1949 pour faire face à la menace militaire de l’Union soviétique. Ce sommet revêt un caractère particulier, puisqu’il célébrera le 60e anniversaire de l’organisation dans un contexte modifié. L’URSS a disparu mais un antagonisme demeure entre l’Ouest et Moscou et le sommet sera conjointement organisé par deux pays, la France et l’Allemagne. Entre Baden-Baden et Strasbourg Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’avaient proposé lors du précédent sommet, en 2008, à Bucarest en Roumanie. Hier, à Strasbourg, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, et l’ambassadeur Jean-Marc Rives, secrétaire général de la préparation du sommet, ont fait un premier point sur l’organisation de l’événement et ses conséquences sur la vie des Strasbourgeois. Après le Conseil européen de décembre 1989 et le deuxième sommet des chefs d’État et du gouvernement du Conseil de l’Europe, en 1997, ce sommet est le troisième plus important rendez-vous international accueilli, pour une bonne part, par Strasbourg. Ce sommet binational se partagera entre Baden-Baden et Strasbourg. Baden-Baden accueillera le vendredi 3 avril le dîner d’ouverture, et le Palais de la musique et des congrès (PMC) de Strasbourg, le samedi 4, la tenue du sommet. À Strasbourg, cette réunion entraînera des mesures de sécurité maximum. 2000 habitants proches du PMC ont déjà reçu des courriers les avertissant du blackout qui touchera leur quartier. Écoles fermées Plus globalement le secteur du PMC, qui englobe FR3 Alsace, le Conseil régional et le Wacken, ainsi que l’hyper-centre ville seront soumis à de sévères interdictions ou restrictions de circulation. Sans que cela soit définitif, 13 établissements scolaires devraient être fermés, le vendredi 3. D’ores et déjà, les services de l’État ont vérifié que ces établissements scolaires ne programmaient pas d’examens ce jour-là. Où va dormir Obama ? Beaucoup d’autres questions restent ouvertes. À commencer par les demandes de déplacements particuliers que pourraient souhaiter les chefs d’États, voire l’hébergement de Barack Obama. Début janvier, il semblait acquis que le président américain dormirait en Allemagne. « À ce jour, je ne sais pas où résidera le président américain », reconnaissait hier le préfet, cultivant un refus de transparence assumé. Interrogé sur les forces de l’ordre mobilisées coté français, il s’est contenté de faire valoir une différence culturelle avec l’Allemagne qui a donné des chiffres : « Je ne communique pas les chiffres, seul le résultat compte. »

M.A.l'ALSACE.

vendredi 30 janvier 2009

Les autorités évasives sur la sécurité et les sites retenus

Devant une quarantaine de journalistes français et allemands réunis ce matin à Strasbourg, les principaux organisateurs du futur sommet de l'Otan ont évoqué quelques principes sur cet événement qui bouleversera le quotidien des Strasbourgeois. Cependant, très peu d'informations pratiques ont filtré. Les Strasbourgeois devront s'armer de patience pour savoir concrètement à quoi s'en tenir les 3 et 4 avril.

Pas de grande annonce ce matin mais une promesse: plus d'informations... à la mi-février sur l'organisation pratique du sommet de l'Otan. Les autorités locales sont tributaires du conseil de l'alliance transatlantique, laquelle semble attendre encore pour valider le programme et les sites proposés. «Il n'est ni question d'interdire les mariages, ni les enterrements»

Première mesure concrète, une lettre d'information a déjà été envoyée aux riverains du Palais de la musique et des congrès, a indiqué Jean-Marc Rebière, préfet de la région Alsace. Deux milles foyers auraient déjà reçu cette lettre et d'autres devraient la recevoir bientôt.

Jean-Marc Rebière précise les mesures prises pour les riverains

Les établissements scolaires situés à proximité des sites sensibles (dont la liste n'a pas été communiquée) seront fermés le vendredi et le samedi. Une vingtaine de ces établissements sont susceptibles d'être concernés. Il s'agit de prévenir les difficultés de circulation, a précisé Robert Hermann, premier adjoint à la Ville de Strasbourg. Et de poursuivre «nous rencontrerons les commerçants». Car en raison de effets pénalisant d'une fermeture pendant ces deux jours, la mairie envisage la possibilité pour les magasins concernés d'ouvrir le dimanche suivant.

Quant à la possibilité d'annuler les mariages à la cathédrale, Robert Hermann a répondu qu' «il n'est ni question d'interdire les mariages, ni les enterrements !»

Très peu d'information chiffrée

Concernant les chiffres de fréquentation ou de déploiement de forces de l'ordre, peu d'indication a été donnée ce matin, ni même sur le coût du sommet. Car si du côté allemand on mise sur la transparence -le chiffre de 50 millions d'euros a été avancé-, côté français en revanche, le sujet semble être hautement sensible. «La transparence sera faite en temps et en heure» a conclu le premier adjoint au maire de Strasbourg.

Un seul chiffre a été annoncé, celui du nombre de journalistes présents lors du sommet. Ils seraient entre 2000 et 2500 les 3 et 4 avril à Strasbourg. Un minimum de 30 personnes accompagneraient chacune des 29 délégations officielles mais aucune précision n'a été fournie sur le nombre de personnels des forces de l'ordre déployés.

Mickaël Brunner

L'Otan à Strasbourg, un sujet à discuter dans les forums des DNA.

Ecoles fermées, quartiers bouclés: Strasbourg s'apprête à accueillir l'Otan

eux quartiers strasbourgeois seront bouclés, 13 établissements scolaires fermés et la circulation fortement perturbée à Strasbourg lors du sommet de l'Otan qui se tiendra début avril à Strasbourg et à Baden-Baden (Allemagne), ont annoncé vendredi les autorités. Le sommet organisé pour le 60e anniversaire de l'Alliance atlantique commencera le 3 avril par un dîner de gala dans la ville d'eau allemande et les réunions officielles se tiendront samedi à Strasbourg.

Des mesures de sécurisation importantes sont en préparation, a indiqué le préfet du Bas-Rhin Jean-Marc Rebière lors d'une conférence de presse vendredi à Strasbourg.

Un premier envoi de 2.000 courriers a été adressé mercredi aux habitants du quartier de la cathédrale à Strasbourg pour les prévenir que "seules les personnes recensées et dûment identifiées seront autorisées à pénétrer et circuler" dans leur zone, grâce à un badge, a-t-il indiqué.

Les responsables des 13 écoles et lycées se trouvant dans le périmètre de la cathédrale et dans celui du Palais de la musique et des congrès, où doivent se réunir les chefs d'Etat de l'Otan, ont déjà été avertis de la fermeture de leurs établissements.

Les commerces seront également fermés dans ces zones ainsi que les théâtres. Des axes routiers seront fermés et le stationnement interdit localement.

Vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan sont attendus au sommet, dont le président américain Barack Obama et les responsables des deux nouveaux Etats membres, l'Albanie et la Croatie.

Chaque chef d'Etat devrait être accompagné d'une délégation d'au moins 30 personnes et 2.500 journalistes sont attendus à Strasbourg, selon le préfet Rebière. Leur résidence en Allemagne ou en France pendant leur séjour n'est pas encore connue.

Le préfet et l'ambassadeur Jean-Marc Rives, secrétaire général de la préparation du sommet, sont restés très discrets sur le dispositif, le périmètre précis et les moyens mobilisés pour la "sécurisation du sommet".

"Nous avons toute une série de scénarios très nombreux et élaborés, ils sont prêts, nous en sommes à l'ajustement fin", a déclaré M. Rives, tandis que le préfet se distançait de "la culture de la transparence" pratiquée en Allemagne en revendiquant "une culture différente" en France.

L'Allemage a dévoilé un budget de 50 millions d'euros et la mobilisation d'au moins 12.000 policiers pour la protection des personnalités.

Les nombreuses manifestations des opposants au sommet, prévues dans les deux villes, n'ont pas encore reçu d'autorisation ni en Allemagne, ni en France.

En marge du sommet, les opposants négocient avec les autorités préfectorales pour obtenir un emplacement pour un "village alternatif" et un trajet pour une grande manifestation le 4 avril à Strasbourg.

"Le projet de parcours qui nous a été soumis nous semble difficilement acceptable", a indiqué jeudi le collectif anti-Otan Strasbourg, qui va proposer un autre trajet d'ici le 4 février.

Le Monde. 30.1.09

Un laissez-passer pour le centre-ville ?

Anaïs (*), qui habite rue du Tonnelet-Rouge, une petite ruelle au coeur de l'ellipse insulaire à Strasbourg, a reçu un courrier du ministère de l'Intérieur mardi lui faisant part des mesures de sécurité liées à la venue de « nombreux chefs d'État », présents à Strasbourg pour le prochain sommet de l'Otan. « Un dispositif de filtrage sera mis en place dans votre quartier, selon le courrier. Seules les personnes recensées et dûment identifiées seront autorisées à pénétrer et circuler dans les zones définies ». Anaïs doit ainsi remplir une « fiche de liaison », afin d'obtenir un « laissez-passer individuel » pour... rentrer chez elle. « Je croyais que c'était une blague », a réagi la jeune fille, qui n'était pas au courant. Elle a finalement pris rendez-vous auprès de la cellule Otan de la police nationale. « Un policier va passer chez moi vérifier qui y habite et récupérer les fiches de liaison de toutes les personnes de l'appartement. On doit ensuite me donner un badge », explique-t-elle. Outre l'identité et l'adresse précise (numéro d'appartement, étage), un numéro de carte d'identité, de passeport ou de permis de conduire figurent parmi les renseignements demandés sur la fiche de liaison.

DNA. 30.01.09. A.G.

Strasbourg / Fortes perturbations dans la ville les 3 et 4 avril

Lumineuse dans sa robe immaculée, Amelle lui dira « oui » pour la vie. Les alliances s'échangeront. Un doux baiser unira les jeunes mariés. Sous une volée de riz, ils salueront la foule, du haut du balcon de l'hôtel de ville, place Broglie. Instant d'absolu bonheur : nous serons le samedi 4 avril. Le hic, c'est qu'une autre noce aura lieu ce jour-là à Strasbourg : la célébration du retour de la France au commandement intégré de l'Otan. Cette cérémonie-là se fera en présence d'un témoin de choix : Barack Obama, qui effectuera ce jour-là son premier déplacement dans l'Hexagone, accompagné de quelque 25 autres chefs d'État ou de gouvernement. Rien de moins. Face à cette armée - l'organisation du traité de l'Atlantique Nord -, les maigres arguments de « droit au bonheur » de la belle risquent de ne pas peser bien lourd.

Pas de limousine à l'hôtel de ville

C'est un coup de fil des services municipaux de l'état civil à son conjoint qui a ! mis le feu aux poudres : « La ville sera entièrement bouclée, aucun véhicule ne pourra espérer traverser le centre-ville et si l'on voulait se rendre à l'hôtel de ville, il faudra soit prendre le tram (si par bonheur il y en un a qui circule), soit marcher depuis la place de l'Esplanade... », lui explique-t-on, en lui proposant de « reporter », voire « d'annuler ». Exit ce jour-là, les arrivées en limousine sur la place Broglie - à moins d'en avoir une blindée et de s'appeler Barack Obama... Pour Amelle, cette mauvaise farce est « scandaleuse » : « Nous avions décidé de choisir cette date du 4 avril à la mairie, en décembre dernier », ne décolère pas la jeune femme - qui indique que son traiteur est réglé et que les alliances sont déjà gravées... « Ne peut-on pas trouver d'autres alternatives pour célébrer les unions en dehors de Strasbourg ? », s'indigne-t-elle.

Le plus beau jour de la vie, un parcours du combattant ?

Réponse de l'adjo! inte au maire, chargée de l'état civil : « C'est justement l'objet de notre appel téléphonique », précise Pernelle Richardot, qui a demandé ce « sondage » auprès des six couples qui ont prévu de se marier le 4 avril prochain à l'hôtel de ville - ainsi qu'un septième la veille. « Nous les avons informés que l'accès à la place Broglie serait barré pour que les futurs mariés ne soient pas piégés par les dispositifs de sécurité », poursuit l'adjointe, qui tente de gérer au mieux la situation, « pour que le plus beau jour de la vie ne se transforme pas en un parcours du combattant ». Et pour ce faire, ce sera au procureur de la République de décider s'il est possible de «transplanter» la salle des mariages au centre administratif, de la place de l'Étoile : « Il ne s'agit pas de "déplacer" la date - comme certains ont pu le comprendre - mais le lieu du mariage dans la ville, dans un endroit plus accessible ». Tant pis pour le velours et l'or du salon d'honneur de l'hôtel de vi! lle.

DNA. Philippe Dossmann. Édition du Ven 30 jan. 2009

jeudi 29 janvier 2009

Camp : vers un accord avec la préfecture ?

Collectif et coordination anti-Otan de Strasbourg, accompagnés du groupe allemand « Résistance des deux rives », ont rencontré hier soir les services de la préfecture, qui leur ont proposé un terrain pour installer un camp au sud de Strasbourg, ont-ils fait savoir. « La proposition nous semble acceptable », a estimé un porte-parole du collectif. En revanche, les anti-Otan comptent faire une contre-proposition concernant le parcours de la manifestation. Une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine avec les autorités.

DNA. Édition du Jeu 29 jan. 2009

samedi 24 janvier 2009

Un contre-sommet en préparation

Le collectif anti-OTAN Strasbourg regroupe notamment ds organisations syndicales, des partis politiques de gauche, et des associations. (Photo DNA - Bernard Meyer)

« Non à l'OTAN, non à la guerre ». Tel sera le cri de paix du collectif anti-OTAN Strasbourg, qui veut organiser un contre-sommet du 1er au 5 avril dans la capitale alsacienne. Le collectif, formé en octobre, a annoncé hier qu'il comptait organiser un contre-sommet pour dire « non à l'OTAN » et « non à la guerre » du 1er au 5 avril dans la capitale alsacienne. Le collectif anti-OTAN Strasbourg, qui revendique une quarantaine d'organisations membres (*), entend ainsi par le biais d'animations, de conférences ou de manifestations poser notamment la question de l'utilité de l'OTAN dans une ère post Guerre froide. « Nous sommes en négociation avec la préfecture afin d'obtenir un espace pour un camp et le parcours de la manifestation », a indiqué Frédéric Henry, l'un des trois porte-parole du collectif. Le collectif anti-OTAN, ainsi que la coordination anti-OTAN Strasbourg (**) ont rencontré conjointement les services de l'État pour la première fois la semaine dernière. La chorégraphie des événements étant « en train de se mettre en place », un autre rendez-vous, prévu la semaine prochaine, devrait apporter des « réponses précises » sur les deux! dossiers, selon Frédéric Henry. De son côté, la préfecture se réserve le droit de répondre d'ici la fin du mois. Les organisateurs, qui attendent plusieurs dizaines de milliers de manifestants, entendent défiler dans les rues de la ville.

« Pas une ville forteresse »

« Strasbourg ne doit pas devenir une ville forteresse », ont-ils souligné. Autre exigence : que le terrain destiné à accueillir le « village alternatif », qui pourrait compter 6000 participants, ne soit pas trop éloigné du palais de la musique et des congrès de Strasbourg, où doit se tenir la partie officielle du sommet le 4 avril. « On ne souhaite pas qu'à cause d'éventualités de ce genre, on nous interdise de manifester », a répondu Frédéric Henry à une question sur l'hypothèse de débordements. Strasbourg ayant été choisie en tant que symbole de paix et de réconciliation, il serait légitime que la ville accueille sommet de l'OTAN et contre-sommet dans les mêmes termes, ! a-t-il conclu. En attendant la réponse de la préfecture, collectif et coordination, ainsi que près de 350 autres organisations se sont donné rendez-vous les 14 et 15 février à l'université Marc-Bloch pour une conférence « internationale » afin de finaliser la préparation de ce contre-sommet. A suivre.

Aude Gambet

(*) Dont des syndicats (FSU, Solidaires), des partis politiques (Les Verts, le PCF, le Nouveau Parti Anticapitaliste) ou des associations (ATTAC, MRAP) notamment. (**) Composée des antennes locales de la fédération anarchiste, No Pasaran, Alternative libertaire, Sud Education, ou la Confédération Nationale du Travail notamment.

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 21.1.2009

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