collectif strasbourg anti-OTAN

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samedi 21 février 2009

Pourquoi le fondamentalisme islamique au Moyen-Orient et en Asie centrale ?

Paix et Justice au Moyen-Orient

Historiquement, l’évolution démocratique à l’ouest de l’Europe commence en 1789, avec la révolution française.

Simultanément, les prémisses de cette évolution démocratique (passage de la société féodale à la société bourgeoise) s’observent également en Orient, en particulier, en Perse.

Au même moment, très exactement à partir de 1809, la Grande– Bretagne et la Russie apparaissent sur la scène de l’Asie centrale et «le Grand jeu» pour la possession de cette région du monde commence entre l’Empire russe situé au nord et l’Empire anglo-indien ancré au sud.

L’expansion russe avait pour objectif l’affaiblissement et la destruction des trois Etats musulmans à la lisière sud de l’Empire russe : la Turquie, l’Iran et l’Afghanistan, tandis que- une fois achevé la conquête de l’Inde- l’essentiel de la politique coloniale britannique était axé sur la préservation du «plus brillant joyau de la couronne».

Dans ce «jeu» macabre, les Russes ont arraché des régions entières à la Perse et, avec les Britanniques, ils ont régulièrement piétiné la souveraineté des pays de la région (et continuent à le faire).

Pour lord Curzon, vice-roi britannique des Indes de 1899 à 1906 : « Turkestan, Afghanistan, Transcaspienne, Perse- pour beaucoup de gens, de tels noms évoquent seulement un mystérieux lointain (…). Pour moi, je l’avoue, il s’agit là des pièces d’un échiquier sur lequel se dispute la partie pour la domination du monde»(1).

L’ingérence des Empires russe et britannique dans les affaires intérieures des pays de la région a eu pour effet de renforcer les forces réactionnaires locales, et de retarder de ce fait le développement naturel des sociétés concernées.

Malgré les pressions et les ingérences extérieures, la première révolution démocratique en Asie a eu lieu en Perse en 1906. Elle fut dirigée contre la dynastie féodale Qadjar et ses suppôts russes et suivie de la proclamation de la «monarchie constitutionnelle». Celle-ci se maintint jusqu’au 21 février 1921, date à laquelle elle fut renversée par un coup d’Etat militaire fomenté par les Britanniques. Le général Rezâ Khan qui dirigeait le coup d’Etat, fonda en octobre1925 la dynastie des Pahlavi.

Les dirigeants politiques des mouvements démocratiques et «souverainistes» représentant la «bourgeoisie nationale», étaient essentiellement des hommes de lettres cultivés, généralement laïcs. En s’engageant dans les mouvements révolutionnaires, ils s’inspiraient de l’exemple de la révolution française.

L’ingérence incessante, directe et souvent violente des puissances occidentales dans les affaires intérieures des pays orientaux a eu pour conséquence d’en «radicaliser» le mouvement démocratique, qui, de «social démocrate» au départ, évolua massivement vers le communisme à partir de 1917.

L’histoire de l’Iran, pays musulman au sous-sol très riche, bénéficiant au surplus d’une position stratégique, toujours convoité par les puissances occidentales, est édifiante à cet égard.

De 1917 à 1960 la «bourgeoisie nationale» iranienne comporte trois courants : le «parti Toudeh (extrême gauche)», le «Front national du Dr. Mossadegh (droite nationaliste et laïque)» et le «Mouvement de la libération de l’Iran du Dr. Bazargan» (musulmans démocrates). Mis à part quelques courants insuffisamment représentatifs, le clergé chiite fondamentaliste était absent du mouvement démocratique national et se ralliait souvent à la réaction locale (le régime des Pahlavi) pour combattre le mouvement démocratique.

En 1951 le Dr. Mossadegh, leader du «Front national» arriva à la tête du gouvernement, où il se maintint jusqu’au 19 août 1953, date à laquelle un coup d’Etat militaire fomenté par la CIA le renversa. Le Chah d’Iran, qui avait été évincé, reprit le pouvoir, instaurant une tyrannie soutenue par les Etats-Unis.

L’écrasement du mouvement démocratique et laïc par la réaction locale, soutenue par le gouvernement américain, ouvra la voie aux fondamentalistes chiites, aile droite extrémiste de la «bourgeoisie nationale». Celle-ci prit le pouvoir en 1979.

La situation diffère sensiblement dans les pays arabes de la région. La bourgeoisie laïque de ces pays a accédé au pouvoir dans les années 1950-1960, par des coups d’Etat militaires. Le discrédit auquel ses régimes eurent à faire face, aggravé par les défaites militaires subies lors des affrontements avec l’armée israélienne, prépara la voie à l’émergence de l’extrême droite représentée par les «islamistes fondamentalistes», dont l’objectif est la rupture radicale avec l’occident.

Quant à l’Irak, avant le 9 avril 2003, date de la chute du régime de Saddam Hussein, le peuple irakien avait le choix entre un régime tyrannique et la promesse d’une vie meilleure. Depuis le 9 avril 2003, le peuple irakien a le choix entre l’occupation brutale de son pays par les colonialistes américano-britanniques et la résistance afin de retrouver sa dignité et la souveraineté de son pays. En Irak, la faillite de la dictature du parti Baas (laïc) et la présence des colonialistes occidentaux (chrétiens) offre un terrain favorable sur lequel prospère le fondamentalisme islamiste, sunnite et chiite. Dans l’espoir de devenir la principale force du nouvel Etat irakien, les dirigeants chiites collaborent pleinement avec les occupants. De plus, ils caressent le rêve de les remplacer, une fois qu’ils auront lâché pacifiquement l’Irak (deuxième réserve mondiale de pétrole). Il ne peut s’agir que d’un rêve!

La Palestine est le seul endroit où les représentants laïcs et fondamentalistes de la «bourgeoisie nationale» luttent main dans la main pour la souveraineté de leur pays. Pour combien de temps?

La sentence de lord Curzon est toujours d’actualité. Pour demeurer une puissance planétaire, les Etats-Unis (soutenus par leurs alliés inconditionnels Britanniques et Israéliens) doivent dominer militairement l’Asie centrale, le Proche et le Moyen-Orient. Il s’en suit que les nations de cette région résistent- comme elles l’ont toujours fait- à la domination des colonialistes occidentaux, jusqu’à retrouver pleinement leur souveraineté nationale. Cela se fera-t-il sans les fondamentalistes? On peut en douter. Comme on peut douter du changement de politique étrangère des chancelleries des pays colonialistes (grands et petits, anciens ou nouveaux), menés par le tandem américano-britannique: politique régie par la volonté de domination de cette vaste région qui regroupe le Proche et le Moyen-Orient. La paix n’y sera, malheureusement encore pour longtemps, qu’un mirage.

http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

(1): «Le royaume de l’insolence- Michel Barry- Flammarion». Publié dans les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) du lundi 15 mars 2004.

vendredi 20 février 2009

Deux jours pénibles

Le sommet de l'OTAN des 3 et 4 avril entravera considérablement les déplacements des habitants de la région de Strasbourg et Kehl. Avec au menu : la navigation fluviale interdite, la circulation ferroviaire partiellement interrompue, des autoroutes ponctuellement fermées, un contre-sommet, une manifestation « hostile », et la liste n'est pas exhaustive.

Sur l'eau : Les décisions ne sont pas définitives. La navigation serait totalement coupée sur le Rhin à partir de 6h le samedi entre les écluses de Gambsheim et de Strasbourg. Une coupure, à cause d'un point de programme prévu au jardin des Deux-Rives. Sa durée dépendra du parcours et/ou de la progression du cortège anti-OTAN, afin d'éviter de faire passer sous le pont de l'Europe des bateaux transportant des matières dangereuses alors que des manifestants s'y trouvent. Une trentaine de bateaux pourraient être concernés par cette coupure dans la journée. Les terminaux Nord et Sud du port de Strasbourg pourraient être fermés dès le vendredi soir. Sur la route : Stationnement et circulation seront interdits dans la ou les zones rouges à Strasbourg les 3 et 4 avril. Les axes routiers (dont l'autoroute) qui relient les différents sites du sommet seront ponctuellement fermés pour permettre le passage des délégations. Ainsi, les accès au pont de l'Europe risquent d'être compliqués le samedi matin, le programme prévoyant pour l'heure une photo officielle sur la passerelle des Deux-Rives. Le même principe prévaut outre-Rhin, avec une difficulté supplémentaire due à la configuration de l'événement : les délégations arrivant aux aéroports de Baden-Baden ou Lahr, le sommet se déroulant à Baden-Baden et Kehl, la circulation risque d'être difficile les 3 et 4 avril dans toute la région. Le vendredi soir marque également le début des vacances de Pâques dans dix Länder allemands. Plusieurs dizaines d'hélicoptères Dans les airs : A Baden-Baden, les avions doivent décoller normalement. Il est toutefois conseillé aux passagers de prévoir davantage de temps que d'habitude pour se rendre à l'aéroport. Même chose pour les autres aéroports de la région, qu'il s'agisse de Strasbourg, Mulhouse-Bâle ou même Colmar. Du côté de l'aviation civile, on indique que le trafic lié au sommet pourra s'intégrer sans perturbation majeure entre les créneaux utilisés par les vols civils. A noter que le ciel de Strasbourg, Kehl et Baden sera sillonné par plusieurs dizaines d'hélicoptères, on parle même de plus de 70 machines, qu'il s'agisse d'hélicoptères chargés de la sécurité ou de ceux réservés au transport des personnalités. Des circuits et des rotations sont en cours d'élaboration. Pour ce qui est d'Air Force One, l'indicatif utilisé pour désigner l'appareil (quel que soit le type) à bord duquel est monté le président des Etats-unis, l'aéroport de destination n'est pas encore connu et n'est peut-être pas encore choisi. Pour l'appareil, il s'agira probablement du Boeing 747 200B utilisé habituellement qui pourrait même en théorie atterrir à Entzheim puisqu'il n'est pas en configuration touristique (sans les 400 sièges et le plein pour un vol long courrier). Son stationnement devrait en outre se faire sur un site sécurisé, peut-être la base de Ramstein voire même Londres. Aucun train de fret Sur les rails : La circulation ferroviaire entre Strasbourg et Kehl sera interrompue samedi 3 avril, de 0 h à 10 h 15, sauf modification d'ici là. Cela se traduira selon la SNCF par la suppression de l'ensemble des TER Strasbourg-Offenbourg et la mise en place d'un « traitement particulier », non encore défini des cinq trains grandes lignes (comme par exemple des bus pour contourner la zone rouge, la suppression pure et simple, détournement). Aucun train fret ne sera autorisé à circuler. Le reste du réseau ferroviaire alsacien ne sera pas touché.

A.G et O.C. DNA.20.02.09

dimanche 15 février 2009

Les anti-Otan exigent le droit de manifester à Strasbourg

Le 15/02/2009 à 18h45 GMT STRASBOURG (Reuters) - Les organisateurs du contre-sommet de l'Otan, qui doit se tenir en même temps que la réunion des 26 dirigeants de l'Alliance Atlantique, les 3 et 4 avril à Strasbourg, vont lancer une campagne internationale pour obtenir le droit de manifester dans la capitale européenne. Tandis que l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, dont on célèbrera le 60e anniversaire, sera hébergée au Palais des congrès et que plusieurs quartiers seront interdits à toute circulation, la préfecture propose aux manifestants de défiler dans la zone portuaire, industrielle et déserte. "Nous exigeons de pouvoir manifester dans Strasbourg, au même niveau de présence que l'Otan", a déclaré dimanche à la presse Frédéric Henry, porte-parole du comité strasbourgeois, au terme d'un week-end qui a réuni les comités anti-Otan. Les membres allemands du comité devraient notamment saisir leurs parlementaires et leur gouvernement, co-organisateur du sommet avec la France, tandis que ceux issus d'autres pays envisagent de manifester devant les ambassades de France. Quelque 450 organisations de 26 pays, dont les Etats-Unis, ont signé "l'appel de Stuttgart" du 5 octobre dernier contre "la politique agressive de l'Otan" et plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues pour le contre-sommet. Les organisateurs, qui assurent vouloir une manifestation non-violente, comprennent d'autant moins l'attitude des autorités qu'on annonce la présence à Strasbourg de plusieurs milliers de policiers. Si la France reste discrète sur les chiffres, on sait que l'Allemagne en mobilisera 12.000. Un accord est en revanche en passe d'être trouvé pour l'emplacement du "village" du contre-sommet, lieu de vie et de débats, qui s'établirait au sud de la ville, près du Rhin. La question de la manifestation a éclipsé les enjeux du contre-sommet dont le mot d'ordre sera "Fermons l'Otan". "L'Otan a toujours été structurellement liée à la défense des intérêts de l'impérialisme américain", a estimé lors d'un débat John Rees, cofondateur de la coalition "Stop the war" née en 2001 au Royaume-Uni contre une riposte militaire des Etats-Unis aux attentats du 11 septembre. Arielle Denis, coprésidente du Mouvement de la paix, s'est attachée de son côté, à préciser les enjeux de ce sommet pour la France qui devrait y officialiser son retour dans le commandement intégré de l'Otan qu'elle avait quitté en 1966. "Est-ce que Sarkozy veut devenir le nouveau bon élève, le nouveau supplétif des Etats-Unis ?" a-t-elle demandé en comparant le président français à Tony Blair. RMC. Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

Sommet de l'Otan début avril: les opposants veulent manifester "dans Strasbourg"

STRASBOURG (AFP) — La coordination internationale contre le sommet de l'Otan, prévu du 3 au 5 avril à Baden-Baden et Strasbourg, a réaffirmé dimanche son exigence d'organiser une "Manifestation de la Paix" dans la capitale alsacienne. "Nous allons lancer une grande campagne pour organiser cette manifestation dans Strasbourg et non, comme les autorités le proposent, au port du Rhin où il n'y a que des oiseaux, des usines et des friches", a expliqué Reiner Braun, responsable du Comité international de coordination. "C'est vexant et inacceptable", a commenté l'activiste allemand, reprenant une formule souvent entendue lors des deux journées de préparation à ce "contre-sommet" de l'Otan, qui ont réuni 500 participants de 18 pays. Il a été convenu dimanche que les 500 collectifs de 23 pays "sensiblisent" leurs dirigeants au droit de manifester le 4 avril "au coeur de la capitale alsacienne", où seront alors réunis une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement parmi lesquels Barack Obama. L'envoi massif de mails ou de cartes postales à des ministres a été évoqué par les anti-militaristes du Land de Bade-Wuerttemberg, tandis qu'un collectif a parlé d'une possible manifestation devant une représentation française en Grèce. "Laissez Strasbourg libre", a martelé Reiner Braun à l'attention des autorités françaises, en affirmant: "nous nous battrons pour la liberté de réunion qui est un droit pour l'Otan mais aussi pour tout un chacun". Le village de la paix, alternatif et autogéré, accueillira plusieurs milliers d'opposants à l'Otan à quelques kilomètres du centre de Strasbourg avec "peut-être 13.000 personnes vendredi soir à la veille de la manif", selon un organisateur. Plusieurs milliers d'Allemands sont attendus et le comité de coordination insiste pour que le pont de l'Europe qui enjambe le Rhin "leur soit ouvert en permanence". Un train aménera des pacifistes de la Ruhr jusqu'en gare de Kehl et des syndicalistes italiens arriveront en avion à Stuttgart. Une délégation américaine de Peace and Justice s'est également annoncée alors que le venue de personnes du Moyen Orient et d'Afghanistan n'a pas été confirmée dimanche. Selon Fréderic Henry, de la coordination strasbourgeoise, un Prix Nobel de la paix devrait prendre la parole lors de l'un des débats prévus. Ont été confirmées dimanche les participations de Noam Chomsky, professeur américain qui fut très engagé contre la guerre au Vietnam et critique envers la politique étrangère de Washington, ainsi que de l'Anglo-Pakistanais Tariq Ali, également critique envers la politique étrangère des Etats-Unis. Le 3 avril en soirée, seront célébrés à Baden-Baden, à 50 km au nord de Kehl, les 60 ans de l'Organisation du Traité Atlantique Nord. Le lendemain, le sommet entrera dans sa phase active au Palais des Congrès de Strasbourg, placé sous très haute surveillance policière.

AFP.15-02-09.

vendredi 13 février 2009

Le contre-sommet se prépare

A Strasbourg, le contre-sommet de l'OTAN s'organise. Entre 200 et 300 organisations sont attendues ce week-end sur le campus de l'Esplanade, afin de « discuter de la préparation des différentes actions contre l'anniversaire des 60 ans de l'OTAN ». Le sommet-anniversaire de l'Alliance atlantique est programmé les 3 et 4 avril prochain à Strasbourg, Baden-Baden et Kehl. C'est au cours de cette conférence que le collectif allemand « Résistance des Deux-Rives » doit décider s'il accepte ou non la deuxième proposition de terrain pour un camp qu'a formulée mercredi la Ville de Kehl. Le terrain de près de 3 hectares se situe entre un site de stockage de déblai et la gare de Kork. Il est ainsi facilement accessible par les transports en commun. La Ville s'occuperait de l'approvisionnement en eau du terrain et érigerait une clôture de chantier pour éviter que les « campeurs » n'aillent sur les voies de chemin de fer, l'installation de l'électricité, de toilettes et de poubelles restant à la charge du collectif. « C'est beaucoup trop cher », dit-on du côté du collectif, qui reproche à la Ville de payer la facture astronomique de l'organisation du sommet sans discuter. Côté français, collectif et coordination anti-OTAN ont à nouveau rencontré les autorités mercredi. Si les « modalités concrètes de mise à disposition » d'un terrain d'une dizaine d'hectares au sud de Strasbourg pour un camp « sont sur le point d'être finalisées », selon la préfecture, la « viabilité du site laisse encore à désirer », selon la coordination, qui salue toutefois la volonté des autorités « d'apporter une aide concrète ». Le village alternatif autogéré, centre du contre-sommet, devrait accueillir entre 5 000 et 7 000 personnes du 1er au 5 avril. Sur le parcours de la manifestation anti-OTAN prévue le 4, préfecture et organisations restent en désaccord. « Toute manifestation sera interdite en centre-ville » lors du sommet, afin de préserver la ville « des violences (...) qui sont systématiquement constatées en marge de ce type de manifestation », selon les autorités. « Il ne s'agit pas d'aller ruiner Strasbourg. L'OTAN ne peut pas se prévaloir d'occuper une ville, si nous ne pouvons pas faire de même », fait valoir la coordination, pour laquelle le projet de parcours de la préfecture constitue « une proposition à l'est ».

A. G. DNA

Session plénière de la conférence internationale anti-OTAN samedi à 13h au Patio, université, rue René-Descartes, Strasbourg. « Stratégie et politique actuelle de l'OTAN », intervenants : John Rees (« Stop the War ») et Arielle Denis (Mouvement pour la Paix). Concerts de soutien « No NATO » samedi à 20h au Molodoï avec « Across the border », « Egopilot »... Entrée : 5€.

jeudi 12 février 2009

La "sécurité commune" de Sarkozy-Merkel menace l'Etat de droit

Paix et Justice au Moyen-Orient

Dans un article solennel, publié dans Le Monde du 05 février 2009, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, ont présenté leur vision de la «sécurité commune».

L’article commence par citer Leibnitz et Voltaire, un Allemand et un Français, qui ont réfléchi à ce que pourrait être le «meilleur des mondes». Pour atteindre ce «monde», les deux chefs d’Etat avancent une analyse et désignent un ennemi. L’analyse repose sur la «guerre dans le Caucase, le premier conflit militaire de ce siècle en Europe», «les affrontements entre Israël et le Hamas», «la crise nucléaire iranienne», «la violence en Afghanistan et au Pakistan» ou les «affrontements en Afrique, au Congo et au Soudan». Il s’agit d’une panoplie de tensions qui existent depuis des siècles, ou de conflits, provoqués et entretenus par les puissances occidentales.

Le Caucase est une région instable, que se disputent depuis des siècles entre les Empires Perse et Russe et qui, en 1828 vit la défaite de la Perse, cédant ses provinces caucasiennes du Daghestan, d’Arménie, de Géorgie, d’Azerbaïdjan du Nord à l’Empire russe. Les peuples de cette contrée se battent depuis plus de deux siècles contre le colonialisme russe, et les tentatives d’assimilation de la Russie n’ont jamais abouti. Les guerres en Tchétchénie, au Daghestan ou en Géorgie ne sont que la continuation des luttes d’indépendance menées par les peuples de la région contre l’Empire russe et parler du «premier conflit militaire de ce siècle en Europe», c’est ignorer l’histoire dans le but d’organiser une séquence de communication pour la promotion de la peur.

L’affrontement en Afrique a des origines colonialistes et néocolonialistes. Les puissances occidentales (France, Grande Bretagne) n’ont jamais «lâché» l’Afrique. Les régimes despotiques africains sont souvent mis en place, et toujours soutenus, par la France, le Royaume- Uni ou les Etats-Unis. Les conflits pour les matières premières et les zones d’influence sont monnaie courante. Les opposants aux régimes dictatoriaux sont farouchement réprimés soit par les régimes en place, soit par les troupes colonialistes toujours présentes sur le sol africain. «Le total des troupes françaises déployées à travers le monde atteint 36 849 hommes. Cet outil militaire est souvent un prolongement de la diplomatie de la France» (Laurent Zecchini- Le Monde du 29 août 2006). Dans la phrase, remplacez «la diplomatie de la France» par «le colonialisme de la France» et vous aurez tout compris!

Nous voyons bien que l’«analyse» des deux chefs d’Etat, oublie royalement la responsabilité directe des puissances occidentales (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie,…) dans les tensions internationales.

Quels sont donc les vrais objectifs poursuivis par le couple Sarkozy- Merkel? Nous en décelons deux. Premièrement, il s’agit de faire pression sur les parlementaires français pour les convaincre de la nécessité du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN et, deuxièmement- conséquence du premier objectif- de préparer le terrain à une restriction de l’Etat de droit en France et en Allemagne.

Concernant le premier objectif, des personnalités politiques françaises comme François Hollande, François Bayrou, Dominique de Villepin et Alain Juppé n’ont pas tardé à réagir. Elles se posent des questions sur la pertinence du retour français dans le commandement intégré de l’OTAN. Selon un membre du gouvernement «l’affaire ne passera pas comme une lettre à la poste. Dix jours avant la décision, les députés vont se réveiller» (LM du 05/02/09). Ce d’autant plus que, dix-sept ans après la chute de l’Union soviétique, la guerre froide a cédé sa place à la rivalité inter-impérialistes, sans danger pour le système capitaliste. Mais une autre menace fut inventée: le terrorisme international! C’est du Bush après Bush!

Sur le plan intérieur, le «terrorisme» est à l’origine de l’obsession sécuritaire, qui s’est traduite par le renforcement des moyens de la police et de la justice pénale. «Dix-sept lois depuis 2001» selon l’éditorial du journal Le Monde du 05 février 2009. Toujours selon l’éditorialiste «Quatre nouveaux textes sont en préparation». Le chiffre le plus saisissant est celui des gardes à vue: 577 816 en 2008 contre 336 718 en 2001! (la même source).

Prenons le cas du «grand spectacle» à Tarnac où le démantèlement d’un «dangereux réseau de terroristes de l’ultragauche» avait été annoncé par le ministre de l’intérieur. Dans une lettre publiée par le Monde du 3 février 2009, 13 députés et intellectuels, dont Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot, Noël Mamère, dénoncent la violation de la présomption d’innocence et le secret de l’instruction dans l’affaire de l’«ultragauche» de Tarnac. Ils dénoncent la «communication illégale et très sélective à des journalistes de pièces du dossier classées «secret défense»». Les treize signataires dénoncent «la volonté de faire admettre une extension insoutenable du champ d’action» de la notion du terrorisme. Ils réclament «que l’on revienne au respect de l’Etat de droit».

L’on voit bien que la «guerre contre le terrorisme» sert de paravent pour dissimuler la volonté du pouvoir de mettre en place des lois répressives. A ce rythme, et en l’absence de réactions énergiques, dans quelques années, la société se réveillera un «matin brun».

Toujours est-il que, selon Sarkozy-Merkel, «la sécurité commune est une alliance défensive», au sein de l’Alliance atlantique. Ce n’est pas l’avis de Dick Cheney, vice- président de Georges Bush, qui a dit clairement : «l’administration Bush aurait attaqué l’Irak même si la CIA lui avait indiqué que Saddam Hussein ne possédait pas d’arme de destruction massive» (LM du 26/12/08). Peut-on parler d’«alliance défensive» lorsqu’il existe une centaine de bases militaires américaines et occidentales au Moyen-Orient et en Asie centrale?

Un autre volet de la «sécurité commune» concerne «des valeurs communes», celles partagées par tous les membres de l’Alliance. Personne n’a encore oublié la torture sous l’administration Bush, ou des mesures contraires au droit humanitaire et au respect des droits civiques, adoptées par Washington. En ce qui nous concerne, que dire des «centres de rétention» des demandeurs d’asile qui traitent les étrangers comme du bétail? A entendre le Parlement européen «les centres de rétention ne peuvent pas être tolérés, et doivent être en conséquence fermés». Il a également condamné la rétention des mineurs, contraire à la Convention internationale. Le Parlement européen est, on ne peut plus clair : «Un Etat qui ne protège pas les enfants viole nos valeurs les plus importantes». Le mot est lâché: la violation de nos valeurs!

Les autorités en sont conscientes et, en l’absence d’une opposition vigoureuse, iront jusqu’au bout de leur logique «antiterroriste».

La «sécurité commune» de Sarkozy-Merkel prépare le terrain au «matin brun», le «meilleur des mondes» du couple Sarkozy-Merkel!

STRASBOURG, le 12 février 2009 http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

Oublions la culture et le sport...

Contrairement aux acteurs économiques, à l'issue de la réunion d'information avec la Ville et la Direction départementale de la sécurité publique, les acteurs des institutions culturelles et sportives savent à quelle sauce ils vont être mangés lors du sommet de l'OTAN... Tout cru ! Dans les zones sécurisées à l'occasion du sommet de l'OTAN les 3 et 4 avril prochains - l'Ile du Wacken, et le secteur cathédrale - une chose à retenir : il ne se passera rien ! Que ce soit au niveau culturel ou sportif. Au moins, une consolation pour les Strasbourgeois : ils pourront se faire une toile ce week-end-là, les cinémas du centre-ville n'étant pas concernés par le périmètre de sécurité...

Matchs de la SIG et RCS reportés

Petit listing de ce qui ne se passera pas à compter du jeudi 2 avril au soir, au moment où les délégations débarqueront à Strasbourg : La SIG a décidé d'avancer son match contre Roanne au 3 ou au 10 mars prochain. Le Racing Club de Strasbourg devrait affronter Ajaccio le lundi 6 avril au lieu du 3 avril initialement prévu. Le Théâtre national de Strasbourg reporte à la saison prochaine les quatre représentations de sa première création qui devaient avoir lieu rue Jacques-Kablé (la deuxième salle de spectacle du TNS). A noter toutefois que le théâtre, place de la République, ne sera pas fermé. Le théâtre du Maillon du Wacken reporte également sa pièce prévue les 31 mars, 1er et 2 avril. Pour l'Opéra du Rhin, aucune solution alternative n'a été trouvée pour son spectacle initialement programmé jeudi et samedi soirs, l'orchestre de Fribourg n'étant pas disponible le mercredi soir. Son directeur, Nicolas Snowman, envisage de déplacer le spectacle à Nancy. Le premier adjoint au maire, Robert Herrmann, lui a en outre conseillé d'envoyer un courrier au préfet pour une demande d'indemnisation de cas de force majeure. « Le samedi soir, les délégations étant parties, nous pourrions vous autoriser de donner le spectacle, mais avec ce risque de l'annuler au dernier moment, si les anti-OTAN se manifestent au centre-ville, ce qui risque fort d'arriver », souligne Luc Mazoyer, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). A l'initiative des organisateurs, le Festival du rire sera reporté. Le musée de l'Oeuvre Notre-Dame, le musée historique, le palais Rohan, seront fermés au public. Les touristes devraient d'ailleurs rester chez eux, la cathédrale étant également interdite d'accès dès le jeudi, voire avant...

Liste des infrastructures fermées

Au niveau des infrastructures sportives, seront fermées dès le jeudi soir : le boulodrome, le centre équestre et le club de Pétanque du Port-du-Rhin. Toute activité sera également stoppée chez Graine de cirque dès le 2 avril... Reste à régler la question des personnes vivant sur place et le problème du démontage du chapiteau. Dans le secteur de l'Ile du Wacken seront fermés : le gymnase Conseil des Quinze, le SNS Club nautique de Strasbourg, le gymnase Branly, le stade du Canal, la base nautique Eaux vives, le stade de l'Ill, les gymnases Jeanne d'Arc et Menora, le Tennis Notre-Dame, le Rhenus sport, le club de pétanque la Strasbourgeoise, le gymnase Tivoli, la piscine et le tennis du Wacken, le Quillier Wacken. Par ailleurs seront fermés le tennis universitaire et le stade universitaire de la rue Fritz-Kieffer, mais aussi La Strasbourgeoise de la rue Jacques-Kablé. Pour des questions de bon sens, la Ville et la DDSP rappellent par ailleurs que même badgés, dans les secteurs sécurisés, on risque fort d'avoir des difficultés à circuler. Le stationnement y sera interdit. Et puis il ne faut pas oublier les allées-venues des délégations qui entraîneront forcément des perturbations.

Barbara Romero. DNA. 12.02.09

OTAN: le PS demande à Sarkozy un débat parlementaire avant avril

PARIS (AFP) — Le Bureau national du Parti socialiste a demandé mardi au président Nicolas Sarkozy de revenir sur sa "décision unilatérale" d'un retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN et l'organisation un débat parlementaire suivi d'un vote avant avril. "Devant la gravité de cette décision pour notre pays qui remet en cause la position défendue depuis 1966", le PS demande à M. Sarkozy de "revenir sur sa décision unilatérale", et juge qu'un débat parlementaire sur ces questions "suivi d'un vote", "s'impose avant le début du mois d'avril". Dans un communiqué à l'issue de son Bureau national, le PS a rappelle "son attachement prioritaire à la construction d'une politique européenne de sécurité et de défense disposant d'une réelle autonomie et conforme à ses valeurs". Pour le PS, la France "a préservé depuis quarante ans une position particulière sur la scène internationale, alliée des Etats-Unis mais pas alignée, lui conférant un rôle singulier dans le dialogue multilatéral et la préservation de la paix". "Rien ne justifie à nos yeux une telle décision (...), prise sans débat, alors qu'elle ébranle les fondements de la politique étrangère française", estime le PS. Pour les socialistes, "aucune explication recevable n'est apportée sur l'intérêt pour la France de ce retour" et les "conditions et contreparties de cette réintégration ne sont pas plus connues". "Ce retour, selon le PS, s'effectue dans un contexte où soixante ans après sa création, les objectifs et le mode de gouvernance de l'OTAN méritent d'être clarifiés ainsi que son champ géographique et la nature de ses actions qui ont été étendues". Cette décision, "ne s'accompagne d'aucune avancée de l'Europe de la Défense, pourtant annoncée comme priorité de la présidence française de l'Union européenne", selon le PS.

AFP. 10.02.09

mardi 10 février 2009

Pourquoi ne pas abolir l'OTAN, tout simplement?

L'OTAN a pour objectif «d’exclure les Russes, d’inclure les Américains et de tenir les Allemands sous la botte». Lord Ismay, premier secrétaire général de l'OTAN

«Nous devons immédiatement convoquer une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord pour évaluer la sécurité de la Géorgie et passer en revue les mesures que l'OTAN peut prendre pour contribuer à stabiliser cette situation très dangereuse.» Sénateur John McCain, (8 août 2008)

«Si nous avions travaillé de manière préventive avec la Russie, avec la Géorgie, en nous assurant que l'OTAN avait le genre de capacité, la présence et l'engagement idoines, nous aurions pu peut-être éviter ça» L'invasion de l’Ossétie du sud p....

Tom Daschle, ancien chef de la majorité au Sénat et conseiller du sénateur Barack Obama, (17 août 2008)

«De tous les ennemis des libertés publiques, la guerre est peut-être le plus redoutable parce qu'elle comprend et développe le germe de tous les autres ennemis.» James Madison (1751-1836), quatrième président des USA

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une relique de la Guerre froide. Elle a été créée le 4 avril 1949 comme une alliance défensive des pays d'Europe occidentale avec le Canada et les USA pour protéger ceux-ci des empiétements de l'Union soviétique.

Mais depuis 1991, l'empire soviétique n'existe plus et la Russie a coopéré économiquement avec les pays d'Europe occidentale, en leur fournissant du gaz et du pétrole, et des matières premières en tous genres. Ceci a accru l'interdépendance économique européenne et, par conséquent, considérablement réduit la nécessité d'une telle alliance militaire défensive au-dessus et au-delà de la défense militaire des pays européens eux-mêmes.

Mais le gouvernement US ne voit pas les choses ainsi. Il préférerait garder son rôle de protecteur paternaliste de l'Europe et d’unique superpuissance au monde. L'OTAN est l’outil qui convient à cet effet. Mais peut-être le monde devrait-il s’inquiéter de ces gens qui sillonnent la planète avec un bidon d'essence dans une main et une boîte d'allumettes dans l'autre, se faisant passer pour des vendeurs d'assurances incendie.

En, l’état actuel des choses, c’est un fait que le gouvernement et la nomenklatura des affaires étrangères US considèrent l'OTAN comme un outil important de la politique étrangère US d'intervention à travers le monde. Étant donné que de nombreux hommes politiques US ne soutiennent plus de facto l'Organisation des Nations Unies comme organisation internationale suprême consacrée au maintien de la paix dans le monde, une OTAN sous contrôle US semble être, À leurs yeux, un substitut plus attrayant à l'ONU pour fournir une couverture légale aux offensives militaires par ailleurs illégales qu’ils entreprennent à travers le monde. Ils préfèrent garder le contrôle total sur une petite organisation comme l'OTAN, même si elle est devenue une institution obsolète, que de devoir faire des compromis à l'ONU, où les USA ont néanmoins une des cinq voix de véto au Conseil de sécurité.

C’est la logique derrière les propositions visant à réorganiser, à réorienter et à élargir l'OTAN, afin de la transformer en un outil flexible de la politique étrangère US. C'est une nouvelle démonstration de ce que les institutions superflues ont une vie propre. En effet, lorsque leur vocation première n'existe plus, de nouveaux objectifs sont inventés pour les maintenir en vie.

En ce qui concerne l'OTAN, le plan est d'en faire une alliance politico-militaire impériale et offensive contre le reste du monde, en l’élargissant. Conformément au plan, l'OTAN serait élargie à l’Europe centrale et orientale pour inclure non seulement la plupart des anciens membres du Pacte de Varsovie (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Albanie et Hongrie) et bon nombre des anciennes républiques de l'Union soviétique(Estonie, Lituanie, Lettonie, Géorgie et Ukraine), mais aussi à l’Asie pour inclure le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, et peut-être, au Moyen-Orient, admettre Israël. Aujourd'hui, l'OTAN, qui comptait au départ 12 membres, est passée à 26 membres. À l'avenir, si les USA atteignent leur objectif a sa manière, l'OTAN pourrait devenir une organisation de 40 membres.

Aux USA, tant les Républicains que les Démocrates voient la transformation de la vieille OTAN en cette nouvelle alliance offensive militaire comme une bonne idée (néocone) pour promouvoir les intérêts US partout dans le monde, ainsi que ceux de ses proches alliés, comme Israël. Ce n'est pas seulement une idée activement promue par l’administration néocone Bush-Cheney, mais aussi par les conseillers néoconservateurs des deux candidats à l'élection présidentielle US de 2008, le sénateur John McCain et le sénateur Barack Obama. En effet, les deux candidats sont d’enthousiastes partisans de l’interventionnisme militaire, et c'est essentiellement parce que tous deux s’appuient sur des conseillers provenant des mêmes milieux néocons.

Par exemple, la précipitation avec laquelle les Bush-Cheney ont imprudemment promis à l'ancienne république soviétique de Géorgie l'adhésion à l'OTAN et fourni un appui et un ravitaillement militaire US est un bon exemple de la manière dont l'OTAN est perçue à Washington DC par les deux principaux partis politiques US. D'une part, le candidat présidentiel républicain John McCain envisage un nouvel ordre mondial construit autour d'une "Ligue des démocraties» d’inspiration néocon qui remplacerait de facto les Nations Unies et par laquelle les USA gouverneraient le monde. D’autre part, le sénateur Barack Obama n'a pas une position très lointaine des propositions de politique étrangère du sénateur McCain. En effet, le sénateur Obama préconise l'utilisation de la force militaire des USA et des interventions militaires multilatérales dans les crises régionales, pour "des raisons humanitaires", même si ce faisant, l'ONU doit être court-circuitée. Par conséquent, si jamais il obtient le pouvoir, il y a fort à parier que le sénateur Obama n'aurait pas de scrupule à adopter la vision du monde du sénateur McCain. Par exemple, les deux candidats à l'élection présidentielle seraient probablement favorables à la suppression de la clause « no first strike » (ne pas être les premiers à attaquer) de la convention de l'OTAN. On peut tenir pour acquis que quel que soit l’homme politique qui entrera à la Maison Blanche, le monde sera moins régi par les lois et moins sûr, et la situation ne sera guère meilleure qu’elle ne l'est sous l’administration voyoute des Bush-Cheney.

Il est toutefois difficile de voir en quoi ce nouveau rôle offensif attribué l'OTAN serait dans l'intérêt des pays d'Europe ou du Canada. L’Europe de l'Ouest, en particulier, a tout à craindre d'une résurgence de la guerre froide avec la Russie, et peut-être avec la Chine. La transformation de l’OTAN d’organisation militaire de défense de l'Atlantique Nord en une organisation militaire offensive d’envergure mondiale sous direction US va avoir des répercussions géopolitiques internationales à travers le monde, mais surtout pour l'Europe. L'Europe a une forte attraction économique pour la Russie. Alors pourquoi s’embarquer dans la politique agressive d'encerclement militaire de la Russie de l'administration Bush-Cheney par un élargissement de l'OTAN aux portes de la Russie la porte et en plaçant des boucliers anti- missiles juste à côté de la Russie? Ne serait-il pas mieux pour l'Europe de développer des relations économiques et politiques harmonieuses avec la Russie? Pourquoi préparer la prochaine guerre?

Quant au Canada, sous le gouvernement minoritaire du Néocon Steven Harper, il est malheureusement devenu de facto une colonie US en ce qui concerne les affaires étrangères, et cela, sans tout débat sérieux ni référendum à cet effet au Canada même. La dernière chose dont le Canada ait besoin serait de poursuivre sur cette route minée.

En conclusion, il semblerait que l’ idée humaniste de faire la promotion de la paix, du libre-échange et du droit international comme fondements de l'ordre mondial a été écartée au profit d'un retour à la politique de grande puissance et à la diplomatie de la canonnière. Il s'agit d'un retour en arrière de 100 ans.

C’est une honte.

Rodrigue Tremblay Article original en anglais, Why Not Simply Abolish NATO?, publié le 20 août 2008.

''Traduction Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

Rodrigue Tremblay est professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Montréal. Il est l'auteur du livre «Le nouvel empire américain.» Visitez son blogue à l'adresse suivante: www.thenewamericanempire.com/blog. Il peut être rejoint à l'adresse suivante: rodrigue.tremblay@yahoo.com.

Rodrigue Tremblay est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Rodrigue Tremblay publiés par Mondialisation.ca''

"Que signifie un retour complet de la France au sein de l'Otan?"

http://www.france.attac.org/spip.php?article7509

lundi 9 février 2009

L'OTAN place Strasbourg en état de siège et prend ses habitants en otage lors du prochain sommet

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L'OTAN place Strasbourg en état de siège et prend ses habitants en otage lors du prochain sommet qui aura lieu pendant la semaine du 1er au 5 avril.

Dans la semaine du 1er au 5 avril 2009 se tiendra à Strasbourg (France) le sommet de l'OTAN (l'Organisation du Traité Nord Atlantique), qui fêtera son 60e anniversaire, avec pour invités une trentaine de chefs d'états, dont M. Barak Hussein Obama.

L'organisation du sommet de l'OTAN et les contraintes supportées par les habitants sont pour nous révélatrices des idées et des valeurs protées par cette institution.

Quelle idée saugrenue d'organiser un anniversaire dans une ville et de mettre en place un système répressif et de contrôle hors du commun empêchant à chacun de circuler librement.

C'est ce qui ressort des premières informations transmises à la presse par les représentants de l'état qui ont en charge d'organiser le sommet (cf. le billet "le dispositif de zonage et de fichage" )

  • pour l'instant, deux zones de sécurité: le quartier du PMC/ Wacken et celui de la Cathédrale/ Palais des Rohan
  • D'ici les 3 et 4 avril, d'autres zones de sécurité pourraient voir le jour
  • Le lycée Kléber sera entièrement fermé les 3 et 4 avril
  • Les marchés seront fermés
  • Le nombre de policiers mobilisés du côté français n'a pas été communiqué officiellement, mais les informations reçues du côté allemand (12 000 policiers allemands ) et celles qui ont filtré font penser à un déploiement de forces de police sans précédent dans la capitale de l'Europe (25 000 policiers)

L'OTAN place donc Strasbourg en état de siège pendant plus d'une semaine empêchant les Strasbourgeois de vivre leur ville comme ils le font toute l'année.

Pourquoi avoir choisi Strasbourg, symbole de la réunification franco-allemande, de la paix entre les nations européennes au sortir de la seconde guerre mondiale, en mobilisant un dispositif répressif et de contrôle faisant plutôt penser à une ville en état de siège ?

N'aurait-il pas mieux fallu organiser ce sommet dans un des nombreux châteaux forts que comptent notre région ? Ils sont à l'abri de toute habitation et placés idéalement pour qui veut se sentir en sécurité dans une forteresse.

Les documents distribués par les services de la préfecture (voir le billet "le dispositif de zonage et de fichage" ) en vue d'informer les habitants de Strasbourg des "zones de filtrage" ainsi que de mettre en place par la police un fichage des résidents sont inquiétants.

Cette mise en scène du sommet, avec des chefs d'états au centre de Strasbourg dans une ville bouclée et des habitants privés de leurs activités de vie quotidienne (écoles, marchés, musées, ...) ainsi que de leur liberté de circulation montre la distance qu'il y entre les valeurs affichées par l'OTAN et la réalité de leur pratique.

Nous invitons tous les citoyens du monde à venir à Strasbourg le 4 avril 2009, capitale de l'Europe et symbole de paix en Europe, pour affirmer qu'un autre monde est possible.

Tous à Strasbourg le 4 avril 2009 pour accueillir les chefs d'état et leur dire que nous voulons construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.

Nous demandons aux chefs d'état qui se rendront à Strasbourg pour le sommet de l'OTAN le 3 et 4 avril de faire en sorte que Strasbourg ne soit pas en état de siège et que l'expression citoyenne puisse s'exprimer dans Strasbourg pour en faire une capitale de la paix et une ville ouverte.

dimanche 8 février 2009

Les strasbourgeois vont payer et subir durablement les délires sécuritaires de l'OTAN

Dans le MONDE daté du 03.02.09 N. Sarkozy et A. Merkel nous annoncent que ce sommet de l'OTAN sera l'occasion d'affirmer que "La sécurité, sera leur mission commune". Cette assertion doit être comprise au sens large puisque la surveillance des strasbourgeois se verra renforcée pendant et après le sommet de l'OTAN. En effet, sous le couvert d'organisation du sommet, l'extension de la vidéosurveillance des strasbourgeois sera étendue. Pour preuve, le détail du marché public lancé par la Ville de Strasbourg téléchargeable ici ; extension_videosurveillance_otan.pdf

Ainsi, après le dispositif de fichage des strasbourgeois et de zonage de Strasbourg dans le cadre du sommet de l'OTAN nous voilà punis de surveillance pendant et après le sommet. Les strasbourgeois vont donc payer pour l'OTAN la mise en place de nouvelles caméras de vidéosurveillance.

Ce développement du réseau de vidéosurveillance pour le sommet de l'OTAN pose plusieurs questions:

  • pourquoi les strasbourgeois devraient-ils payer pour le délire paranoïaque sécuritaire des organisateurs de ce sommet de l'OTAN ?
  • qu'est-ce qui justifie la pérénisation d'un dispositif sécuritaire ponctuel ?
  • quels sont les nouveaux lieux qui seront surveillés et les habitants à proximité ont-ils été consultés ?

Du côté français aucun montant n'a été communiqué concernant le coût de l'organisation paranoïaque de ce sommet. Des montants astronomiques circulent ; aux alentours de 100 millions d'euros. Sachant que du côté allemand les autorités ont avancé le chiffre de 50 millions d'euros on peut considérer ce montant comme réaliste.

Les strasbourgeois se préparaient déjà à vivre pendant plusieurs semaines dans une ville en état de siège, avant et pendant le sommet. Il faut craindre qu'ils aient à en subir les délires après. Le collectif Strasbourg anti-otan.

L'OTAN à la recherche de fournisseurs sur Internet

Parmi les entreprises travaillant avec l'OTAN, quatre sont alsaciennes. Les marchés proposés par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord sont nombreux mais peu connus.... Pourtant l'accès aux informations concernant les marchés de l'OTAN est dévoilé sur un site Internet. C'est l'Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) qui est chargée de cette tâche en étant est la principale agence de gestion du soutien logistique de l’OTAN.

Sa mission consiste essentiellement à assister les pays de l'OTAN en organisant l'achat et l'approvisionnement communs de rechanges, ainsi que la fourniture des services d'entretien et de réparation nécessaires au soutien de différents systèmes d'arme composant leur parc de matériels. Pour répondre aux offres il suffit de s'inscrire à partir d'un formulaire également disponible sur le portail.

Dans le contexte actuel cette information se révèle intéressante, peu d'entreprises répondent aux appels d'offres, pourtant l'OTAN n'a pas une réputation de mauvais payeur, au contraire. Aujourd'hui il n'y a que 4 entreprises alsaciennes travaillant avec l'OTAN.

Parmi les sociétés s'affichant comme fournisseur de l'OTAN, Flying Robots une société basée à Illkirch qui fabrique des drones, des avions sans pilote qui peuvent être utilisés dans des opérations diverses : militaires, d'observations ou encore sanitaires.

Le portail propose non seulement des appels d'offres dans de nombreux domaines, pas forcément "pointus" ou Hi Tech, mais encore des offres d'emplois dans de nombreux corps de métiers. Pour information : le prochain sommet de l'OTAN aura lieu à Strasbourg et Baden-Baden en avril prochain et devrait voir la venue de 27 chefs d'Etats parmi lesquels le président Barack Obama. Cliquez sur ce lien pour consulter le site de la NAMSA : http://www.namsa.nato.int/ Et lire également cet article sur la société Flying Robots dans les archives e-alsace : http://www.e-alsace.net/index.php/headnews/get?newsId=14

http://www.e-alsace.net

Uranium appauvri et OTAN

Toujours la même équipe de tête lorsqu'il s'agit de classer les états fabriquants d'armes de guerre, et notamment les armes nucléaires. L'inventaire mondial des stocks d'uranium appauvri (UA) est le suivant :

Pays Organisation Stocks d'UA (tonnes)

  • États-Unis DOE 480 000 tonnes 2002
  • Russie FAEA 460 000 tonnes 1996
  • France Areva NC 190 000 tonnes 2001
  • Royaume-Uni BNFL 30 000 tonnes 2001
  • Allemagne URENCO 16 000 tonnes 1999

Lorsque l'on connaît les dégâts causés par ce type d'arsenal on peut douter des objectifs de paix avancés par l'OTAN. Les bombes à l'uranium appauvri ont été utilisées dans les derniers conflits, notamment au Kosovo et en Afghanistan. Leurs populations civiles sont dans une situation sanitaire catastrophique et les régions polluées à vie.

Malgré la résolution du Parlement européen en 2003, demandant l'interdiction d'utiliser cette catégorie d'armes, les États-Unis continue de nier leur nocivité et les utilise dans leurs opérations de guerre.

Pour en savoir plus :

samedi 7 février 2009

La sécurité abandonnée à l’axe atlantique

Défense . Avant la conférence militaro-stratégique de Munich, les préparatifs du retour de la France dans le giron de l’OTAN s’accélèrent en conformité avec les efforts de Washington.

À la veille de la réunion annuelle de Munich consacrée à la « sécurité » du monde occidental et alors qu’un sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN doit se tenir les 3 et 4 avril 2009, à Baden-Baden et Kehl, en Allemagne, et à Strasbourg, en France, les préparatifs de la réintégration complète de la France dans le giron de l’OTAN s’accélèrent. Ce prochain sommet de l’OTAN atteint déjà un summum de déni de démocratie : au moins 40 000 policiers et militaires seront disposés pour empêcher toute intervention des opinions publiques pacifistes (1). Nicolas Sarkozy et la chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela Merkel, seront les hôtes des réunions. Ce sera, espère le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, l’occasion d’annoncer « la décision de la France de reprendre toute sa place au sein de l’OTAN ». Il a indiqué que ce sommet publiera une déclaration « qui réaffirmera l’objectif immuable de l’OTAN et fixera des orientations pour les nouvelles missions et les nouvelles tâches de l’alliance ».

Dans une lettre adressée le 20 janvier dernier aux « membres du Conseil de l’OTAN », le nouveau président des États-Unis, Barack Obama, affirmait : « Nos nations partagent plus qu’un attachement à leur sécurité commune : elles partagent aussi un ensemble de valeurs démocratiques. C’est pourquoi le lien qui nous unit ne peut être rompu et c’est aussi pourquoi l’OTAN est une alliance unique en son genre dans l’histoire. »

Fin de « l’autonomie européenne »

Et, fait nouveau, en rupture avec la doctrine univoque de Bush, il s’agit de « respecter la contribution de chaque État ». Le nouveau président états-unien confirme ainsi sa démarche destinée à restaurer le « leadership » US (« changer l’Amérique pour changer le monde », avait-il dit) par le « partenariat » avec ses alliés. Il rend ainsi obsolète la fausse rivalité entre Paris et Washington au sujet de l’existence ou du refus d’un « pilier européen » de l’OTAN. On annonce d’ailleurs que pour récompenser Paris deux places seraient réservées à des officiers généraux français dans le commandement suprême de l’alliance.

Saluant à leur manière cette fin de la fiction chiraquienne de l’autonomie européenne - et en harmonie avec les préconisations du traité de Lisbonne -, la chancelière allemande Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont cosigné dans le Monde daté du 5 février un texte affirmant que « face aux incertitudes du monde, une politique concertée est indispensable », afin de « faire de la construction européenne et du partenariat atlantique les deux faces d’une même politique de sécurité ».

Gendarmerie centrale sous contrôle us

Concrètement, cela se traduira, dans l’immédiat, par la présence permanente sur notre sol d’une unité de la Bundeswehr. Dans un même mouvement, il s’agit pour Sarkozy de parachever l’abandon de notre souveraineté en matière de défense nationale, pour l’intégrer - via l’OTAN - dans les choix stratégiques des États-Unis. On comprend désormais pourquoi on a décidé de réduire massivement les effectifs de l’armée française. Il s’agissait en réalité de mettre fin à ce qui en était le rôle essentiel, la défense territoriale, au profit de l’intégration dans le dispositif stratégique planétaire de « projection » de l’OTAN.

Pour les deux dirigeants, le « partenariat transatlantique de sécurité et de défense » doit être renforcé dans « un contexte d’insécurité » qui « se développe ». L’OTAN doit, par conséquent, devenir une sorte de gendarmerie centrale universelle sous la direction des États-Unis. La question de la responsabilité occidentale dans l’existence même des conflits actuels et de leur règlement pacifique n’est - faut-il s’en étonner - pas évoquée par Sarkozy et Merkel. Bien au contraire, leur « meilleur des mondes » n’est envisageable que par la domination.

(1) Voir le site http://www.non-otan-strasbourg.eu de l’Appel national de Strasbourg pour faire de la métropole alsacienne une ville ouverte, capitale de la paix.

Michel Muller. l'Humanité

vendredi 6 février 2009

La France obtient deux postes de commandement dans l'Otan

BRUXELLES - La France a obtenu l'accord de principe des Etats-Unis pour prendre deux postes de commandement dans l'Otan, un préalable à sa pleine réintégration au sein de la structure militaire de l'Alliance atlantique, confirme un diplomate en poste à Bruxelles.

"Il y a un accord officieux entre les deux gouvernements", a dit ce diplomate bien au fait du dossier. Le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, dont elle est absente depuis 1966 sur décision du général de Gaulle, devrait être officialisé lors des cérémonies du 60e anniversaire de l'Alliance à Strasbourg et Kehl, les 3 et 4 avril prochains. L'un des deux commandements attribués à des généraux français sera basé à Norfolk, dans l'Etat américain de Virginie, où se trouve l'Allied Command Transformation (ACT), chargé de piloter les transformations de l'Alliance. Un autre général français devrait prendre la tête de l'un des commandements régionaux de l'Otan basé à Lisbonne, où se trouve le quartier général de la Force de réaction rapide de l'Otan ainsi qu'un centre d'analyses de photos satellites. Le diplomate interrogé à Bruxelles a cependant ajouté que l'accord n'était pas finalisé et que Paris devait encore préciser les modalités exactes et la date de son retour dans la structure militaire intégrée. Le quotidien français Le Monde daté de jeudi précisait que les deux postes qui devraient être confiés à des généraux français avaient été négociés notamment entre le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Lévitte, et le conseiller du nouveau président américain Barack Obama pour la sécurité nationale, le général James Jones.

RENCONTRE MERKEL-SARKOZY SAMEDI À MUNICH

Lors du sommet de l'Otan de Bucarest en avril dernier, Nicolas Sarkozy avait fixé à 2009 l'échéance pour les décisions sur la pleine réintégration de la France dans l'Otan et annoncé l'envoi de 700 hommes supplémentaires dans l'Est afghan dans le cadre de l'Alliance atlantique. Dès son arrivée au pouvoir en 1995, le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, avait déjà tenté un tel rapprochement, rompant avec une politique de non-alignement sur Washington. Mais le processus avait été arrêté. Les Français revendiquaient à l'époque le commandement Otan de Naples, qui dirige la VIe flotte américaine croisant en Méditerranée. Les Etats-Unis s'y étaient opposés. Nicolas Sarkozy avait conditionné le plein retour de la France dans l'Otan à des progrès sur l'Europe de la Défense, un sujet délicat en raison des réticences britanniques. L'octroi de commandements à des officiers français signifie également qu'Allemands et Britanniques seront moins bien servis. La réintégration de la France dans le commandement intégré devrait être au menu des discussions entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui participent à une Conférence sur la sécurité samedi à Munich. Dans un texte commun diffusé mardi dernier, les deux dirigeants appelaient à renforcer le partenariat UE-Otan, mais dans le cadre d'une "politique concertée" excluant toute prise de décision unilatérale. "Pour nous, il est clair que notre politique de sécurité doit être définie de manière plus large", expliquaient Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Celle-ci doit prendre en compte, outre les questions proprement militaires, "la situation financière internationale, les approvisionnements énergétiques ou les questions migratoires. "Nous devons adapter nos concepts : pour répondre aux crises et aux conflits, nous avons besoin d'approche globale, de partenariats toujours plus solides et stables, et d'outils flexibles", ajoutaient-ils. Elizabeth Pineau et Guy Kerivel, édité par Yves Clarisse. L'Express

jeudi 5 février 2009

"La sécurité, notre mission commune", par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy

Il y aura bientôt trois siècles, Leibniz et Voltaire, un Allemand et un Français, ont réfléchi à ce que pourrait être le "meilleur des mondes". Aujourd'hui, la Conférence sur la sécurité, à laquelle nous participerons ensemble en Allemagne samedi 7 février, nous donnera l'occasion d'exposer nos idées sur les conditions de notre sécurité collective et dans la perspective du sommet du 60e anniversaire de l'Alliance atlantique. Nous l'accueillerons ensemble à Strasbourg et à Kehl (Allemagne).

Les événements de ces derniers mois suscitent des préoccupations. Un contexte d'insécurité se développe. La guerre dans le Caucase a été le premier conflit militaire de ce siècle en Europe. Au début de cette année, les affrontements entre Israël et le Hamas ont rappelé l'instabilité du Proche-Orient. Il n'y a toujours pas de progrès dans le règlement de la crise nucléaire iranienne. Les attentats terroristes se poursuivent, de même que la violence en Afghanistan et au Pakistan, ou les affrontements en Afrique, au Congo et au Soudan. Et en arrière-plan, nous faisons face aux turbulences engendrées par la crise des marchés financiers et celle de l'économie mondiale, ainsi qu'au défi du changement climatique. Une politique de sécurité concertée est absolument nécessaire. Pour nous, il est clair que notre politique de sécurité doit être définie de manière plus large. Outre les questions proprement militaires, elle doit prendre en compte la situation financière internationale, les approvisionnements énergétiques ou les questions migratoires. Nous devons adapter nos concepts : pour répondre aux crises et aux conflits, nous avons besoin d'approche globale, de partenariats toujours plus solides et stables, et d'outils flexibles. Aucun pays n'est aujourd'hui capable de résoudre seul les problèmes du monde. Les alliances fondées sur des valeurs communes, comme l'Union européenne et l'OTAN, prennent une importance accrue. Notre sécurité sera d'autant mieux garantie, et nos chances de succès face aux crises seront d'autant plus grandes, que le réseau de nos partenariats se développera et que nos capacités d'action, politiques, économiques, d'aide au développement et militaires seront mises en commun. Cette conviction est à la base de notre politique de sécurité, celle que nous développons à travers une coopération franco-allemande toujours plus étroite et au sein de l'Union européenne et de l'Alliance atlantique. Ces trois dimensions se renforcent mutuellement. Nous sommes convaincus qu'il est dans notre intérêt de faire de la construction européenne et du partenariat atlantique les deux faces d'une même politique de sécurité. Depuis dix ans, des progrès considérables ont été accomplis par l'Union européenne, qui a développé sa politique étrangère et de sécurité commune. Ces progrès, nous le soulignons, renforcent le partenariat transatlantique de sécurité et l'Alliance atlantique. Nos partenaires américains le comprennent de mieux en mieux. Pour l'Allemagne et pour la France, face aux défis actuels, l'Europe a besoin des Etats-Unis comme les Etats-Unis ont besoin d'un partenaire européen fort.

L'Europe occidentale a connu soixante années de paix et de liberté – et c'est aujourd'hui le cas dans presque toute l'Europe. Nous les devons, bien sûr, à notre détermination, mais aussi aux Etats-Unis. Une Amérique qui est restée à nos côtés, et s'est engagée en faveur d'une Europe libre et démocratique. Face aux risques du XXIe siècle, il est nécessaire de renforcer le partenariat transatlantique de sécurité et de défense, et de l'adapter aux nouveaux défis. Cela implique d'analyser ensemble les situations, de prendre des décisions communes et de les mettre en œuvre dans un même esprit de partenariat. En effet, la prise de décision unilatérale serait contradictoire avec ce nouvel esprit de nos relations.

Et nous, Européens, nous devons parler davantage d'une voix forte et unie, ce qui exige de la part des Etats membres un haut degré de cohésion dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune. De même, nous devons accroître et mettre en commun nos capacités militaires et civiles, au service d'une politique d'avenir pour la sécurité de l'Europe. La synergie des deux est une marque de la politique de sécurité européenne. Pendant la présidence française de l'UE, des avancées majeures ont été obtenues, notamment grâce à l'élan donné par l'Allemagne et la France. L'Union européenne sera à l'avenir un partenaire plus fort pour les Etats-Unis.

Nous avons aussi décidé d'une nouvelle avancée dans notre coopération militaire bilatérale. La brigade franco-allemande, qui a été engagée avec nos partenaires dans les Balkans et en Afghanistan, sera désormais stationnée dans nos deux pays : la France va accueillir en permanence sur son sol une unité allemande de cette brigade. Après les drames de notre histoire commune, chacun comprendra la portée historique de ce nouveau pas dans l'amitié franco-allemande.

Pour la première fois dans l'histoire de l'Alliance atlantique, ce sont deux pays, nos deux pays, qui convient leurs alliés pour un sommet, celui du 60e anniversaire, les 3 et 4 avril. C'est un symbole fort d'une amitié franco-allemande au service de la paix et de la sécurité. C'est également le symbole d'une Europe désormais unie et libre. Nous voulons que ce sommet de l'Alliance soit l'occasion de débats stratégiques et de les traduire par des choix politiques. Il ne s'agit pas de réinventer les principes fondamentaux de l'Alliance, ceux du Traité de Washington, et la communauté de valeurs et la solidarité qui nous unissent. Il s'agit, comme nous l'avons déjà fait dans le passé avec succès, de débattre sans œillères pour donner de nouvelles orientations et transformer l'Alliance de manière crédible. C'est ce que nous avons fait en 1991 et 1999, en redéfinissant nos concepts stratégiques. Il est nécessaire de revoir la manière dont nous abordons les nouvelles menaces, nos partenariats et nos structures. L'Allemagne et la France attendent du sommet de Strasbourg/Kehl qu'il lance les travaux sur un nouveau "concept stratégique". Pour répondre aux exigences de l'avenir, nous pensons nécessaire de progresser dans plusieurs domaines-clés.

COOPÉRATION OTAN-UE

A notre grand regret, le "partenariat stratégique" entre l'OTAN et l'UE n'est pas à la hauteur de nos attentes, en raison de désaccords qui persistent entre certaines nations. Nous pensons que cela doit évoluer. Nous devons aller vers une véritable coopération, fondée sur une nécessaire complémentarité.

LES MISSIONS DE L'ALLIANCE

Aujourd'hui, pour notre sécurité commune, l'Alliance est engagée dans plusieurs opérations en dehors de son territoire, notamment dans les Balkans – en Bosnie et au Kosovo – ainsi qu'en Afghanistan. Soixante ans après la fondation de l'OTAN, l'engagement d'assistance envers un allié agressé, qui découle de l'article 5 du traité de Washington, représente encore aujourd'hui l'essence même de l'Alliance. Nous en avons tiré une conséquence supplémentaire après les attaques terroristes du 11-Septembre. Afin de lutter contre le terrorisme, nous nous sommes engagés avec nos alliés en Afghanistan. Car c'est une des nouvelles menaces du XXIesiècle. Nos soldats sont exposés aux plus grands risques dans ces opérations, en particulier en Afghanistan. D'autres jeunes femmes ou jeunes gens, qui participent aux efforts de reconstruction, sont aussi victimes d'un terrorisme qui méprise la dignité humaine. Quoi qu'il en soit, nous attendons du sommet de Strasbourg/Kehl qu'il adresse le signal que l'Alliance restera engagée pour sa sécurité et ses valeurs. Notre objectif reste d'établir un niveau de sécurité qui permette la reconstruction du pays, conformément aux vœux des Afghans, afin que le terrorisme mondial ne puisse plus y développer ses bases. Nous savons aussi que le renforcement de la démocratie doit accompagner l'effort militaire. Les approches politiques doivent également être débattues avec nos partenaires de l'Alliance.

LA RUSSIE, RECONSTRUIRE UN PARTENARIAT

La guerre en Géorgie, à l'été 2008, a marqué une rupture. L'Union européenne a pu arrêter la spirale de la violence et créer les conditions d'un processus de règlement. Mais le recours à la force militaire, ainsi que la reconnaissance unilatérale et contraire au droit international de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ont créé un problème de confiance avec la Russie. La Russie reste notre voisine et un partenaire très important. Nous ne sommes pas revenus à l'époque de la guerre froide. Ceux qui le prétendent se trompent car l'URSS n'existe plus. Nous entendons rétablir et développer avec la Russie des relations confiantes et fructueuses. Notre alliance est une alliance défensive, dont l'unique ambition est notre sécurité commune face aux menaces du monde. Mais nous sommes aussi en droit d'attendre de la Russie qu'elle démontre son respect pour les normes et les règles à l'établissement desquelles elle a contribué, par l'Acte final d'Helsinki et la Charte de Paris en 1990 : l'intégrité territoriale, l'inviolabilité des frontières, le respect et l'égalité au sein de l'espace euro-atlantique. C'est sur la base de cet acquis que l'immense majorité des nations d'Europe a souhaité rejoindre l'OTAN et l'UE. Cet élargissement est un élément central de la sécurité et de la stabilité du continent. Sans euphorie certes, la Russie a longtemps accompagné ce processus de manière constructive. Le sommet de Strasbourg-Kehl nous donnera l'occasion d'en débattre à nouveau. Vouloir rejoindre l'OTAN est le libre choix des pays européens, des démocraties indépendantes et libres. Ce souhait traduit une confiance que nous n'avons pas le droit de décevoir. Mais nous rappelons que pour devenir membre de l'Alliance, il y a des critères; cela implique d'abord d'être capable d'en assumer les lourdes responsabilités, d'apporter une contribution réelle à la sécurité des alliés, et de partager leurs valeurs. De même, l'élargissement doit contribuer à la stabilité et à la sécurité du continent, qui bénéficie aussi à la Russie. Dans ce contexte, la coopération au sein du conseil OTAN/Russie joue un rôle essentiel. L'été 2008, le président Dmitri Medvedev avait fait des propositions sur la sécurité européenne. Nous sommes prêts à conduire un débat sur ces questions, avec nos alliés, et avec nos partenaires européens, et à prendre en considération les points de vue de tous. En l'abordant, nous rappellerons notre confiance et notre attachement à l'UE, à l'OTAN, et à l'OSCE, aux normes européennes éprouvées qui fondent notre sécurité, au régime de maîtrise des armements et de désarmement, et à la coopération transatlantique. Mais nous appelons à tendre la main à la Russie et à relancer notre coopération au sein du conseil OTAN-Russie et entre l'UE et la Russie, si celle-ci le souhaite. Nous voulons un dialogue politique et de sécurité plus étroit entre l'UE et la Russie, qui permette de l'impliquer plus avant dans l'espace de sécurité euro-atlantique. Nous espérons qu'un esprit constructif présidera à ces discussions. Le réengagement du dialogue stratégique américano-russe, que nous saluons, devrait aussi y contribuer.

CAPACITÉS MILITAIRES, DÉSARMEMENT, MAÎTRISE DES ARMEMENTS

Le caractère militaire de l'Alliance atlantique implique pour ses membres de s'assurer que leurs capacités militaires correspondent précisément aux impératifs de leur sécurité et aux missions qu'ils s'assignent. Le sommet de Strasbourg-Kehl sera aussi l'occasion d'en débattre. Nous avons besoin, en particulier en Europe, de plus de capacités militaires modernes, efficaces et interopérables. En outre, nous discuterons des questions liées au déploiement de défenses antimissiles face à des menaces balistiques limitées émanant du Moyen-Orient. Nous pensons donc que la Russie doit être associée à ces réflexions dans un esprit de coopération et de transparence, comme les Etats-Unis l'ont proposé. Ce dialogue devra aussi se poursuivre dans le cadre du Conseil OTAN-Russie. Nous sommes tous deux des partisans de la maîtrise des armements. Membres du Traité de non-prolifération (TNP), l'Allemagne et la France soutiennent les efforts mondiaux de non-prolifération et de désarmement. En 2008, l'UE a adopté à notre initiative des plans ambitieux de lutte contre la prolifération et de promotion du désarmement nucléaire mondial, conformément au TNP. Nous sommes toutefois convaincus qu'une politique de sécurité responsable, qui prend en compte les risques futurs, doit conserver dans un avenir prévisible la dissuasion nucléaire. Son objectif principal est strictement défensif, et reste la prévention de la guerre. Il n'est plus nécessaire aujourd'hui de conserver des arsenaux énormes, et l'objectif doit être un niveau de stricte suffisance. Nous soutenons la relance des discussions entre les Etats-Unis et la Russie sur le traité sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires stratégiques (Start). L'Allemagne et la France espèrent que des résultats concrets seront obtenus dans les prochains mois. De même, nous saluons l'engagement américain pour la ratification du traité d'interdiction des essais nucléaires et en faveur du lancement de négociations sur l'interdiction de la production de matières fissiles pour les armes nucléaires. Nous soutenons, enfin, les efforts déployés pour sauvegarder le régime de limitation des forces conventionnelles en Europe. Le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) reste un pilier de la sécurité européenne. Nous souhaitons créer, par notre dialogue avec la Russie, les conditions d'une ratification du traité FCE modifié. Une solution rapide pourrait par exemple être trouvée à la question de la Transnistrie, afin de créer une atmosphère différente. Cela représenterait un grand pas vers l'entrée en vigueur d'un régime, garanti par l'Alliance, de limitation des armements conventionnels en Europe, un régime qui apporterait à tous, à la Russie comme à nous, une plus grande sécurité. Nous appelons enfin à un renforcement du régime de non-prolifération. Il est confronté actuellement au plus grand défi de son histoire : le programme nucléaire iranien. Téhéran table ouvertement sur l'absence de réaction internationale face à ses agissements. Nous ne permettrons pas l'accès de l'Iran à l'arme nucléaire, car ce serait une grave menace pour la paix mondiale. Nous comptons sur une solution diplomatique Et, pour répondre à ce défi majeur, nous sommes prêts à un dialogue, que renforce l'engagement des Etats-Unis, ainsi qu'à de nouvelles sanctions très fermes. Il y a deux semaines, le 44e président des Etats-Unis prenait ses fonctions. La présidence de Barack Obama est d'ores et déjà marquée par des accents nouveaux en matière de politique étrangère et de sécurité. Nombreux sont les Européens qui attendent beaucoup de ce changement; Barack Obama en attend certainement autant de nous. Nous nous réjouissons de coopérer avec lui, et sommes convaincus que le partenariat de sécurité euro-atlantique nous permettra d'affronter ensemble les risques et les menaces auxquels nous sommes exposés. C'est en travaillant dans un esprit de confiance, avec volontarisme et cohésion, que nous construirons, à défaut du "meilleur des mondes", un monde où progresseront la paix et la sécurité pour tous.

LE MONDE | 03.02.09 | 20h49 • Mis à jour le 04.02.09 | 14h29

mardi 3 février 2009

La sécurité en France et en Allemagne, tout un programme

Il brandit le bouclier de la prudence. Si les autorités allemandes ont annoncé vouloir mobiliser quelque 12 000 policiers pour le sommet de l'Otan, côté français, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, joue la carte du secret. « En Allemagne, il y a ...

Il brandit le bouclier de la prudence. Si les autorités allemandes ont annoncé vouloir mobiliser quelque 12 000 policiers pour le sommet de l'Otan, côté français, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, joue la carte du secret. « En Allemagne, il y a toujours eu une transparence quant aux dispositifs. Ici, nous n'avons pas la même culture, estime-t-il. Je ne suis pas sûr que le nombre des forces de l'ordre soit une information. L'important, c'est le résultat. » Une considération justifiée, selon lui, par des raisons de sécurité des personnalités, mais aussi par le flou qui règne encore autour du programme des réunions. Plusieurs hypothèses sont actuellement à l'étude. « Les choses se préciseront à la mi-février », explique-t-il. Seule certitude pour le moment, si les cérémonies se dérouleront le vendredi 3 avril à Baden-Baden, les chefs d'Etat membres de l'Otan se retrouveront le lendemain à Strasbourg au Palais de la musique et des congrès. Inspecté, le site « a reçu un avis favorable du comité d'hygiène et de sécurité », précise Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de la ville. Reste encore à régler, entre autres, la question du logement des délégations. Au nombre de 28, elles comprendront un minimum de 30 personnes. Par exemple, explique le préfet, « le lieu de résidence du président américain n'est pas encore sûr. Début janvier, il avait été décidé que Barack Obama resterait dans le secteur de Baden-Baden. La question est rouverte depuis dix jours. »

02.02.09/P. W. 20minutes.fr

Un sommet de contraintes pour Strasbourg

A-t-on déjà vu Otan de perturbations ? « La ville s'apprête à devenir le centre du monde pendant deux jours », s'est réjoui vendredi Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) lors d'une présentation de la réunion de l'Otan prévue les 3 et 4 avril ...

A-t-on déjà vu Otan de perturbations ? « La ville s'apprête à devenir le centre du monde pendant deux jours », s'est réjoui vendredi Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) lors d'une présentation de la réunion de l'Otan prévue les 3 et 4 avril à Strasbourg et à Baden-Baden (Allemagne). Problème, « le sommet entraînera aussi des contraintes », précise l'élu. Le 22 janvier, le ministère de l'Intérieur avait déjà annoncé la réactivation des contrôles aux frontières. Ce week-end, la préfecture du Bas-Rhin a indiqué que des routes seront coupées et des itinéraires obligatoires mis en place. Les secteurs du Palais de la musique et des congrès (PMC), de la cathédrale et du Palais des Rohan feront l'objet de mesures de sécurisation particulières. Il sera notamment interdit d'y circuler et de stationner et leurs résidents devront se munir d'un laissez-passer pour se déplacer. Quelque 2 000 foyers vont recevoir ou ont déjà reçu par courrier un formulaire de demande du précieux sésame, d'autres en seront bientôt destinataires. Un policier se rendra à leur domicile pour récupérer le document et les renseigner sur les dispositifs de sécurité. Des réunions d'informations devraient être prochainement organisées par la municipalité et la préfecture. Autre annonce préfectorale du week-end, au moins douze établissements scolaires fermeront le samedi 4 avril, journée pendant laquelle les 28 chefs d'Etat membres de l'Otan siégeront au PMC. D'autres écoles pourraient être concernées, et certaines dès le vendredi. « Vraisemblablement, des entreprises seront aussi touchées », précise le préfet Jean-Marc Rebière. Ainsi, un marché aux puces, programmé le 4 avril place Broglie, a déjà été reporté de deux semaines et des commerçants pourraient devoir laisser leurs rideaux baissés. « On charge encore la mule, alors que le monde économique est assez affecté par la crise », déplore Pierre Bardet, directeur de l'association de commerçants, les Vitrines de Strasbourg. Il rencontrera la municipalité le 10 février afin de pouvoir organiser une opération spéciale le week-end précédent le sommet. Comme « il y a urgence », il espère aussi être reçu rapidement par le préfet. En raison « des effets pénalisants » engendrés par le dispositif de sécurité, ce dernier envisage d'accorder aux magasins une autorisation exceptionnelle d'ouverture dominicale. « Nous avons allégé au maximum les contraintes », soutient Jean-Marc Rives, en charge de l'organisation du sommet pour la France. Même son de cloche du côté de la ville. « Il ne sera, notamment, pas question d'interdire les mariages et a fortiori les enterrements », explique Robert Herrmann. Au lieu d'être célébrées à l'hôtel de ville, place Broglie, les unions le seront au centre administratif de la CUS, parc de l'Etoile.

02.02.09/Philippe Wendling. 20minutes.fr

lundi 2 février 2009

L'Afghanistan sera-t-il un jour le Diên Biên Phu de l'OTAN ?

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L’Afghanistan est un haut pays enclavé, entouré de hautes montagnes dont l’Hindü Küch. Les pays frontaliers de l’Afghanistan sont la Chine, à l’est, l’Iran, à l’ouest, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, au nord et le Pakistan au sud.

La principale voie de ravitaillement des troupes de l’OTAN passe actuellement par le port pakistanais de Karachi, puis par le col de Khyber, principale voie d’accès à l’Afghanistan, dans la province pakistanaise du Nord-Ouest. Chaque jour 350 camions, transportant, en moyenne 7000 tonnes de matériel à destination des forces occidentales, passent par le col de Khyber.

Pour les forces de l’OTAN, la région du Nord-Ouest est une région peu sûre où les camions chargés de matériel militaire et de carburant sont régulièrement attaqués par les résistants pakistanais et afghans. Conséquences des attaques: certaines bases militaires du sud de l’Afghanistan manquent de tout, et «arrêtent tous les mouvements et toutes les offensives parce qu’elles sont à court de carburant» (Syed Saleem Shahzad- Le Monde Diplomatique d’octobre 2008).

Sous la pression des Etats-Unis, l’armée pakistanaise mène actuellement une campagne de «sécurisation» des voies de communication dans la région du Nord-Ouest. Cette campagne militaire a deux inconvénients pour l’Etat : le mécontentement et l’opposition croissants des «islamistes», soutiens traditionnels de l’Etat pakistanais, dans sa croisade pour le Cachemire et contre l’Inde, d’une part, et l’immobilisation d’une partie de l’armée pakistanaise, loin des frontières indiennes, d’autre part.

L’aggravation des tensions entre l’Inde et le Pakistan a conduit ce dernier à déplacer 20 000 hommes vers la frontière indienne, laissant un répit aux résistants pakistanais qui combattent la présence occidentale dans la région. Ce qui n’arrange pas les affaires de l’OTAN, même si les Etats-Unis tentent de calmer la tension entre l’Inde et le Pakistan.

Actuellement, l’OTAN cherche d’autres voies pour ravitailler ses bases militaires. Les négociations vont bon train avec les voisins du nord de l’Afghanistan. L’accord éventuel du Turkménistan ou de l’Ouzbékistan en vue d’autoriser le passage des convois de l’OTAN à travers leur territoire, ne sera ni sans contre partie économique, voire politique, ni sans danger pour les pays transitaires. En effet, les sentiments antioccidentaux sont fort présents en Asie centrale. L’opposition en profitera sûrement pour se renforcer, en stigmatisant les gouvernements locaux comme étant des «laquais de l’impérialisme occidental» et pour harceler les convois de ravitaillement de l’OTAN, transitant par l’Asie centrale.

Une autre voie consiste à convoyer les camions de ravitaillement des bases de l’OTAN, via l’Iran. Les autorités américaines discutent actuellement avec l’Iran de cette éventualité. Vu les tensions existantes entre l’Iran et l’Occident, il est permis de penser que l’Iran mettra dans la balance des négociations, des exigences autrement plus stratégiques que les voisins du nord de l’Afghanistan. Il est à souligner qu’au moindre problème, le ravitaillement des bases de l’OTAN pourrait être pris en otage par l’Iran et les voisins du nord de l’Afghanistan, moins fiables que le Pakistan, acquis politiquement aux Etats-Unis.

L’enclavement de l’Afghanistan est le talon d’Achille de l’OTAN, qui a plus besoin des voisins de l’Afghanistan, surtout de l’Iran, que l’inverse. En effet, grâce à l’Iran, une paix relative règne en Irak. Les chiites contestataires de l’Armée du Mahdi, à l’écoute de l’Iran, se sont «calmés» et les Etats-Unis ne cachent pas que la clé de la «pacification» de l’Afghanistan se trouve aussi en Iran. La position géostratégique de l’Iran, ainsi que sa prépondérance politique et militaire grandissante au Moyen-Orient et en Asie centrale inquiètent Israël qui craint pour ses conquêtes territoriales, sa puissance militaire, son influence politique et, in fine, sa «sécurité».

Les anticolonialistes étendent leur influence et celle des Saoudiens, des Egyptiens et autres laquais des Etats-Unis recule d’autant. Il est temps pour eux de renforcer les acquis territoriaux en Irak et en Afghanistan, pièces maîtresses de la domination planétaire des Etats-Unis et de l’Occident.

Les Etats-Unis et l’Iran parleront de tout et sans tabou. L’enjeu pour l’Iran: la reconnaissance de sa stature de grande puissance régionale. L’avenir nous dira si l’intérêt stratégique des Etats-Unis conduira cette puissance à composer sérieusement avec l’Iran, même s’il faut pour cela réduire la «voilure» de la puissance israélienne au Moyen-Orient?

Israël gronde et menace. Les Etats-Unis sont soucieux de préserver leur hégémonie planétaire, craignent de perdre l’Afghanistan, si stratégique et si enclavé que géographiquement, il ressemble, à s’y méprendre, à Diên Biên Phu.

Analyse publiée également sur http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

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