En Allemagne, les mesures de sécurité prévues lors du sommet de l'OTAN à Baden-Baden et Kehl se heurtent à des critiques. Ainsi, en certaines circonstances, les zones interdites telles qu'elles sont prévues et les règles qui y seront en vigueur réduisent trop fortement la liberté des habitants, a expliqué l'historien du droit Uwe Wesel lors d'un entretien avec la radio SWR. Le fait que des personnes ne puissent quitter leur propriété que sous la protection de la police n'est pas conforme à la constitution, selon le professeur de la Freie Universität de Berlin. Il est ainsi prévu que quelque 700 habitants de Kehl et 240 de Baden-Baden ne sortent de chez eux qu'accompagnés de policiers les 3 et 4 avril. « Les moyens mis en oeuvre sont démesurés par rapport aux fins », a déclaré M. Wesel. Si elle était déposée, une requête en référé contre de telles mesures pourrait avoir des chances d'être reçue devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe, selon lui. Le professeur considère par ailleurs qu'il est « irresponsable » d'organiser de tels sommet dans des villes plus petites comme Strasbourg, Kehl ou Baden-Baden. « Les perturbations sont tellement importantes pour les citoyens, ainsi que les restrictions de libertés comme justement à Kehl », a-t-il estimé.

DNA. Édition du Mer 4 mars 2009