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Tag - afghanistan

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lundi 2 février 2009

L'Afghanistan sera-t-il un jour le Diên Biên Phu de l'OTAN ?

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L’Afghanistan est un haut pays enclavé, entouré de hautes montagnes dont l’Hindü Küch. Les pays frontaliers de l’Afghanistan sont la Chine, à l’est, l’Iran, à l’ouest, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, au nord et le Pakistan au sud.

La principale voie de ravitaillement des troupes de l’OTAN passe actuellement par le port pakistanais de Karachi, puis par le col de Khyber, principale voie d’accès à l’Afghanistan, dans la province pakistanaise du Nord-Ouest. Chaque jour 350 camions, transportant, en moyenne 7000 tonnes de matériel à destination des forces occidentales, passent par le col de Khyber.

Pour les forces de l’OTAN, la région du Nord-Ouest est une région peu sûre où les camions chargés de matériel militaire et de carburant sont régulièrement attaqués par les résistants pakistanais et afghans. Conséquences des attaques: certaines bases militaires du sud de l’Afghanistan manquent de tout, et «arrêtent tous les mouvements et toutes les offensives parce qu’elles sont à court de carburant» (Syed Saleem Shahzad- Le Monde Diplomatique d’octobre 2008).

Sous la pression des Etats-Unis, l’armée pakistanaise mène actuellement une campagne de «sécurisation» des voies de communication dans la région du Nord-Ouest. Cette campagne militaire a deux inconvénients pour l’Etat : le mécontentement et l’opposition croissants des «islamistes», soutiens traditionnels de l’Etat pakistanais, dans sa croisade pour le Cachemire et contre l’Inde, d’une part, et l’immobilisation d’une partie de l’armée pakistanaise, loin des frontières indiennes, d’autre part.

L’aggravation des tensions entre l’Inde et le Pakistan a conduit ce dernier à déplacer 20 000 hommes vers la frontière indienne, laissant un répit aux résistants pakistanais qui combattent la présence occidentale dans la région. Ce qui n’arrange pas les affaires de l’OTAN, même si les Etats-Unis tentent de calmer la tension entre l’Inde et le Pakistan.

Actuellement, l’OTAN cherche d’autres voies pour ravitailler ses bases militaires. Les négociations vont bon train avec les voisins du nord de l’Afghanistan. L’accord éventuel du Turkménistan ou de l’Ouzbékistan en vue d’autoriser le passage des convois de l’OTAN à travers leur territoire, ne sera ni sans contre partie économique, voire politique, ni sans danger pour les pays transitaires. En effet, les sentiments antioccidentaux sont fort présents en Asie centrale. L’opposition en profitera sûrement pour se renforcer, en stigmatisant les gouvernements locaux comme étant des «laquais de l’impérialisme occidental» et pour harceler les convois de ravitaillement de l’OTAN, transitant par l’Asie centrale.

Une autre voie consiste à convoyer les camions de ravitaillement des bases de l’OTAN, via l’Iran. Les autorités américaines discutent actuellement avec l’Iran de cette éventualité. Vu les tensions existantes entre l’Iran et l’Occident, il est permis de penser que l’Iran mettra dans la balance des négociations, des exigences autrement plus stratégiques que les voisins du nord de l’Afghanistan. Il est à souligner qu’au moindre problème, le ravitaillement des bases de l’OTAN pourrait être pris en otage par l’Iran et les voisins du nord de l’Afghanistan, moins fiables que le Pakistan, acquis politiquement aux Etats-Unis.

L’enclavement de l’Afghanistan est le talon d’Achille de l’OTAN, qui a plus besoin des voisins de l’Afghanistan, surtout de l’Iran, que l’inverse. En effet, grâce à l’Iran, une paix relative règne en Irak. Les chiites contestataires de l’Armée du Mahdi, à l’écoute de l’Iran, se sont «calmés» et les Etats-Unis ne cachent pas que la clé de la «pacification» de l’Afghanistan se trouve aussi en Iran. La position géostratégique de l’Iran, ainsi que sa prépondérance politique et militaire grandissante au Moyen-Orient et en Asie centrale inquiètent Israël qui craint pour ses conquêtes territoriales, sa puissance militaire, son influence politique et, in fine, sa «sécurité».

Les anticolonialistes étendent leur influence et celle des Saoudiens, des Egyptiens et autres laquais des Etats-Unis recule d’autant. Il est temps pour eux de renforcer les acquis territoriaux en Irak et en Afghanistan, pièces maîtresses de la domination planétaire des Etats-Unis et de l’Occident.

Les Etats-Unis et l’Iran parleront de tout et sans tabou. L’enjeu pour l’Iran: la reconnaissance de sa stature de grande puissance régionale. L’avenir nous dira si l’intérêt stratégique des Etats-Unis conduira cette puissance à composer sérieusement avec l’Iran, même s’il faut pour cela réduire la «voilure» de la puissance israélienne au Moyen-Orient?

Israël gronde et menace. Les Etats-Unis sont soucieux de préserver leur hégémonie planétaire, craignent de perdre l’Afghanistan, si stratégique et si enclavé que géographiquement, il ressemble, à s’y méprendre, à Diên Biên Phu.

Analyse publiée également sur http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com

jeudi 29 janvier 2009

Des chiffres qui font froids dans le dos : un monde armé jusqu'au dent

Les dépenses militaires des états en 2006 (1321 Milliards de dollar)

  • Les États-Unis ont déboursé 528,7 milliards (soit 46 % des dépenses militaires de la planète) dont 432 milliards pour mener leur guerre en Irak et en Afghanistan.
  • La Grande-Bretagne 59 Md$
  • La France 53 Md$
  • la Chine 49 Md$
  • Le Japon 43,7 Md$
  • La Russie 34,7 Md$

Les premières entreprises de l'armement (les chiffres d'affaires en milliards de dollar)

  1. - Lockheed Martin (USA) 36,1 Md$
  2. - Boeing (USA) 30,8 Md$
  3. - BAE System (Roy Uni) 25,1 Md$
  4. - Nothrop (USA) 23,6 Md$
  5. - Raytheon (USA) 19,5 Md$
  6. - General Dynamics (USA) 18,8 Md$
  7. - EADS (NDL) 13,2 Md$
  8. - L-3 Communications (USA) 10 Md$
  9. - Finmeccanica (Italie) 9,1 Md$
  10. - United Technologies (USA) 7,7 Md$
  11. - Thales (France) 7 Md$
  12. - KBR (USA) 6,4 Md$

total : 207,3 Md$ dont (152 Md$ pour les USA)

Les ventes d'armes dans le Monde

Les 100 plus importants fabricants d'armes au monde ont réalisé des ventes pour un montant de 290 milliards de dollar

  • 63 % des ventes par les 40 compagnies américaines
  • 29 % pour les européennes
  • Les États-Unis ont été les plus importants exportateurs d'armes entre 2002 et 2006, aux côtés de la Russie qui, en raison d'un marché intérieur limité, doit exporter la majorité de sa production.

Les armes nucléaires

En 2007, la planète compte 27 000 armes nucléaires, mais plus de 90% d'entre elles sont russes ou américaines

  1. Russie:14969 (3339*)
  2. États-unis : 9960 (5236*)
  3. France: < 300
  4. Chine: 130-200
  5. Royaume unis : < 200
  6. Israël: 75-200
  7. Pakistan: 24-60
  8. Inde: 40-50
  9. Corée du Nord: 0-12

(*) dont armes stratégiques déployées

sources: atlas militaire stratégique, SPIRI (l'Institut international de recherche pour la paix à Stockholm)

samedi 24 janvier 2009

La «Nouvelle aube»: le rêve d’«Empire moral» d’Obama

Plus qu’un «agent de changement», Obama apparaît davantage comme un agent de l’interventionnisme américain dans les affaires des pays souverains

Au fur et à mesure que l’on s’approche du 20 janvier 2009, date de la passation du pouvoir à Washington, la politique étrangère de l’équipe Obama se précise. Au vu de la composition de son équipe, ses partisans les plus zélés (un peu naïfs?) se demandent où est le changement?

Le choix d’Hilary Clinton au poste de secrétaire d’état, une sioniste notoire, qui a voté pour l’occupation de l’Irak et qui a rendu visite aux militaires qui y sont stationnés, est un signal rassurant envoyé aux militaristes de Washington qui avaient peut-être quelques inquiétudes pour leur carnet de commandes. Elle forme un tandem avec le général James Jones, nommé conseiller à la sécurité nationale à la Maison Blanche. Cet ancien commandant en chef de l’OTAN est proche de John McCain, donc des va-t-en guerre du Pentagone. Ces nominations ne reflètent-t-elles pas le poids pesant du complexe militaro-industriel au sein de la classe politique?

La feuille de route de Mme Clinton: «restaurer les alliances» de l’Amérique, afin de rétablir son rang mondial comme «force de changement»(1)! Une chose est certaine: l’Amérique de la «force de changement» poursuivra les mêmes objectifs que celle du «chaos constructif» dont l’objectif était aussi de changer le monde au profit des intérêts américains. Néanmoins, il apparaît une différence tactique. Si le «chaos constructif» de Bush s’organisait autour de l’«unilatéralisme» et le choix à la carte des alliances, la «force de changement» d’Obama se veut multipolaire, mobilisant les alliés bellicistes européens (Français, Britanniques et Allemands) sous l’égide de Washington.

Faut-il souligner que les crimes de guerre commis par l’administration Bush n’ont jamais été dénoncés par le futur locataire de la Maison Blanche? La seule critique adressée par Obama à l’équipe Bush concerne la stupidité de la guerre d’Irak et l’abandon du champ de bataille, qualifié de principal, en Afghanistan et au Pakistan. Pour Obama, le camp de concentration de Guantanamo n’est qu’une plaie sur l’image, ô combien angélique, du rêve américain et sa fermeture suffirait pour réaliser son rêve d’«Empire moral»!

Pourtant, pour les habitants des zones de guerre colonialistes, du Moyen-Orient à l’Asie centrale, des régions entières sont transformées en Guantanamo. En effet, les promesses macabres de Bush de ramener l’Irak 50 ans en arrière ou de ramener l’Afghanistan à l’âge de pierre, ont été bel et bien réalisées et Obama n’a rien à reprocher à son prédécesseur. Voici le récit d’Irak de Shaker Al-Anbari, journaliste libanais d’«Al- Mustaqbal»: «Le pays est confronté au choléra, à l’effondrement des services publics, à l’absence d’hôpitaux et de services médicaux d’urgence, à l’accumulation des ordures, au chômage, à la peur des assassinats, aux coupures d’électricité, à la pollution, causée par des millions de générateurs au mazout, à l’exode de millions de personnes instruites, au pillage par les soldats d’occupation et les services de sécurité privés, à l’infiltration par des services de renseignements étrangers et à l’effondrement du civisme»(3).

Avant même sa prise de fonction, les recommandations d’Obama pour concentrer l’effort de guerre colonialiste en Afghanistan et au Pakistan, se concrétisent. Au Pakistan, la guerre fait rage dans le district de Bajaur, un district extrêmement pauvre des Zones tribales, et dans la vallée de Swat. «Près de 300 000 personnes ont dû fuir les combats»(4). La situation est telle que les «Etats-Unis ont aussitôt décidé de rapatrier à Islamabad leur personnel humanitaire basé à Peshawar»(5), chef- lieu de la province frontalière du Nord-Ouest (NWEP). Aux réfugiés palestiniens, irakiens et afghans, se rajoutent actuellement des réfugiés pakistanais. Le rêve d’«empire moral» d’Obama est un véritable cauchemar pour les peuples.

Plus qu’un «agent de changement» pour certains, Obama apparaît davantage, comme ses prédécesseurs, comme un agent de l’interventionnisme américain dans les affaires des pays souverains. En effet, Obama ne cache pas ses intentions belliqueuses à l’égard du Pakistan: exercer des pressions sur le Pakistan pour changer sa politique afghane.

L’Afghanistan occupe une place prépondérante dans la politique des ennemis héréditaires du sous continent indien. Depuis plus de soixante ans l’ISI, les services pakistanais, et la RAW (Research and Analysis Wing) service de renseignements indien, se livrent une guerre clandestine sans merci sur le sol afghan. L’objectif de l’Inde: s’attirer les faveurs du gouvernement afghan afin de compléter l’encerclement du Pakistan, qui cherche, à son tour, à vassaliser ce pays, qualifié de «profondeur stratégique» pour les besoins d’un éventuel futur affrontement indo- pakistanais. Tout porte à croire que, sur le plan stratégique, les Etats-Unis et le Pakistan ont des intérêts contradictoires . Assurés du soutien du tandem Obama-Clinton, les Israéliens accentuent leur pression sur la bande de Gaza où 80% de la population dépend entièrement de l’aide des Nations unies. Pour récompenser Israël, les proches d’Obama font courir le bruit d’un éventuel accord stratégique Etats-Unis - Israël, tandis que le Conseil européen a décidé l’approfondissement de ses liens avec Israël, Etat qui viole régulièrement les droits de l’homme les plus élémentaires.

Malgré autant d’efforts militaires, la coalition occidentale a-t-elle une chance de réussite en Afghanistan? «Il y a plus de sept mille soldats britanniques, et nous contrôlons à peine deux districts et demi»(6) déclare Zalmaï Rassoul, conseiller pour la Sécurité nationale du président marionnette afghan, Hamid Karzaï. Pour William Wood, ambassadeur américain en Afghanistan, la guerre sera longue, parce que les Afghans «sont renommés pour avoir conservé leurs vallées contre n’importe quel ennemi»(7). C’est reconnaître que l’OTAN est l’ennemi du peuple afghan.

On entend le même son de cloche côté français. Pour Bernard Kouchner, transformé en guerrier «humanitaire», «personne n’a jamais dompté l’Afghanistan, ni les Anglais ni Alexandre» (8). CQFD! Est-ce par anticipation qu’il reconnaît comme une «erreur» l’établissement d’un secrétariat aux droits de l’homme, en disant qu’«on ne peut pas diriger la politique étrangère d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme»(2)?

Avec l’Iran, la situation n’est pas meilleure. En attendant l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche, le gouvernement iranien a lancé la construction de plusieurs raffineries dans le pays et encourage les automobilistes à s’adapter pour consommer du GPL. Les tensions se sont ravivées au sein du gouvernement, et les tenants de la réconciliation avec les Etats-Unis sont critiqués par les radicaux qui ne croient pas aux avances d’Obama, traité de «cowboy» par le président de l’Assemblée islamique. Afin d’augmenter sa pression sur l’Iran, le mécontentement des Iraniens face à la politique réactionnaire du gouvernement d’Ahmadinejad, sera mis à profit par l’équipe Obama. Les tensions ne cessent de croitre en Iran et dans la région.

Du Moyen-Orient à l’Asie centrale, les premiers pas de l’équipe Obama ressemblent, à s’y méprendre, à ceux de l’administration Bush: étendre les guerres, violer les droits humanitaires, développer les camps de réfugiés, diviser et affamer pour mieux régner, développer les dépenses militaires à la grande satisfaction des militaristes américains qui ne connaissent pas de crise économique. N’est-ce pas le vrai «changement», dans un monde en proie à la crise économique?

(1) Le Monde du 03/12/08. (2) Entretien au quotidien Parisien –Aujourd’hui en France du 10/12/08. (3) Courrier international du 20 au 26 novembre 2008. (4) Courrier international du 27 novembre au 3 décembre 2008. (5) Frédéric BOBIN- Le Monde du 18/11/08. (6) LM du 08/11/08. (7) LM du 28/10/08. (8) LM du 25/11/08.