collectif strasbourg anti-OTAN

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samedi 7 février 2009

La sécurité abandonnée à l’axe atlantique

Défense . Avant la conférence militaro-stratégique de Munich, les préparatifs du retour de la France dans le giron de l’OTAN s’accélèrent en conformité avec les efforts de Washington.

À la veille de la réunion annuelle de Munich consacrée à la « sécurité » du monde occidental et alors qu’un sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN doit se tenir les 3 et 4 avril 2009, à Baden-Baden et Kehl, en Allemagne, et à Strasbourg, en France, les préparatifs de la réintégration complète de la France dans le giron de l’OTAN s’accélèrent. Ce prochain sommet de l’OTAN atteint déjà un summum de déni de démocratie : au moins 40 000 policiers et militaires seront disposés pour empêcher toute intervention des opinions publiques pacifistes (1). Nicolas Sarkozy et la chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela Merkel, seront les hôtes des réunions. Ce sera, espère le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, l’occasion d’annoncer « la décision de la France de reprendre toute sa place au sein de l’OTAN ». Il a indiqué que ce sommet publiera une déclaration « qui réaffirmera l’objectif immuable de l’OTAN et fixera des orientations pour les nouvelles missions et les nouvelles tâches de l’alliance ».

Dans une lettre adressée le 20 janvier dernier aux « membres du Conseil de l’OTAN », le nouveau président des États-Unis, Barack Obama, affirmait : « Nos nations partagent plus qu’un attachement à leur sécurité commune : elles partagent aussi un ensemble de valeurs démocratiques. C’est pourquoi le lien qui nous unit ne peut être rompu et c’est aussi pourquoi l’OTAN est une alliance unique en son genre dans l’histoire. »

Fin de « l’autonomie européenne »

Et, fait nouveau, en rupture avec la doctrine univoque de Bush, il s’agit de « respecter la contribution de chaque État ». Le nouveau président états-unien confirme ainsi sa démarche destinée à restaurer le « leadership » US (« changer l’Amérique pour changer le monde », avait-il dit) par le « partenariat » avec ses alliés. Il rend ainsi obsolète la fausse rivalité entre Paris et Washington au sujet de l’existence ou du refus d’un « pilier européen » de l’OTAN. On annonce d’ailleurs que pour récompenser Paris deux places seraient réservées à des officiers généraux français dans le commandement suprême de l’alliance.

Saluant à leur manière cette fin de la fiction chiraquienne de l’autonomie européenne - et en harmonie avec les préconisations du traité de Lisbonne -, la chancelière allemande Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont cosigné dans le Monde daté du 5 février un texte affirmant que « face aux incertitudes du monde, une politique concertée est indispensable », afin de « faire de la construction européenne et du partenariat atlantique les deux faces d’une même politique de sécurité ».

Gendarmerie centrale sous contrôle us

Concrètement, cela se traduira, dans l’immédiat, par la présence permanente sur notre sol d’une unité de la Bundeswehr. Dans un même mouvement, il s’agit pour Sarkozy de parachever l’abandon de notre souveraineté en matière de défense nationale, pour l’intégrer - via l’OTAN - dans les choix stratégiques des États-Unis. On comprend désormais pourquoi on a décidé de réduire massivement les effectifs de l’armée française. Il s’agissait en réalité de mettre fin à ce qui en était le rôle essentiel, la défense territoriale, au profit de l’intégration dans le dispositif stratégique planétaire de « projection » de l’OTAN.

Pour les deux dirigeants, le « partenariat transatlantique de sécurité et de défense » doit être renforcé dans « un contexte d’insécurité » qui « se développe ». L’OTAN doit, par conséquent, devenir une sorte de gendarmerie centrale universelle sous la direction des États-Unis. La question de la responsabilité occidentale dans l’existence même des conflits actuels et de leur règlement pacifique n’est - faut-il s’en étonner - pas évoquée par Sarkozy et Merkel. Bien au contraire, leur « meilleur des mondes » n’est envisageable que par la domination.

(1) Voir le site http://www.non-otan-strasbourg.eu de l’Appel national de Strasbourg pour faire de la métropole alsacienne une ville ouverte, capitale de la paix.

Michel Muller. l'Humanité

dimanche 25 janvier 2009

Les six décennies de l'OTAN

"L'ALLIANCE ATLANTIQUE A LA RECHERCHE DE NOUVELLES MISSIONS" Monde diplomatique (avril 2008)

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/A/15787