collectif strasbourg anti-OTAN

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mercredi 18 mars 2009

l'appel national de Strasbourg

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NON A LA GUERRE : NON A L’OTAN

A l'occasion du soixantième anniversaire de l'OTAN, nous vous appelons à venir manifester à Strasbourg le 4 avril 2009 contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l'OTAN et à participer au contre-sommet pour affirmer qu'un monde de justice et de paix est possible.

Nous l’affirmons avec force: la France doit renoncer à son intégration dans le commandement militaire de l'OTAN. Elle doit rompre avec une politique aux visées dominatrices méprisant les droits des peuples.

Nous refusons la vision dangereuse et manichéenne de la "guerre des civilisations" et toutes réponses militaires aux crises mondiales et régionales.

Nous rejetons la course aux armements et refusons de vivre dans la crainte du recours à l'arme nucléaire. Il est inacceptable que les dépenses militaires engloutissent l’argent nécessaire à la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité ; d’autant plus que les gouvernements voudraient faire payer aux peuples les dégâts du libéralisme financier

Nous exigeons la fermeture des bases militaires étrangères dans tous les pays. Pour construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.

En Afghanistan, le bilan de l’occupation militaire est dramatique. Les populations afghanes doivent retrouver els moyens de décider de leur avenir. Il est temps de mettre en oeuvre une solution politique internationale fondée sur l’aide d’urgence et la reconstruction dans le respect des droits du peuple afghan, en particulier des droits des femmes. Nous demandons le retrait du dispositif militaire français des troupes de l’Otan.

Fait à Paris le 22 octobre 2008

Signataires Union Pacifiste de France, collectif "la guerre tue" (Toulouse), Les VERTS, Collectif Faty KOUMBA : association des libertés, droits de l'homme et non-violence, MARS GR, PCF, ATTAC, ACDN, Alternative libertaire, les Alternatifs, FSU, M’PEP, Union pacifiste, ATTAC, Droit-Solidarité, PCOF, MRAP, NPA, Parti de Gauche, UJFP, LCR, le Mouvement de la Paix, ACG, Collectif des Iraniens contre la guerre, ACCA, IPAM/CEDETIM, AAW, ARAC, Coordination européenne pour la marche mondiale des femmes.

lundi 26 janvier 2009

Israël fortement soupçonné de crimes de guerre à Gaza

(Analyse publiée également sur http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com)

«Aujourd’hui l’absence de tout débat sur la perpétration des crimes s’apparente à de la complicité» (Directeur exécutif de la FIDH)

Un État moderne s’organise toujours autour de ses bâtiments administratifs, de ses écoles, de ses hôpitaux, de ses aéroports, de ses ports maritimes et de ses infrastructures routières. Farouchement opposée à la constitution d’un État palestinien souverain, l’armée israélienne détruit périodiquement et systématiquement toutes les infrastructures, les bâtiments, les écoles et les hôpitaux en Palestine. Ce n’est pas tout.

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, SALAH ABDEL- JAWAD, professeur à l’Université de BIR ZEIT, parlant des objectifs de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, décrit clairement la politique de la terre brûlée de l’Etat d’Israël envers la Palestine: «Pourquoi bombarder les ministères, l’Université islamique et l’Ecole américaine de Gaza? Tout comme le saccage des bâtiments publics opéré en 2002, lors de l’invasion de la Cisjordanie. Ces actions participent d’un plan concerté. Il vise à détruire non seulement l’entité politique palestinienne mais aussi et surtout la société.» (Souligné par nous)(1).

Voici comment agit l’armée israélienne: «Quand nous soupçonnons qu’un combattant palestinien se cache dans une maison, nous tirons un missile, puis deux obus de tank et enfin un bulldozer abat les murs», explique un officier cité par Ha’aretz(2). Conséquences: «Toute les rues sont couvertes de gravas. La bande de Gaza est aujourd’hui méconnaissable», constate Eyad Sarraj, psychiatre palestinien, joint par téléphone à Gaza(3). Dire que chaque famille participe, d’une manière ou d’une autre, à la lutte pour l’indépendance palestinienne et on aura une idée de l’étendue des dégâts à Gaza.

Seules quelques bribes d’informations arrivent à contourner la censure militaire israélienne. Les rares images qui nous sont parvenues sont insupportables: civils palestiniens, femmes, hommes et enfants, déchiquetés, amputés gisant à même le sol, dans les décombres de leur maison ou dans la rue. Ces images démontrent que détruire la société palestinienne n’est pas l’unique objectif des incursions et des guerres permanentes que l’armée israélienne livre aux Palestiniens. L’enclavement de la bande de Gaza a offert aux industries militaires américaines la possibilité de tester de nouveaux types d’armes. Selon des médecins norvégiens, seuls occidentaux présents à Gaza : «Les militaires américains expérimentent de nouveaux types d’armes, connues sous l’acronyme DIME, pour Defense Inert Metal Explosive»(4).

L’expérimentation devait se faire sans témoins étrangers. Pour Antoine Bernard, directeur exécutif de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH), «la question des preuves est la raison pour laquelle les Israéliens ont fermé l’accès à Gaza»(5). Gaza transformé en laboratoire et les Gazaouis en rats de labo!

La question des «crimes de guerre» commis par l’armée israélienne est posée. Pour Ban Ki-MOON, secrétaire général de l’ONU: les responsables des bombardements contre des bâtiments de l’ONU devraient être identifiés et «rendre des comptes devant des instances judiciaires»(6). De son côté, la FIDH a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir le procureur Luis Moreno-Ocampo des «crimes» commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le début de l’opération militaire. «Aujourd’hui l’absence de tout débat sur la perpétration des crimes s’apparente à de la complicité» affirme Antoine Bernard, directeur exécutif de la FIDH(7). Le Monde du 25-26/01/09 révèle qu’«Israël prépare sa défense contre des accusations de crimes de guerre». Ce qui prouve que l’Etat d’Israël a commis consciemment son forfait et qu’il se prépare à en assumer les conséquences.

Malgré tant d’évidence, certains intellectuels, comme Frédéric Encel, directeur de recherche à l’Institut français de géopolitique et à Sciences Po, arrivent pourtant à défendre Israël. D’après F. Encel, «Le mouvement islamiste radical, rebelle à l’Autorité palestinienne depuis son putsch de juin 2007 à Gaza, est hors la loi internationale»(8).

Monsieur le chercheur ignore-t-il qu’Israël, depuis sa création il y a 60 ans, n’a jamais appliqué aucune des résolutions de l’ONU et les guerres à répétition qu’il impose au Moyen-Orient découlent de ce refus de se plier à la loi internationale? Toujours selon F. Encel, le Hamas est «hors la loi internationale» parce qu’il refuse d’«abandonner l’usage de la violence et reconnaître Israël», état colonialiste et violent. Toujours est-il que ce monsieur ignore qu’ «il n’y a pas de roquettes en Cisjordanie, pas de résistance, et pourtant l’occupation est toujours en place. Après quatre ans et deux jours au pouvoir, Abbas n’a pas obtenu la levée d’un seul check-point et le démantèlement d’une seule colonie. Si le Hamas est responsable à Gaza, qui est responsable en Cisjordanie ?» (Qadoura Farès, ancien député du Fatah)(9).

Monsieur le directeur ignore-t-il que la défense de la souveraineté territoriale et politique est un droit reconnu par toutes les chartes et lois internationales? Pour certains intellectuels comme F. Encel, serviteur du colonialisme, ce droit ne s’applique pas à Israël, qualifié par lui d’«authentique démocratie en guerre». Autrement dit, pour F. Encel, les Palestiniens doivent renoncer à se battre, plier l’échine, accepter les check-points, vivre le développement de la colonisation de la Cisjordanie, et tant d’autres humiliations et violences de l’Etat d’Israël, et reconnaître la légitimité du colonialisme israélien sur la terre palestinienne. Plus serviteur du colonialisme que moi, tu meurs!

Faut-il rappeler à monsieur le chercheur en géopolitique qu’il n’est un secret pour personne que les dirigeants israéliens, en insistant sur le caractère juif de l’Etat d’Israël, ont mis en place un Etat d’apartheid où vivent les citoyens de premières zone (Juifs), ayant tous les droits et, ceux de deuxième zone (Arabes israéliens, 20% de la population) qui ont beaucoup moins de droits. Force est de constater que vous n’avez pas la même conception des régimes démocratiques que le commun des mortels. Ce n’est pas étonnant.

Sources : (1) Le Monde du 06/01/09 (2) LM du 08/01/09 (3) LM du 08/01/09 (4) LM du 13/01/09 (5) LM du 25-26/01/09 (6) LM du25-26/01/09 (7) LM du 16/01/09 (8) LM du 22/01/09 (9) LM du 18-19/01/09